Menace confinement week-end à Lyon
La fermeture des berges du Rhône et de la Saône fait partie des mesures qui pourraient être instaurées à Lyon pour limiter les rassemblements. ©Pixabay

Lyon et le Rhône vont bien échapper à un reconfinement territorialisé ce week-end. Malgré les prévisions alarmantes, le nombre de cas ne s’envole pas dans le département, qui comme celui de la Drôme reste toutefois sous surveillance rapprochée. La reprise épidémique, même légère, est en effet réelle et rien ne permet d’écarter pour l’instant un nouveau tour de vis dans les jours à venir. En attendant, le gouvernement a déjà annoncé ce jeudi la fermeture des commerces de plus de 10 000 m2 et demandé aux préfets d’interdire, le cas échéant, l’accès des sites publics très fréquentés.

Sous surveillance renforcée depuis une semaine, le Rhône et Lyon ne seront pas confinés ce week-end. La Drôme, sujette aux mêmes inquiétudes gouvernementales, échappera aussi au confinement partiel territorialisé. “La circulation du virus a continué de progresser mais, il faut le souligner, à une vitesse moindre que ce que nous pouvions craindre”, a annoncé Jean Castex lors de sa nouvelle prise de parole, toujours très attendue, ce jeudi à 18 heures. Si le variant anglais représente plus de 60% des nouvelles contaminations, “nous ne sommes pas confrontés à ce stade à une hausse exponentielle de l’épidémie comme certains modèles le prévoyaient”, a précisé le premier ministre.

 

Trois nouveaux départements sous surveillance, mais pas en Auvergne-Rhône-Alpes

Un confinement le week-end “ne se justifie donc pas” dans le Rhône comme dans la Drôme. Cette bonne nouvelle doit avant tout à une évolution sanitaire stable. La situation ne s’est pas dégradée depuis que le Rhône, la Drôme et dix-huit départements français ont été intégrés à la ”liste rouge’‘. Celle des territoires où l’épidémie de Covid-19, dopée par la propagation des variants, circule le plus. Jusqu’ici, seule l’agglomération de Dunkerque (Nord) et une partie des Alpes-Maritimes avaient été touchées par un confinement partiel le week-end.

La mesure a été étendue à l’ensemble du département du Pas-de-Calais, où les grandes surfaces non-alimentaires de plus de 5000 m2 seront fermées. Il s’agit du seul département nouvellement concerné par un confinement partiel. La liste des territoires sous surveillance renforcée s’agrémente toutefois de trois nouveaux départements: les Hautes-Alpes, l’Aisne et l’Aube. Seuls le Rhône et la Drôme, donc, demeurent dans le viseur en Auvergne-Rhône-Alpes.

 

Le confinement ne se justifie pas (encore) à Lyon

Le taux d’incidence, qui détermine sur la semaine écoulée le nombre de cas positifs pour 100 000 habitants, est le principal indicateur conduisant au durcissement des mesures. La semaine dernière, au moment de ce placement sous surveillance renforcée, il s’élevait à 221,7/100 000 à Lyon et dans le Rhône. Soit loin, très loin du taux d’incidence relevé à Dunkerque (900/100 000) ou même de celui relevé au plus fort de la deuxième vague, en -novembre dernier (800/100 000).

Actuellement, le taux rhodanien s’élève selon Santé Publique France à 235,1 cas pour 100 000 habitants dans le Rhône (pour la période du 22 au 28 février). L’augmentation des cas est très légère depuis mi-février. Mais l’envolée redoutée n’a pour l’instant pas eu lieu. Rien ne justifie donc une mise sous cloche de la population lyonnaise dès ce week-end.

 

Un taux d’incidence légèrement en baisse dans la Drôme

Même constat dans la Drôme, où après quelques jours de hausse, le taux d’incidence a même diminué (224,1/100 000, contre 232,4/100 000 la semaine précédente). Plusieurs territoires font toutefois l’objet d’une attention particulière, à l’image du secteur de Saint-Rambert-d’Albon, en vallée du Rhône septentrionale (440 cas/100 000 habitants environ).

Rien n’indique, bien sûr, que la situation ne se dégradera pas dans les prochains jours. La vigilance reste de mise, et la menace d’un confinement demeure réelle dans les prochaines semaines. C’est en substance ce qu’a laissé entendre sur Twitter le Préfet de Région mercredi : “la situation épidémique du Rhône et de la Métropole de Lyon est préoccupante. Le variant anglais est devenu majoritaire dans la circulation du virus. La tension dans les services de réanimation progresse. Le préfet continue la consultations des élus sur les mesures à adopter”.

 

Des mesures renforcées: les centres commerciaux de plus de 10 000 m2 fermés

Celles-ci devraient être annoncées rapidement. Le premier ministre a en effet demandé un renforcement des mesures de restrictions sanitaires dans les départements placés sous surveillance rapprochée. “Les grands centres commerciaux ou grandes surfaces commerciales, de plus de 10 000 m2, et plus seulement 20 000 m2 comme jusqu’à présent, seront fermés”. Le port du masque sera généralisé aux zones urbaines jusqu’ici non sujettes à l’obligation.

Le gouvernement a aussi demandé aux préfets d’interdire les accès aux sites très fréquentés. On pense notamment, à Lyon, aux berges du Rhône et de la Saône, qui ont attiré de trop nombreux badauds en ces jours de douceur printanière. Ces mesures, qui entreront en vigueur ce vendredi soir à minuit, seront précisées par la préfecture.

Jean Castex, enfin, a demandé aux Rhodaniens, aux Drômois et aux habitants des territoires sur liste rouge de “limiter les contacts” et de “ne pas sortir de leur département”. Aucune obligation n’encadre ces directives, qui relèvent du seul appel au civisme…

 

À SAVOIR

La Région Auvergne-Rhône-Alpes ne figure pas parmi les régions où le virus circule le plus. Son taux d’incidence global est de 195 cas / 100 000 habitants, contre 322 en Île de France, 339 dans les Hauts-de-France et 364 en Provence-Alpes-Côte-d’Azur.

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