covid fête des lumières Lyon
A Lyon, la Fête des Lumières voit déferler une marée humaine dans la ville difficilement compatible avec les gestes barrières... ©F.Guignard-Perret

Durant quatre jours, du 8 au 11 décembre, près de deux millions de visiteurs sont attendus dans les rues de Lyon pour la traditionnelle Fête des Lumières. Malgré la crise liée au coronavirus, la Ville de Lyon et la préfecture du Rhône ont maintenu l’événement. Une décision qui interpelle alors que l’épidémie progresse de manière brutale et que les autorités sanitaires tiennent des discours alarmistes.

Le compte-à-rebours est peut-être déclenché pour faire germer le plus grand cluster de France. A partir du 8 décembre et jusqu’au 11 décembre, la Fête des Lumières va attirer près de deux millions de visiteurs dans les rues de Lyon et de sa métropole.

Un événement populaire majeur qui avait été annulé l’an dernier en raison de la crise sanitaire. Cette année, les organisateurs de la Fête des Lumières ont décidé de maintenir toutes les animations et autres scénographies. Un choix qui interpelle compte-tenu du contexte sanitaire et de la flambée épidémique en cours.

 

Fête des Lumières, pass sanitaire et masque obligatoire

Certes, le maire de Lyon, Grégory Doucet, a annoncé que toutes les personnes qui viendront découvrir les illuminations devront porter un masque. Le pass sanitaire sera aussi exigé pour accéder aux lieux clos, comme l’exigent d’ailleurs les directives ministérielles. « La Fête des Lumières, premier grand événement post Covid organisé en France, est maintenue avec quelques contraintes comme le respect des gestes barrières. L’affluence sera moindre en raison de l’absence d’une partie des touristes étrangers. Par ailleurs, nous avons fait en sorte de répartir les 31 œuvres sur 27 sites pour éviter une trop grande concentration », a expliqué, débonnaire, le mairie de Lyon.

Un discours (trop) rassurant pourtant corroboré par les propos du préfet du Rhône, Pascal Mailhos. Le premier représentant de l’Etat en Auvergne Rhône-Alpes a confirmé que la Fête des Lumières était maintenue… « à ce stade ». Seul un contrôle du pass sanitaire sera effectué dans les enceintes fermées qui sont relativement limitées. Quant au port du masque, il sera obligatoire dans le périmètre des animations, périmètre délimité par des barrières, que ce soit en centre-ville ou au parc de la Tête d’Or.

 

Une cinquième vague plus puissante que la quatrième

Des prises de positions qui ne manquent pas d’interpeller car elles sont en totale contradiction avec tous les discours alarmistes tenus depuis plusieurs jours. Que ce soit au niveau gouvernemental, des autorités locales ou des professionnels de santé.

Car les derniers chiffres sont sans équivoque. Le taux d’incidence flirte avec les 450 cas/100 000 habitants dans le Rhône. « Ça y est, on est en plein dans la cinquième vague, constate Raymond Le Moign, directeur général des Hospices Civils de Lyon. On est déjà au-delà du plus haut de la quatrième vague et le nombre de patients hospitalisés a été multiplié par deux en deux semaines ».

 

Marée humaine et distanciation sociale…

Dans ces conditions, comment maintenir un événement comme la Fête des Lumières sans prendre le risque de générer le plus grand cluster de France ? Comment sera-t-il possible de contrôler ces centaines de milliers de visiteurs sans créer des cohues monumentales, avec le risque de bousculades dramatiques ?

Le mairie de Lyon et le préfet ont beau marteler l’importance des gestes barrières, comment feront-ils pour faire respecter la distanciation sociale (1) ? Comment ne pas craindre que cette marée humaine qui va déferler dans les rues de Lyon soit un nid de contamination XXL ?

Certes, la Fête des Lumières est devenue une manifestation au rayonnement international et aux enjeux économiques énormes. Mais, depuis bientôt deux ans, le gouvernement a toujours fait passer les impératifs sanitaires avant les réalités économiques.

 

Une bonne dose… d’incohérence

Résumons… D’un côté, des autorités qui appellent – à juste titre – la population à se faire vacciner d’urgence, avec le déploiement de moyens considérables pour injecter la troisième dose. Des hôpitaux qui prennent déjà des mesures préventives pour endiguer une cinquième vague et gérer les conséquences du ressac. Des campagnes massives de sensibilisation au respect des gestes barrières et de la distanciation physique (2). De l’autre, quelques édiles prêts à générer le plus grand cluster de France avant les fêtes de Noël avec l’aval de l’Etat. Tout cela manque cruellement de cohérence…

 

(1) Le dernier communiqué de l’Assurance Maladie insiste sur l’importance de « rester à distance et de limiter les contacts pour éviter de recevoir les projections de virus dans les postillons ». Et de préciser: « La distanciation physique nécessite que l’on reste à au moins deux mètres de son voisin (en raison de la forte contagiosité des variants du virus), surtout en l’absence de port du masque. Limitez vos regroupements professionnels, amicaux ou familiaux à 6 personnes au maximum ».

 

À SAVOIR

à l’origine, la Fête des Lumières ne se déroulait que le 8 décembre pour rendre hommage à la Vierge Marie, les Lyonnais déposant des lumignons sur leurs fenêtres. Le rendez–vous s’est transformé progressivement en événement païen, artistique et mercantile qui attire, chaque année, plusieurs millions de visiteurs. Cette année, la Fête des Lumières est prévue le mercredi 8 décembre au soir, avec des illuminations et animations prévues de 19 à 23 heures le mercredi et le jeudi. Le vendredi et le samedi soir, les animations seront accessibles de 20 heures à minuit. En principe…

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