Lyon et le Rhône vont avoir droit à un nouveau confinement.
Sans retrouver l'ambiance déserte du printemps 2020, Lyon renoue avec les contraintes d'un nouveau confinement ©Shutterstock/Michel Peres

Confronté à une brusque flambée épidémique, le Rhône rejoint la liste des départements soumis à un nouveau confinement, comme l’a annoncé ce jeudi le ministre de la santé, Olivier Véran. La mesure entre en vigueur ce vendredi à minuit et concernera au moins les quatre prochaines semaines. Du côté des hôpitaux, la pression se fait chaque jour un peu plus forte: de nouveaux lits sont ouverts en services de réanimation et les déprogrammations d’activités non essentielles est déjà en cours à Lyon. Dans le reste de la Région, la Haute-Savoie, la Loire, la Savoie, l’Ain et l’Isère sont placés en surveillance rapprochée.

Lyon et le Rhône auront donc bien droit à un nouveau confinement dès ce week-end. C’était dans l’air, depuis que l’accalmie des mois de janvier et février, caractérisée par un plateau haut, avait laissé la place à une inquiétante remontée des cas de Covid-19.

Comme la Nièvre et l’Aube, le Rhône était clairement sous la menace de ce reconfinement. Son taux d’incidence, qui définit le nombre de cas positifs au Covid pour 100 000 habitants, approche la barre des 400 (383/100 000) et la tension hospitalière s’accroît. Les Hospices Civils de Lyon ont ainsi annoncé une déprogrammation de 30% de leurs activités non essentielles et l’ouverture de nouveaux lits en soins intensifs, portant la capacité de réa à 186 lits, contre 139 hors crise.

Alors que la vaccination s’ouvre aux plus de 70 ans, la situation se dégrade chaque jour un peu plus. Suffisamment pour que le département rejoigne la liste des 16 départements déjà reconfinés la semaine dernière. C’est ce qu’a confirmé ce jeudi en fin d’après-midi le ministre de la Santé, Olivier Véran.

Dès mercredi, le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, levait les doutes en annonçant des “mesures de freinage renforcées”. Olivier Véran a souligné lors du point presse gouvernemental hebdomadaire que “la tendance est presque partout à l’accélération de l’épidémie, même si le niveau de circulation reste lui, différent d’une région à une autre.” Le Rhône, la Nièvre et l’Aube feront donc l’objet “des mêmes mesures de freinage fortes que celles annoncées dans les autres départements concernés la semaine dernière”.

Ces restrictions entreront en vigueur ce vendredi à minuit et s’étendront au minium sur quatre semaines.

 

Confinement, version 3 : quelles sont les restrictions ?

La nouvelle formule du confinement est plus souple que ses devancières. Elle s’articule autour du slogan “dedans avec les miens, dehors en citoyen”. Il est ainsi conseillé aux habitants des départements confinés de ne pas se réunir chez eux autrement qu’en famille. Autrement dit, fini les apéros ”sauvages” et autres dîners entre voisins. Il sera également interdity de se regrouper à plus de six personnes à l’extérieur.

La première mesure concerne la fermeture des commerces “non-essentiels”, principalement les magasins de vêtements. En revanche, certaines boutiques comme les commerces alimentaires, les chocolateries, les confiseries, les libraires, les disquaires, les cordonniers ou encore les salons de coiffure resteront ouverts.

Bien qu’évoquée face à une flambée des cas dans les cours de récré, la fermeture des écoles n’est pas à l’ordre du jour. C’est “une solution de dernier recours car elle a des conséquences très lourdes”, a rappelé le premier ministre

Confinement : les déplacements limités à 10 kilomètres

Dans le Rhône comme dans les autres départements confinés, il sera toujours possible de sortir de chez soi sans attestation. Mais pas à plus de 10 kilomètres de son domicile, à moins de pouvoir le justifier via le fameux sésame électronique.

Hors motif impérieux, il ne sera pas non plus possible de quitter le département. Alors que les beaux jours reviennent, il faut donc oublier les escapades lointaines pour les prochains week-end. Et surtout pour les vacances scolaires, qui débutent dans deux semaines pour l’Académie de Lyon.

 

Où en sont les autres départements de la région ?

La Haute-Savoie est clairement sous la menace. Son taux d’incidence a bondi (+110 en 12 jours) et s’établit selon Santé Publique France à 293/100 000 habitants. Le département savoyard est en sursis, tout comme la Loire, qui affiche un taux d’incidence de 274/100 000 habitants (+103 en 12 jours). Ce département, avec Saint-Étienne en épicentre, avait été particulièrement ravagé par l’épidémie lors de la seconde vague de l’automne dernier.

Trois autres départements ont dépassé l’ancien seuil d’alerte des 250/100 000 habitants : l’Isère (253), l’Ain (252) et la Savoie (250). Mais ces chiffres concernent la semaine du 13 au 19 mars, et il y a de fortes probabilités pour qu’ils aient déjà évolué.

Ces cinq départements rejoignent la liste des territoires placés sous “vigilance renforcée”, a annoncé Olivier Véran ce jeudi.

Un temps sur la sellette, la Drôme (231/100 000) semble pour l’instant à l’abris. Tout comme le Puy-de-Dôme (205), l’Ardèche (200), l’Allier (171), la Haute-Loire (144) et le Cantal (96).

Le taux d’incidence global de la région, lui, est de 276/100 000 habitants.

 

À SAVOIR

Au 23 mars, on recensait 3146 patients hospitalisés en Auvergne-Rhône-Alpes (chiffres du 23 mars), dont 495 en réanimation. Le Rhône, a lui seul, concentre 929 personnes hospitalisées, dont 187 en soins intensifs. Les Hospices Civils de Lyon, dont le territoire couvre également le Nord-Isère, accueillaient ce jeudi 1061 patients Covid-19, contre près de 900 il y a un mois.

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