Vaccination contre le Covid-19 en France.
La campagne de vaccination, qui s'accélère avec son ouverture à tous les adultes à compter du 31 mai, s'accompagne toujours d'interrogations sur l'efficacité des vaccins, leur poids face aux variants ou encore leur administration aux mineurs. ©Freepik

Bonne nouvelle sur le front de l’épidémie de coronavirus, la vaccination, chemin le plus court vers un retour à la vie normale, sera accessible à l’ensemble de la population majeure à compter du 31 mai. Quels vaccins sont et seront disponibles ? Sont-ils efficaces contre les variants ? Les moins de 18 ans se feront-ils vaccinés ? Faut-il rendre le vaccin obligatoire ? Ma Santé fait le point sur les grandes interrogations vaccinales du moment.

Réussir le déconfinement et retrouver une vie normale. Les enjeux de la campagne de vaccination, qui s’“accélère encore” selon le Premier Ministre Jean Castex, sont aujourd’hui très clairs. Cela n’a pas toujours été le cas d’une vaste opération lancée le 27 décembre 2020 pour lutter contre la Covid-19. Entre priorités de passage, choix des vaccins et efficacité réelle, la valse des interrogations continue chaque semaine. Ma Santé met de l’ordre dans les débats et répond aux principales questions que vous vous posez.

 

Qui peut aujourd’hui se faire vacciner contre la Covid-19 ?

Presque tout le monde ! Le gouvernement a en effet décidé d’avancer la date de l’ouverture de la vaccination à l’ensemble de la population majeure, du 15 juin au 31 mai. En attendant cette date, tous les Français de plus de 50 ans sont éligibles. Les 18-49 ans (hors comorbidités, déjà prioritaires) peuvent aussi bénéficier de créneaux libres pour éviter un éventuel gaspillage de doses. Depuis le 15 mai, les adolescents de 12 à 17 ans peuvent également se faire vacciner avec l’autorisation de leurs parents.

Cette accélération bénéficie tout bonnement d’une plus grande disponibilité des doses. De nombreuses livraisons ont permis en avril de doubler le rythme quotidien des injections (plus de 400 000 désormais). Le gouvernement a également annoncé la livraison de 23 millions de doses durant le mois de juin.

 

Où en est la vaccination en France et en Auvergne-Rhône-Alpes ?

Au 24 mai, 34,8% de la population française a déjà reçu au moins une dose du vaccin. Soit 23 335 997 personnes. 9 738 741 Français ont également déjà reçu une deuxième dose, soit 15,8% de la population (source Ministère de la santé).

Selon l’Union Européenne, 46% de sa population adulte aura perçu une première dose au 30 mai.

En Auvergne-Rhône-Alpes, 34,3% de la population (2 751 659 habitants) a déjà perçu une première dose de vaccin, selon Santé Publique France. Et 1 291 623 Auverhônalpins ont reçu leurs deux doses (soit 16,1%).

Dans le détail, les bons élèves sont les départements de l’Allier (46% de primo-vaccinés) et le Cantal (43%), quand l’Ain, avec 29% de premières doses, la Haute-Savoie (30%) et le Rhône (31%) sont à la traîne.

 

La vaccination permettra-t-elle le retour à la normale ?

C’est le souhait du gouvernement et l’avis du conseil scientifique. La campagne de vaccination s’intensifie justement pour ne pas répéter les erreurs de l’été 2020, marqué par un relâchement ayant conduit à une reprise de l’épidémie à l’automne.

Les chiffres actuels, alors que les mesures sanitaires s’allègent chaque semaine, sont bons : baisse des taux d’incidence, du nombre de nouveaux cas hebdomadaires, du taux de positivité, des admissions en réa, des décès… Mais la ruée sur les terrasses pourrait inverser la tendance, selon des autorités sanitaires un brin inquiètes. D’où l’importance de vacciner le plus grand nombre possible de Français : au moins 60%, préconise le conseil scientifique.

 

Les mineurs sont-ils éligibles à la vaccination ?

Jusqu’ici réservée aux seuls cas de maladies graves, la vaccination des moins de 18 ansest désormais actée. Alors que la maladie reste “généralement bénigne dans le jeune âge”, cette vaccination apparaît en effet essentielle pour “l’acquisition d’une immunité collective”, selon l’Académie de Médecine.

Le Pr Alain Fischer, président du Comité d’orientation de la stratégie vaccinale contre la Covid-19, appellait même à ouvrir la vaccination aux 16-17 ans dès le mois de juin. Une mesure effective dès le 15 juin, et même dès 12 ans. La vaccination contre la Covid-19 des mineurs de 12 à 17 ans est toutefois soumise à l’autorisation de leurs deux parents. La question, en revanche, reste en suspend pour les moins de 12 ans.

Pour le moment, seul le vaccin Pfizer est autorisé pour les mineurs. Jugé “hautement efficace” par son fabricant ce mardi 25 mai, le vaccin Moderna attend de son côté le feu vert des autorités sanitaires.

 

La vaccination peut-elle devenir obligatoire?

L’Académie de médecine a émis mardi 25 mai une recommandation d’une vaccination obligatoire pour les professions particulièrement exposées au public. Cet avis concerne les secteurs de l’enseignement, des forces de l’ordre, du commerce ou encore de la culture ou de l’hôtellerie-restauration. Et, bien sûr, des services de santé.

Cette recommandation a toutefois peu de chance d’aboutir. D’abord parce que la vaccination a toujours reposé sur le libre choix. Ensuite parce que le recul des réticences (15 à 20% de Français vaccino-sceptiques fin mai, contre 30% fin février) semble plutôt de nature à conforter le gouvernement dans cette position.

Toutefois, l’obligation d’une vaccination complète (avec toutes les doses recommandées selon le vaccin) entrera en vigueur dès le 6 juin, pour se rendre dans certains territoires d’Outremer. Sans motifs impérieux, les voyageurs devront présenter un passeport vaccinal en plus d’un test PCR négatif.

Combien y a-t-il de vaccins homologués contre la Covid-19 ?

Quatre vaccins sont actuellement autorisés par l’Agence Européenne du Médicament. Il s’agit, dans l’ordre des homologations, des vaccins Pfizer-BioNTech (Comirnaty), Moderna, AstraZeneca (Vaxzevria) et Johnson&Johnson (Janssen).

Le vaccin Pfizer, efficace à 95% et seul réservé aux moins de 18 ans, est le plus utilisé en France. Il est injecté en centre de vaccination et en centre de soin. C’est aussi le cas du vaccin Moderna (efficace à 90%), disponible aussi depuis le 24 mai chez les médecins généralistes et en pharmacie. Cette ouverture ”en ville” vient compenser les réticences au vaccin AstraZeneca (efficace à 60-70%), qui n’est plus accessible aujourd’hui qu’aux plus de 55 ans.

Efficace à 67%, le vaccin Janssen, enfin, reste aussi réservé aux 55 ans. Quelques rares cas de thromboses aux États-Unis ont en effet entretenu une certaine suspicion sur ce vaccin, en passe d’être levée.

 

Ces vaccins sont-ils efficaces contre les variants ?

Selon des études menées au Royaume-Uni, actuellement touché par le variant indien après avoir été dévasté par le variant anglais, le vaccin Pfizer ferait preuve d’une grande efficacité : 87,9% contre le variant indien et 93,4% contre le variant anglais.

Cela confirme les affirmations récentes de l’OMS, qui indiquait le 20 mai par la voix de son directeur Europe Hans Kluge que “tous les variants du virus du Covid-19 qui sont apparus jusqu’à présent répondent aux vaccins disponibles et approuvés”.

 

Faudra-t-il vraiment une troisième dose de vaccin anti Covid ?

Cette rumeur repose sur l’avis du Conseil d’orientation de la stratégie vaccinale émis le 6 avril, en faveur de l’injection d’une troisième dose de vaccin pour les malades les plus fragiles (personnes immuno-déprimées, dialysées, transplantées ou en traitement de chimiothérapie).

Stéphane Bancel, le patron français du groupe Moderna, va plus loin. Il est favorable à l’administration à la fin de l’été d’une troisième dose pour les publics à risque, notamment les résidents en Ehpad. L’objectif ? Limiter la menace des variants et une éventuelle quatrième vague, à l’automne.

Jusqu’à présent, le délai entre deux doses varie entre 6 et 12 semaines en fonction des vaccins. Les personnes déjà contaminées à la Covid-19 n’ont en revanche besoin que d’une seule dose.

 

L’AstraZeneca est-il toujours recommandé ?

Oui, mais uniquement pour les plus de 55 ans. Retards de livraison, efficacité moindre, méfiance des autorités sanitaires et, donc, des gouvernements renforcent sans cesse l’impopularité du vaccin AstraZeneca. Et ce sans que des messages contraires ne soient diffusés pour effacer les réticences.

Le vaccin Moderna est désormais accessible en pharmacies et en cabinets médicaux. Il y a donc de fortes chances pour que l’AstraZeneca disparaisse peu à peu de la campagne vaccinale. Et ce, malgré les milliers de doses non utilisées. Trois millions de doses attendent en effet preneur, selon Santé Publique France (au 24 mai). Les trois autres vaccins disponibles sont quant à eux distribués à flux tendus…

On sait aussi que l’administration de la deuxième dose, après une première injection d’AstraZeneca, peut être effectuée avec un autre vaccin.

 

Le vaccin Pfizer/BioNTech peut-il être remis en cause ?

Non, à moins de céder à un étonnant bad buzz. Le vaccin Pfizer vient en effet de faire l’objet d’une étonnante campagne de dénigrement. Plusieurs influenceurs français témoignent avoir été approchés ces derniers jours par une sombre agence de communication. L’objet? Faire vaciller le monopole du premier vaccin autorisé en France en avançant notamment sur les réseaux sociaux que le taux de mortalité du vaccin Pfizer était trois fois plus élevé que celui du vaccin AstraZeneca.

Alors que le laboratoire britannique a rapidement nié toute implication, les soupçons se sont orientés vers la Russie. Sans confirmation pour l’instant. “Je ne sais pas d’où cela vient”, a regretté ce mardi 24 mai le ministre de la Santé Olivier Véran, mais “c’est minable, c’est dangereux, c’est irresponsable et cela ne marche pas”.

 

D’autres vaccins anti Covid-19 vont-ils arriver sur le marché ?

Parmi les vaccins utilisés dans le monde ou en cours de développement, cinq sont actuellement en cours d’examen à l’Agence Européenne du Médicament.

Celui de l’Allemand CureVac, le plus attendu en Europe, pourrait être validé dès le mois de juin. Il s’agit d’un vaccin à ARN messager, comme les vaccins Pfizer et Moderna. Ce vaccin viendrait donner un nouveau coup de fouet à la campagne vaccinale.

Le Russe Spoutnik V est déjà administré dans certains pays comme la Hongrie. Mais il n’est pas valable en France, a rappelé le 24 mai le ministre des Affaires Européennes Clément Beaune. C’est aussi le cas de l’un des trois vaccins Chinois, le Coronavac. Il est utilisé dans une vingtaine de pays mais jusqu’ici non autorisé en Europe.

Le vaccin français développé en partie à Lyon par Sanofi en partenariat avec le Britannique GSK vient de franchir avec succès la phase 2 des essais cliniques. Il faudra donc attendre la fin de la troisième et dernière phase pour une éventuelle homologation: pas avant le dernier trimestre 2021, donc.

Quant au candidat-vaccin de l’américain Novavax, il prend du retard : sa mise en service ne se fera pas avant l’automne.

 

À SAVOIR

La vaccination est accessible en centre de vaccination, chez son généraliste ou en pharmacie. La prise de rendez-vous se fait gratuitement par téléphone (0 800 009 110), sur le site officiel Sante.fr ou via une plate-forme médicale (Doctolib, Maiia, Keldoc). Différentes applis ont été lancées pour faciliter l’accès à la vaccination : Vite ma dose, Chronodose ou encore Covidliste.

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