dépistage Covid-19
10% de dépistage en plus au cours de la semaine écoulée : trop peu, selon l'Agence Régionale de Santé. ©Freepik

Face à l’envol des contaminations à Lyon, le gouvernement a demandé au préfet du Rhône de prendre des mesures encore plus restrictives. Le Rhône est en effet le département le plus touché d’Auvergne-Rhône-Alpes, une région où le virus du Covid-19 circule activement. Tous les indicateurs sont à la hausse, et la tendance ne semble pas prête de s’inverser selon l’OMS Europe, qui redoute une hausse de la mortalité en octobre et novembre. Le point à Lyon et dans la région.

L’épidémie de Covid-19 vit bien le début de sa seconde vague. De nouvelles restrictions sont attendues à Lyon, où le taux d’incidence a franchi un palier critique (200/100 000 habitants). Le ministre de la Santé Olivier Véran a annoncé ce jeudi après-midi que des mesures plus draconiennes seraient appliquées dans la cité rhodanienne d’ici la fin de la semaine. “C’est désormais une réalité, l’épidémie est très active dans notre pays”, a-t-il assuré.

Principal indicateur, le nombre d’hospitalisations. Depuis début septembre, il est en constante augmentation dans les hôpitaux de la région, qui s’organisent en conséquence.

Les restrictions justifiées par des chiffres alarmants

Avec 42% de cas supplémentaires diagnostiqués en une semaine, la région Auvergne-Rhône-Alpes est l’une des plus touchées en France. Deux de ses départements seulement, l’Allier et le Cantal, demeurent au niveau de vulnérabilité limité.

Le Rhône, classé en zone rouge, présente le bilan le plus alarmiste. En termes de taux d’incidence, “le département présente le taux le plus élevé de la région : 134/100 000”, selon l’ARS. Lundi soir, le Rhône comptait 20 clusters actifs et 286 patients hospitalisés, dont 44 en soins intensifs. Soit la moitié des patients hospitalisés dans la région (582 en tout, pour 80 en services de réanimation).

 

Des restrictions pour contenir les foyers épidémiques

Le nombre de clusters surveillés par l’Agence Régionale de Santé n’a jamais été aussi important depuis le mois de juin. Plus de 75 dans la région, dont une quarantaine de nouveaux (contre 21 nouveaux la semaine précédente). Dans l’Ain, douze résidents d’une maison de retraite de Bourg-en-Bresse sont décédés ces dernières semaines, après que 40 cas positifs aient été détectés. En fin de semaine dernière, le collège/lycée Jean-Paul II de Villemoirieu, en Isère, a été placé en quarantaine. Au Puy-en-Velay, c’est une soirée privée qui a débouché sur la formation d’un important foyer.

Regroupements privés (23 clusters sur 75), Ehpad (11 sur 75), écoles (5 sur 75) : les origines des foyers sont classiques et identifiées de longue date. S’ajoutent également le milieu professionnel 15 clusters sur 75) ou encore le cercle familial (9 clusters).

 

À Lyon, 12 cas positifs à l’école Centrale

Sur les bancs de l’école, la situation n’est pas non plus des plus réjouissantes. Le maire de Lyon Grégory Doucet a annoncé ce lundi matin sur Radio Scoop “des cas de coronavirus dans près d’une école sur cinq”. Sur les 206 écoles lyonnaises, 35 sont ainsi concernées, avec à la clé les élèves et enseignants de 44 classes en quarantaine. À Écully, l’école Centrale a aussi fermé ses portes après la détection de 12 cas positifs.

L’Agence Régionale de Santé, dans son dernier bilan, a regretté que le nombre de personnes testées n’ait augmenté “que de 10%”. En cause ? “Un début de saturation des capacités de dépistages”. Certains centres de dépistage ne sont ainsi accessibles qu’après plusieurs heures d’attente.

 

Des restrictions dans les grandes métropoles

Si le nombre de décès reste stable et peu élevé, les autorités sanitaires ne cachent pas leur inquiétude. “La plupart des indicateurs sont en réelle hausse : les actes SOS médecins et les passages aux urgences pour suspicion de Covid-19, les nouvelles admissions en réanimation même si les effectifs restent encore très en dessous les niveaux atteints au printemps”. Difficile, en effet, de ne pas s’alarmer face à la tendance. Le directeur de la branche Europe de l’OMS l’a confirmé ce lundi : “cela va devenir plus dur. En octobre, en novembre, on va voir une mortalité plus élevée”.

Faut-il s’attendre, dès lors, à un durcissement des mesures préventives ? Les annonces gouvernementales, vendredi dernier, sont restées très mesurées. L’État semble vouloir laisser la main aux autorités locales. En Gironde, un arrêté préfectoral vient ainsi d’interdire les rassemblements de plus de dix personnes, les fêtes étudiantes, sorties scolaires et autres soirées de mariage. Les journées européennes du patrimoine y ont également été annulées. Après Bordeaux, Marseille a aussi pris des mesures similaires. Lyon, tout comme Nice, va donc suivre ce mouvement inéluctable.

 

À SAVOIR

La reprise de l’épidémie de Covid-19 ne concerne pas uniquement la France, mais l’Europe toute entière. Le chancelier autrichien Sebastian Kurz a été l’un des premiers à exprimer officiellement “le début de la seconde vague”. Plus de 51 000 nouveaux cas ont été recensés sur la seule journée de vendredi dernier dans le Vieux-Continent, selon l’Organisation Mondiale de la Santé. Une réunion des états membres de l’OMS Europe, qui craint une forte hausse des décès à l’automne, est ainsi organisée ces lundi et mardi pour établir une stratégie face à la recrudescence de cas.

 

 

 

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