Si le taux d'incidence recule dans la Métropole de Saint-Etienne, le nombre d'hospitalisations quotidiennes pour Covid-19 continue d'accroître. ©Freepik

Une baisse encourageante du taux d’incidence de la Covid-19 dans la Métropole de Saint-Etienne et de Lyon a été enregistrée par Santé publique France, ces derniers jours. Sur le terrain, les hôpitaux stéphanois affichent toutefois une réalité bien différente. Hausse du nombre d’hospitalisations et d’admissions dans les services de réanimations… La deuxième vague est loin de s’affaiblir. Le pic épidémiologique ne serait même pas encore atteint selon le CHU de Saint-Etienne.

Si la deuxième vague de Covid-19 touche quasiment tous les départements, elle est particulièrement violente dans la Loire, qui affiche toujours le plus fort taux de contamination du pays. En plein confinement, ce week-end, le taux d’incidence ligérien dépassait les 1060 cas pour 100 000 habitants. Une situation particulièrement grave, à l’image de celle de sa Métropole, Saint-Etienne, qui détient également la sombre première place dans les villes les plus touchées. Le nombre de cas positifs y explose et se situe désormais à plus de 1136 / 100 000 habitants.

Un chiffre en recul toutefois ces derniers jours selon Santé publique France. En effet, le taux d’incidence au Covid-19 a diminué de 50 points entre le 30 et 31 octobre. Faut-il pour autant considérer que l’épidémie est en train de reculer de manière durable à Saint-Etienne ? Non, estime Michaël Battesti, secrétaire général du CHU de Saint-Etienne, qui gère également le territoire sanitaire en Loire-Ardèche.

Un taux d’incidence Covid réellement à la baisse à Saint-Etienne ?

Selon lui, la décroissance du taux d’incidence Covid enregistrée pour la Métropole de Saint-Etienne ces derniers jours, n’est pour le moment pas représentative de la situation au sein des services hospitaliers. « Les points épidémiologiques font état d’une baisse mais celle-ci doit être constatée sur plusieurs jours d’affilée pour conclure à une réelle inflexion. Le taux d’incidence est juste une photographie de la situation. Mais, dans la réalité, il faut attendre 10 à 15 jours pour connaître les réelles conséquences dans les hôpitaux. Pour le moment, on constate toujours une augmentation des hospitalisations… peut-être juste moins rapide« , explique le secrétaire général du CHU de Saint-Etienne.

Pour rappel, le taux de positivité de la Métropole stéphanoise au Covid-19 reste bien plus élevé que la moyenne nationale. Il atteignait en effet ces dernières semaines des seuils encore jamais franchis sur le territoire. Chez les plus de 65 ans, la situation est par ailleurs bien plus critique. Sur la métropole, le taux d’incidence chez ces seniors dépasse la moyenne citadine actuelle pour atteindre 1187 cas / 100 000 habitants. Il est donc encore trop tôt pour se réjouir d’un possible recul de l’épidémie sur le territoire.

 

Dans la Loire, le nombre de décès liés au Covid-19 ne réduit pas

Depuis le début de la crise sanitaire, le coronavirus semble avoir particulièrement ciblé les plus âgés. Les seniors sont en effet ceux qui occupent le plus grand nombre de lits dans les hôpitaux… Mais également, dans les services mortuaires. Au niveau de la région Auvergne-Rhône-Alpes, près de 70% des personnes décédées à l’hôpital ont au moins 80 ans.

Au mois d’octobre, la vague d’hospitalisation dans le département ligérien s’est transformée en une vague meurtrière. Les hôpitaux ont en effet assisté à une augmentation de plus de 50% des décès liés au Covid-19, en seulement un mois. AU total, depuis le début de la crise sanitaire, on déplore plus de 400 décès dus à cette maladie dans la Loire. Un chiffre amené à augmenter puisque le département détient le taux d’admission en services de réanimations et soins intensifs le plus élevé de la région.

A l’échelle régionale, ce sont 5311 patients qui sont actuellement hospitalisés en Auvergne-Rhône-Alpes, dont 641 en réanimation. Le nombre de décès s’élève quant à lui à près de 5000 dans les hôpitaux et les EHPAD.

 

La crise continue à s’intensifier dans les hôpitaux stéphanois

« Actuellement, les hospitalisations continuent à s’accroître, prévient M. Battesti. Au 1er octobre on était à 132 patients. On est aujourd’hui à 725 patients en Loire-Ardèche dont 89 en réanimation ! Le pic épidémique de la première vague a largement été dépassé depuis deux semaines« . En effet, au plus fort de la crise, au printemps dernier, les chiffres culminaient entre 350 et 360 hospitalisations, contre 636 ces derniers jours à Saint-Etienne.

Et bien que le taux d’incidence puisse tendre à une diminution sur le territoire, l’apogée de la crise n’a peut-être pas encore été atteinte. « On ne peut pas encore se prononcer. Mais aujourd’hui, le nombre d’hospitalisations continuent à augmenter. Donc, le pic épidémique de cette seconde vague ne semble pas encore dépassé« , confirme le secrétaire général du CHU de Saint-Etienne.

 

Une réorganisation quotidienne pour les soignants

« Nous arrivons à gérer les urgences et les interventions importantes« , rassure toutefois le représentant du CHU. Libération de places, de personnels, de temps de soins… La déprogrammation des interventions non-urgentes a en effet permis de soulager les hôpitaux. Une mesure nécessaire. Entre services de soins intensifs, assistance respiratoire, prise en charge pluridisciplinaire pour les cas graves, l’afflux des patients atteints de Covid-19 implique en effet un plus grand nombre de personnels soignants.

Recrutements, mutualisation de l’ensemble des professionnels de santé du territoire, réquisitionnement des lits disponibles, gestion quasi quotidienne des cellules de crises… Les services hospitaliers ont dû faire face à un véritable chamboulement de leurs habitudes de travail. Mieux préparés qu’à la première vague au printemps dernier, les capacités d’hospitalisation des malades du Covid-19 ont été décuplées. « Nous sommes sans arrêt en train d’ouvrir des lits supplémentaires de réanimation, détaille M. Battesti. Aujourd’hui le taux d’occupation des lits nous permet de déclencher une nouvelle organisation. Dès que l’on atteint les 80%, de nouveaux moyens sont mis en œuvre pour répondre à la demande de soins« .

Une meilleure prise en charge des patients de Covid-19

Outre la création de nouvelles places, les techniques de prise en charge des patients Covid ont également évolué. « Aujourd’hui, la durée de prise en charge des patients est de 8 jours à deux semaines contre trois semaines au cours de la première vague », complète t-il.

Des capacités d’adaptation du personnel soignant à saluer. « On peut être fier des acteurs de notre service de santé. L’engagement, le dévouement et la mobilisation des professionnels de santé est réel, et très beau », s’émeut le secrétaire général du CHU de Saint-Etienne.

Si contrairement à la première vague, on n’applaudit plus ces héros du quotidien, il est indispensable de les soutenir en se protégeant soi-même et les autres à travers les gestes barrières : lavage des mains, distanciation sociale, aérations des lieux clos, port du masque. Pour rappel, en cette période de confinement, les déplacements doivent être réduits au strict minimum.

A SAVOIR

Ce second confinement ne semble pas être respecté par tous. Le gouvernement s’est réuni ce jour, le 4 novembre, pour faire le point sur les mesures actuelles. Elles pourraient être renforcées par des règles plus strictes voire la mise en place d’un couvre-feu.

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