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Les tests antigéniques sont disponibles dans les pharmacies de la région Auvergne-Rhône-Alpes. Ils sont réalisables sur place gratuitement et sans ordonnance. ©MG

Plus rapides mais moins fiables que les tests de dépistages virologiques PCR, les tests antigéniques sont désormais disponibles dans certaines pharmacies en Auvergne-Rhône-Alpes. De Lyon à Saint-Etienne, de Clermont-Ferrand à Grenoble, un nouvel outil pour aider au dépistage de masse du coronavirus. Comment ça marche ? À qui sont-ils destinés ? Sont-ils vraiment efficaces ? Zoom sur ces nouveaux tests… encore boudés par de nombreux médecins généralistes.

Longtemps réservé au dépistage collectif, le test antigénique est désormais accessible pour le dépistage individuel. Dans les grandes villes de Lyon à Saint-Etienne en passant par Clermont-Ferrand ou Grenoble, il est réalisable gratuitement par les médecins, infirmiers libéraux et pharmaciens de la région Auvergne-Rhône-Alpes. Sur simple présentation de sa carte vitale. Bien plus rapide que les tests PCR, la version antigénique peine pour le moment à séduire les médecins généralistes. Coup de loupe sur ce nouvel outil de dépistage du Covid-19.

 

Seules 8% des pharmacies de la région équipées

test antigénique positif
Un test antigénique positif ©AAZ

Seuls les pharmaciens, médecins et infirmiers libéraux sont aujourd’hui habilités à réaliser les tests antigéniques. Dans les hôpitaux, principalement en charge de patients à risques, les tests de virologie PCR restent la référence.

Sur les 2400 pharmacies de la région Auvergne-Rhône-Alpes, seules 150 à 200 ont désormais des tests de dépistages antigéniques dans leurs stocks, selon Olivier Rozaire, le président de l’URPS pharmaciens Auvergne-Rhône-Alpes. Une demande a par ailleurs été adressée à l’ARS pour la mise en ligne d’une cartographie – potentiellement sur l’application TousAntiCovid – permettant de répertorier les pharmacies qui proposent ces dépistages.

Des tests bien plus rapides et simples que les tests PCR puisqu’il ne faut patienter que 15 minutes pour obtenir les résultats. Pour autant, ils n’ont pour le moment pas de grand succès auprès de la population, en cette période de confinement. « Depuis mercredi dernier, nous n’avons pratiqué au total qu’une vingtaine de dépistages via les tests antigéniques, confie un pharmacien de l’officine des Halles, à Lyon. Inquiétant, alors que le coronavirus circule activement dans la Métropole de Lyon, où le taux d’incidence atteignait le 1er novembre plus de 750 cas pour 100 000 habitants.

 

Des tests antigéniques de plus en plus utilisés

Cela étant, les tests antigéniques devraient se généraliser dans les prochaines semaines. « Pour les officines, les approvisionnements sont en cours. Les formations aussi. Il y aura un vrai démarrage à partir de la semaine prochaine. A terme, beaucoup d’officines vont mutualiser et travailler avec les infirmiers. Des opérations de dépistage pourront ainsi être délocalisées dans des barnums dédiés ou dans certaines mairies, après accord de l’Agence Régionale de Santé et de la Préfecture« , confie Olivier Rozaire.

Selon le président de l’URPS pharmaciens AuRA, « l’éligibilité aux tests antigéniques va être étendue dans les prochains jours. Les critères d’inclusions seront assouplis. Peut-être dès ce soir après le point hebdomadaire d’Olivier Véran. Les critères d’âge et de fragilité devraient notamment disparaitre« . Conséquence de cette assouplissement des règles d’éligibilité, dans la majorité des officines, il faudra sans doute passer par une prise de rendez-vous.

 

Tests antigéniques : comment ça marche ? 

Maintenant, sur le plan purement pratique, comment fonctionne un test antigénique ? Sur le principe, le prélèvement reste le même que les tests PCR : par voie nasale via un écouvillon. Seul le protocole de détection du coronavirus change. Alors que les échantillons prélevés sont envoyés dans un laboratoire pour les PCR, ceux de la version antigénique sont déposés sur un test rapide de détection. Le procédé se rapproche ensuite plutôt de ceux des tests de grossesse. Une bandelette rouge apparaît si le test est positif.

 

Moins fiables que les tests de virologie PCR

Maintenant, le test antigénique est-il aussi fiable que le test PCR ? Non ! En effet, le test antigénique va rechercher les protéines produites par le Covid-19. Alors que le dépistage par virologique PCR permet de détecter le matériel génétique du virus. Il est donc sensiblement plus fiable que le test antigénique. « Le test antigénique est fiable à 95% pour les cas positifs. Le problème, c’est qu’il génère entre 40 et 50% de faux négatifs« , explique le président de l’URPS pharmaciens AuRA, Olivier Rozaire.

 

Les tests antigéniques ne sont pas destinés à tout le monde 

Moins efficaces que la version PCR, ils ne sont donc pas recommandés pour les personnes les plus fragiles. « Les tests antigéniques sont suffisamment fiables pour avoir été autorisés par le gouvernement mais ils restent moins sensibles. C’est pourquoi, on recommande les tests PCR pour les patients à risques. Et ainsi éviter de prendre le risque de passer à côté de la maladie« , détaille le pharmacien lyonnais.

 

Une utilisation règlementée 

Le ministère de la Santé et des solidarités prévoit des restrictions dans l’utilisation de ces tests antigéniques. Ils sont destinés aux personnes symptomatiques âgées de moins de 65 ans, à condition qu’il ne s’agisse pas de patients à risques. C’est à dire qu’ils n’aient pas de comorbités (obésité, diabète, maladies respiratoires..) ou de risques de développer des formes graves. Le dépistage est réalisable dans les quatre premiers jours après l’apparition des premiers symptômes.

En revanche, les personnes asymptomatiques ou « cas contacts » ne pourront pas pour l moment avoir accès à ces tests. Les kits antagoniques peuvent toutefois être utilisés dans le cadre de dépistages collectifs comme dans les universités, les aéroports ou encore les centres pénitentiaires.

 

Les médecins réticents à réaliser les tests antigéniques

Sur le papier, l’approvisionnement en tests antigéniques auprès des officines est gratuit pour les médecins. Ils peuvent bénéficier en moyenne de 15 tests par jour. Dans la réalité toutefois, les professionnels de santé sont plus ou moins réticents à proposer ce dépistage au sein de leurs cabinets.

« Les médecins que l’on côtoie ne sont pas prêts à mettre en place ces tests. Il faut une lourde logistique. Déjà avoir un lieu et les tenues adaptés. Surtout, faire patienter les autres patients pendant la réalisation du test pour l’un d’entre eux…« analyse le pharmacien d’une officine lyonnaise.

En effet, le manque d’équipement en blouse, masque, ou surblouse et l’aménagement d’un espace particulier figurent parmi les premières réserves des médecins généralistes. Autre raison : le temps nécessaire aux démarches. Les praticiens ont en effet l’obligation de déclarer les résultats des tests. Qu’ils soient positifs ou négatifs. Un document de traçabilité de la réalisation du test (PDF) doit également être complété et remis au patient testé. Les modalités devraient être précisées dans les prochains jours.

 

À SAVOIR

Les tests antigéniques sont gratuits et réalisables sans ordonnance. Ils peuvent être pratiqués par les pharmacies, médecins généralistes et infirmiers libéraux. Ils ne sont toutefois pas recommandés chez les patients asymptomatiques ou à risques.

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