Mon ado a de l'acné, comment l'aider ?
L'acné juvénile peut s'avérer très perturbante pour un adolescente. D'où l'intérêt d'un traitement le plus précoce possible. Crédit Shutterstock

Si l’adolescence est surnommée l’âge ingrat, c’est en partie à cause d’elle. L’acné peut apparaître dès l’âge de 10-11 ans, et est rarement bien vécue par celles et ceux qui en sont « victimes. » Comment aider son ado à s’en débarrasser au plus vite ? On fait le point avec le Dr Florence Durafour, dermatologue à Saint-Etienne.

« Acné = dermatose due à une inflammation des follicules pilo-sébacés, caractérisée par des boutons (comédons, papules, nodules, pustules) siégeant principalement sur le visage. »

Ce que la définition du Larousse ne dit pas, c’est l’ampleur du problème. 8 adolescents sur 10 seraient touchés par l’acné. Plusieurs raisons à cela. Déjà, le bouleversement hormonal lié à cette période. Les glandes sébacées, chargées de produire du sébum, sont sur-stimulées, les pores se bouchent, les bactéries se multiplient, les boutons font leur apparition.

« L’hérédité joue aussi énormément », ajoute le Dr Florence Durafour, dermatologue à Saint-Etienne. Si ses deux parents ont eu une acné sévère, l’adolescent a peu de chances d’y échapper. L’acné abîme souvent la confiance en soi, surtout à un âge où l’apparence et le regard des autres comptent énormément. D’où l’importance de ne pas rester les bras croisés, à attendre que le problème se règle tout seul. Car cela peut prendre du temps, beaucoup de temps. « En moyenne, l’épisode dure de 3 à 5 ans. » Heureusement, il existe des solutions pour raccourcir ce délai.

Acné : l’alimentation belle peau

Certains aliments sont régulièrement montrés du doigt, présumés coupables. « Mieux vaut limiter les produits trop gras et trop sucrés », conseille le Dr Durafour. Les produits industriels ultra transformés, les charcuteries, frites, sodas, gâteaux et autres bonbons ne doivent pas être évincés totalement de l’alimentation, mais fortement limités.

Qu’en est-il des produits laitiers, accusés de tous les maux par certains, notamment sur les réseaux sociaux ? « Je ne suis pas persuadée que cela change quelque chose », répond le Dr Durafour. Si vous avez un doute, n’hésitez pas à les évincer pendant quelques semaines de votre alimentation, pour voir comment votre peau réagit.

A l’inverse, manger beaucoup de fruits et légumes, riches en antioxydants, et boire beaucoup, de l’eau, est bénéfique. Les aliments riches en zinc, comme les huîtres et les moules, sont aussi à mettre dans l’assiette. « Je recommande aussi d’avoir une activité physique régulière pour évacuer les toxines, et d’éviter le stress, facteur aggravant. Même si dans le monde dans lequel nous évoluons, c’est loin d’être simple ! » La relaxation ou l’auto-hypnose peuvent aider à se détendre.

Acné : tout doit disparaître

« L’idéal est d’enclencher un traitement assez tôt après l’apparition des premiers signes. Car plus on tarde, plus on prend le risque de garder des marques. » Mais attention, « l’observance du traitement est extrêmement importante. Car pour être efficace, il demande de la persévérance. Souvent, il faut patienter 3 à 6 mois avant de voir les résultats. »

L’adolescent doit comprendre qu’il ne se débarrassera pas de ses boutons d’un coup de baguette magique. Pour retrouver une peau nette, tout commence par un nettoyage soigneux du visage, « matin et soir. » Le produit utilisé doit être doux, et bien sûr destiné au visage. Les gels douche sont trop décapants pour cette zone. Un dermatologue pourra conseiller une crème pour purifier la peau. Par exemple à base de peroxyde de benzoyle, de rétinoïdes ou d’antibiotiques. Elle devra être associée à une crème hydratante pour corriger la sécheresse induite par le traitement.

A ne surtout pas faire

Même si les jeunes filles sont tentées de masquer sous une épaisse couche de maquillage ces boutons disgracieux, mieux vaut s’abstenir, et laisser respirer sa peau. « Surtout, ne pas se renseigner sur des forums sur Internet, ou suivre les conseils d’Instagrammeurs. » Recouvrir les boutons de dentifrice, d’huile de coco ou de jus de citron… Les conseils piochés sur Internet, émis par des non professionnels, sont rarement les meilleurs. « A ne pas faire non plus : gratter les boutons, tenter de les percer, ou se décaper la peau. » La tentation est parfois grande. Il faut pourtant y résister, si l’on ne veut pas se retrouver avec des marques indélébiles.

Pour les acnés sévères

Pour les acnés inflammatoires et cicatricielles, résistantes à d’autres traitements, le dermatologue vous conseillera peut-être de prendre de l’isotrétinoïne par voie orale (Curacne®, ex-Roaccutane®). Ce médicament n’a pas bonne réputation, « car il est accompagné de nombreuses contraintes. Il faut par exemple prendre en parallèle une double contraception. » Parce qu’il peut causer de graves malformations fœtales, il faut à tout prix éviter une grossesse pendant la prise de ce traitement. « Mais s’il est prescrit dans les règles de l’art, il est efficace. »

A SAVOIR

C’est bien connu, le soleil est un faux ami des peaux acnéiques. Si, dans un premier temps, l’épiderme, en s’épaississant, masque temporairement les boutons, « dès l’arrêt de l’exposition, gare à la récidive. » Pour éviter cet effet rebond, il faut éviter de s’exposer aux heures chaudes, entre 11h et 16h. Et mettre une crème solaire dès que l’on sort, avec un indice 30 minimum.

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