La septième vague de Covid-19, en pleine période estivale, va-t-elle perturber les vacances ?
Alors que le pic épidémique est attend pour la fin du mois de juillet, tous les ingrédients sont réunis pour que le Covid-19 soit l'invité perturbateur des vacances. ©Freepik / Frimufilms

Face à l’explosion du nombre de cas, la question du retour de l’obligation du port du masque dans les transports en commun et dans les lieux clos se fait chaque jour un peu plus pressante. Et alors que la période estivale, habituellement moins propices aux virus, favorise les rassemblements et contacts, les autorités sanitaires sont particulièrement inquiètes pour les prochaines semaines. Les explications du Dr Guylaine Ferre, médecin généraliste à Givors (Rhône) et invitée de l’émission Votre Santé du jeudi 7 juillet.

Le Covid-19 semble bel et bien déterminé à devenir le mauvais tube de l’été. Habitué à jouer des tours depuis le début de l’épidémie, le virus a balayé la certitude d’une période estivale plus calme. On recense en effet plus de 160 000 cas positifs par jour en France, et cette tendance se renforce semaine après semaine. Dans son dernier point épidémiologique du 7 juillet, Santé Publique France confirme que « la circulation du SARS-CoV-2 continue de s’accélérer sur l’ensemble du territoire métropolitain ». Pour la semaine du 27 juin au 3 juillet, le taux d’incidence moyen en France est de 1153 cas pour 100 000 habitants (contre 745 la semaine précédente).

Toutes les régions sont touchées, y compris Auvergne-Rhône-Alpes, où le Rhône présente le taux d’incidence le plus élevé (1261/100 000). Médecin à Givors et présidente du syndicat MG69 (Médecins Généralistes, antenne du Rhône), le Dr Guylaine Ferre, était l’invitée de l’émission Votre Santé (BFM TV Lyon) du jeudi 7 juillet. Interrogée par Élodie Poyade et Pascal Auclair, le rédacteur en chef du Magazine Ma santé, elle a confirmé la perspective d’un été avec le Covid-19 dans la valise. Et rappelé toute l’importance du port du masque et de la vaccination pour endiguer la propagation fulgurante du virus.

Le département du Rhône est l’un des plus touchés par l’épidémie de Covid-19. Est-ce un constat que vous faites également dans vos cabinets?

Oui tout à fait, le nombre de tests positifs est clairement à la hausse. L’absentéisme se renforce, y compris parmi nos collègues. Il va falloir malheureusement vivre avec cela, avec cette nouvelle vague qui n’était pas prévue pour le début de l’été. On a l’habitude de virus ORL survenant plutôt en période automnale. Mais le coronavirus nous joue décidément des tours. La panoplie de l’été va donc redevenir le masque et le gel hydroalcoolique. Il ne faut pas oublier qu’il subsiste des formes graves, malgré la vaccination. Des gens fragiles, certes, mais aussi des personnes de plus de 70 ans qui n’ont pas de pathologies particulières. Quant aux jeunes, ils ne font pas des simples rhinos, mais des formes avec des fièvres à 40, une semaine couché à la maison. Ce n’est pas un petit rhume qui passe comme cela.

Faut-il aller plus loin que la simple recommandation du port du masque ?

Je trouve cela effarant que l’on ne porte pas le masque dans les transports en commun, où il y a une surdensité, notamment à Lyon aux heures de pointe. Dans les métros et les trams bondés, les gens sont collés les uns aux autres, ce qui favorise terriblement la propagation du virus. Je suis pour le port du masque obligatoire dans les transports en commun, et au moins pour une recommandation dans les lieux clos.

Covid-19 : « les non-vaccinés, malheureusement, restent réfractaires »

L’explosion de cas de Covid-19 s’accompagne-t-elle d’un regain d’intérêt pour la vaccination?

Tout à fait. Les gens étaient timorés pour le rappel de la quatrième dose. Nombreux souhaitaient le reporter à l’automne. Mais avec l’accélération du nombre de cas, ils changent d’avis, notamment les plus âgés. Ceux que l’on voit sont surtout des candidats à la quatrième dose. Le peu de gens non vaccinés, malheureusement, restent réfractaires, surtout s’ils ont attrapé le virus et se sentent ainsi protégés.

Vos cabinets sont-ils suffisamment équipés ?

De nombreux cabinets médicaux ont arrêté de vacciner, car c’est une organisation très lourde. Pour la quatrième dose, on a moins de patients rassemblés au même moment : les gens viennent au fil de l’eau. Les pharmaciens et les infirmiers libéraux se sont également beaucoup engagés sur la vaccination. On compte donc bien sur nos collègues professionnels de santé pour prendre le relais et nous accompagner.

Êtes-vous inquiète pour la rentrée?

Il va falloir vivre avec ce virus. Les jeunes ne présentent que rarement des formes graves. Concernant l’école et les fermetures de classes, je souhaite que l’on maintienne le dispositif actuel. Pour le reste, j’espère que les mesures coercitives sont derrière nous et que les gens seront raisonnables et continueront de se vacciner pour protéger les plus fragiles.

Retrouvez le replay de l’émission du jeudi 7 juillet 2022.

À SAVOIR
L’émission Votre Santé est à suivre chaque jeudi en direct à 17h45 sur BFM Lyon. L’émission est ensuite diffusée le jeudi soir ainsi que tout le week-end en multidiffusion sur la chaîne locale.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here