dengue Auvergne-Rhône-Alpes
Le docteur Bruno Morel (à gauche) et Christophe Bellet (EID Rhône) lors de la conférence de presse à l'Agence Régionale de Santé ©P.Auclair

Après Paca et l’Occitane, un cas de dengue vient d’être détecté en Auvergne-Rhône-Alpes. La personne infectée, qui habite Caluire (Rhône), n’avait pas fait de voyage récent à l’étranger. Des opérations de démoustications se poursuivent sur la Métropole de Lyon. Les explications du docteur Bruno Morel, directeur délégué veille et alerte sanitaire à l’Agence Régionale de Santé.

Pourquoi ce cas de dengue en Auvergne-Rhône-Alpes est-il exceptionnel ?

Parce que c’est la première fois qu’un cas autochtone de dengue est détecté en Auvergne-Rhône-Alpes. En d’autres termes, la personne infectée n’a pas effectué de voyage récent à l’étranger. Par le passé, seules les régions Paca et Occitanie avaient déjà été confrontées à ce genre de problématique.

 

Comment la maladie a-t-elle pu être détectée ?

Ce premier cas de dengue autochtone en Auvergne-Rhône-Alpes  a été détecté car la personne infectée, sur les conseils d’un proche, a effectué une prise de sang qui a bien révélé la présence du virus. Après vérification, nous avons vu qu’à proximité immédiate, soit dans un rayon de 150 m autour de la zone du cas autochtone, nous avions un cas importé de dengue. Cette infection correspondait donc à un autre cas de dengue signalé sur la même zone, à la même époque, la personne en question revenant du Sud-Est asiatique.

 

La dengue, comme une grosse grippe

Comment se traduit la dengue sur un individu ? Quels sont les symptômes de cette pathologie ?

En général, il s’agit de syndromes grippaux, à savoir une grosse fièvre, des courbatures, des douleurs articulaires, des maux de tête, et dans certains cas des signes d’éruption cutanée qui interviennent quatre à sept jours après la piqûre infectante. Cela dit, dans de nombreux cas, le virus ne présente pas vraiment de symptômes. Il passe inaperçu. C’est moins le cas pour le virus du Chikungunya. En réalité, à peine 1% des cas de dengue se traduisent par de réelles complications de type hémorragique notamment.

Sera-t-on confronté de plus en plus à l’avenir à ces cas de dengue en métropole ?

Oui, du moins on le redoute. Nos actions visent à limiter les risques de propagation. Cela passe par des actions collectives mais aussi individuelles afin que de ne pas favoriser l’implantation du moustique tigre, dans son jardin, dans une habitation, sur son balcon. Tous ces gites larvaires où le moustique tigre vient pondre ses œufs et se reproduire, à savoir notamment les petits étendues d’eau comme une coupelle ou une gouttières mal curée. Il n’y a pas besoin d’un étang pour voir proliférer le moustique tigre !

 

Eviter de propager le virus de la dengue

Quelles sont les bonnes pratiques pour éviter cette propagation ?

Vider systématiquement toutes ces zones où l’on retrouve de l’eau stagnante. Ensuite, il s’agit aussi de se protéger pour éviter de se faire piquer par le moustique tigre. Les bonnes pratiques que l’on adopte à l’étranger, avec l’emploi de répulsifs, des vêtements amples et des moustiquaires dans la chambre, sont autant de mesures simples qui vont diminuer la population de moustiques et éviter la propagation du virus.

 

A SAVOIR

Le premier cas de dengue autochtone sur la région Auvergne-Rhône-Alpes a été détecté sur la commune de Caluire (Rhône). Les premiers symptômes sont apparus en juillet mais la maladie ne s’est vraiment déclarée qu’en septembre. “A ce jour, la personne est guérie”, précise l’Agence Régionale de Santé. Depuis le signalement, une opération de porte-à-porte a été réalisée par les services de l’ARS. Le but? S’assurer que d’autres cas ne se sont pas déclarés sur ce secteur situé au nord de la mairie de Caluire. Par ailleurs, des opérations de démoustication sont réalisées de plus en plus fréquemment sur les zones les plus infectées dans la région. Les prochaines sont programmées à Lyon et à Décines. Lors de ces interventions de démoustication, l’ARS recommande de fermer les fenêtres, rester à l’intérieur jusqu’à 30 minutes après le passage du véhicule, mettre à l’abri les animaux, ne pas laisser pas du linge sécher dehors, rentrer les jouets des enfants, rincer à l’eau le mobilier de jardin, ne pas consommer les fruits et légumes du jardin dans les 2 jours qui suivent le traitement et les rincer à l’eau avant consommation. Enfin, en cas d’apparition de sensations anormales suite au traitement, il est recommandé de contacter votre médecin traitant.

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