Pour faire face à la crise sanitaire, plusieurs actions ont été mises en place par l'URPS des chrirugiens-dentistes d'Auvergne-Rhône-Alpes pour continuer à soigner les patients.
Pour faire face à la crise sanitaire, plusieurs actions ont été mises en place par l'URPS des chrirugiens-dentistes d'Auvergne-Rhône-Alpes pour continuer à soigner les patients. ©wavebreakmedia_micro_Freepik

Si leur cabinets sont restés clos durant le premier confinement, les chirurgiens dentistes de la région n’ont toutefois pas chômé. Durant la crise sanitaire, les praticiens de la région ont mis en place plusieurs démarches pour soigner au mieux les Auverhonalpins. En particulier ceux qui avaient le moins accès aux soins buccodentaires. Les actions innovantes et souvent pionnières se sont multipliées pour conserver ou parfois redonner le sourire des plus jeunes aux plus âgés. Zoom sur les mesures de cette profession en mal-être.

Depuis un an, dans un contexte de crise sanitaire, de nombreuses initiatives ont vu le jour au sein de l’URPS Chirurgiens Dentistes d’ARA pour répondre aux besoins de soins des habitants d’Auvergne-Rhône-Alpes. “La Covid-19 nous a permis d’innover“, assure ainsi le Docteur Éric Lenfant, le président de l’URPS.

 

Une gestion rigoureuse du risque sanitaire dans les cabinets dentaires

Masques, charlottes, visières, gants, surchaussures… Les chirurgiens dentistes de la région disposent désormais de l’attirail nécessaire pour s’équiper de la tête au pied. Nous avons une organisation importante de gestion du risque. Aujourd’hui, en cas de pénurie, nous avons réarmé les stocks”, assure le président de l’URPS Chirurgiens-dentistes d’Auvergne-Rhône-Alpes. Objectif : se protéger eux-mêmes et surtout, leurs patients. 

Une désinfection systématique après chaque patient

Par ailleurs, depuis la réouverture des cabinets dentaires au printemps dernier, des règles sanitaires rigoureuses ont été mises en place. “Un protocole de décontamination très strict a été renforcé pour assurer la sécurité des chirurgiens-dentistes, de leur personnel et surtout de leur patientèle. De fait, surfaces et matériels sont soigneusement nettoyés, désinfectés, aérés entre 20 et 30 minutes après chaque intervention“, assure l’URPS Chirurgiens-Dentistes d’ARA.

Des tests de dépistage des patients avant les soins

Le risque de contamination étant important, le questionnaire sur l’honneur préalablement rempli avant un rendez-vous n’est pas toujours suffisant. Pour limiter davantage les risques, le dépistage des patients se présente comme une étape nécessaire. Après une lutte acharnée, les chirurgiens-dentistes ont ainsi obtenu gain de cause. Depuis décembre dernier, la réalisation des tests de dépistage rapide est possible dans les cabinets dentaires. L’URPS a notamment pu obtenir 200 000 kits de dépistage nasopharyngés, soit une cinquantaine par praticien.

Prochaine étape, l’usage de tests salivaires pourrait venir en renfort des versions nasophrayngées. En effet, si le dépistage salivaire a récemment fait son entrée dans les écoles, il s’agit d’une demande de longue date pour l’URPS. Les praticiens de la région ont d’ailleurs été les premiers à expérimenter la technologie dans des cabinets de quatre départements (Rhône, Isère, savoie, Puy-de-Dôme). “On se bat depuis longtemps pour la reconnaissance des tests salivaires. Et notamment pour prouver leur efficacité, même chez les patients asymptotiques !”, explique son président.

 

Les chirurgiens-dentistes s’engagent auprès des plus fragiles dans les Ehpad

Pour soigner les sourires, les chirurgiens dentistes d’Auvergne-Rhône-Alpes ne s’arrêtent pas à leurs cabinets.

Sur le terrain, un véhicule aménagé a permis aux équipes d’aller directement au chevet des patients à mobilité réduite, notamment dans les Ehpad. À bord, du matériel adapté pour la consultation et les soins ainsi qu’un espace aménagé pour la faible mobilité des résidents. Enfin, des moyens techniques et humains novateurs pour assurer la désinfection des lieux et la protection des professionnels et des patients.

Une grande première à l’échelle nationale mais également une initiative nécessaire. Selon les chiffres de l’Union régionale des caisses d’Assurance maladie (URCAM), plus d’un résident denté sur trois présenterait une carie ou des foyers d’infections dentaires. “Cette initiative porte assistance à des patients en perte de mobilité qui n’ont plus de soins bucco dentaires parfois depuis plusieurs années et qui en souffrent silencieusement”, explique le Dr Lenfant. 

Expérimentée pour le moment en zone rurale, dans le Puy-de-Dôme, cette initiative devrait être élargie aux autres départements de la région Auvergne-Rhône-Alpes.

La prévention dans les écoles pour les plus jeunes

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Le véhicule des dentistes pour visiter les Ehpad ©DR

Autre priorité, sensibiliser les enfants à l’hygiène bucco-dentaire dés le plus jeune âge. Dans cette optique, l’URPS a publié de petits livrets distribués en classe. Des conseils sur les bons gestes d’hygiène bucco-dentaires expliqués de façon ludique sous forme de bandes dessinées.

L’opération “KIDOULI Prévention Jeunes Enfants Parcours Educatif de Santé” a été menée auprès de 500 enfants de grande section et de CP, tous issus de milieux défavorisés dans des zones à éducation prioritaire de la région. “L’âge de 5-6 ans a été choisi car il s’agit d’une période charnière marquée par l’arrivée des premières dents définitives. L’objectif est de sensibiliser l’enfant au brossage dentaire en groupe, à l’intérêt d’une alimentation équilibrée, à l’importance d’une visite annuelle au cabinet dentaire. Mais aussi de le préparer au déroulement de la consultation en évitant tout propos anxiogène », détaille le président de l’URPS Chirurgiens-Dentistes d’AuRA.

 

Entre insécurité et manque de praticiens, les chirurgiens-dentistes serrent les dents

À travers ces actions, les chirurgiens-dentistes montrent ainsi leur engagement auprès de leurs patients. Mais l’essoufflement se fait toutefois sentir. “On y passe nos jours et nos nuits. C’est une attention et une adaptation en permanence“, confie le Docteur Lenfant.

Insécurité, lourdeur administrative, modifications des règles du métier… Selon une enquête de 2020 menée auprès des dentistes de la région, le tableau ne semble en effet pas tout rose. La gestion de la complexité administrative et de la fatigue, voire l’épuisement professionnel, figurent  parmi les principales préoccupations des praticiens. “Il y a une difficulté et une fatigue à exercer quotidiennement et depuis plusieurs années. Cela s’est accentuer avec la crise sanitaire. On parle d’épuisement dans les hôpitaux mais la souffrance professionnels chez les libéraux existe aussi“, se désole Eric Lenfant.

À ces difficultés d’exercice, s’ajoute le manque de praticiens dans certaines communes et agglomérations de la région Auverhonalpine. Pour faire face à l’exode rural des dentistes, des solutions sont attendues de la part du gouvernement. “Ce mal-être est vraiment présent dans la profession. Il y a clairement un manque de praticiens dans certaines zones de la région. On demande au gouvernement d’autoriser les étudiants n’ayant pas pu finir leur thèse en raison de la crise sanitaire à exercer. Ils seraient d’un grand renfort“, explique Fabrice Joly, secrétaire général de l’URPS.
Cette demande formulée auprès du Ministère de la Santé vient compléter la longue liste des doléances en attente…

 

À SAVOIR

L’URPS des Chirurgiens-Dentistes d’Auvergne-Rhône-Alpes réunit les 4 200 praticiens libéraux de la région. Dans le contexte de crise sanitaire, la télémédecine s’est également développée dans ce secteur. Une solution pour les patients ne pouvant pas se déplacer. Mais également pour les habitants de zones où les praticiens sont peu nombreux .

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