Des amis font la fête en période d'épidémie de Covid-19.
L'ombre d'un couvre-feu planant sur la soirée du réveillon semble être écartée, pour le moment. Mais les projections sont alarmantes, tant les taux d'incidences explosent chez les jeunes. ©Shutterstock

L’inquiétude augmente face à la propagation du variant Omicron, qui devrait être majoritaire en France dans les prochains jours. Alors que les contaminations explosent chez les jeunes et que les taux d’incidence augmentent partout en France, le gouvernement a pris de nouvelles mesures de restriction, à quelques jours du réveillon du 31 décembre. Il n’y aurait donc ni un couvre-feu pour la Saint-Sylvestre, ni report de la rentrée scolaire. Suffisant pour contrer la menace ?

C’est une première depuis l’épidémie de Covid-19, en mars 2020. La barre symbolique des 100 000 cas quotidiens de nouvelles contaminations a été franchie le jour de Noël. 104 611 nouveaux cas ont en effet été détectés en France le 25 décembre, signe de l’intensité inédite de cette cinquième vague et, surtout, de l’influence d’un variant Omicron ultra contagieux.

« Dans quelques jours, ce virus sera majoritaire en France », a annoncé dès le 23 décembre le président du conseil scientifique, Jean-François Delfraissy. Si le Delta reste majoritaire, 30% des cas seraient selon santé Publique France à mettre à l’actif d’un variant qui risque de faire de sérieux dégâts dans les semaines à venir. « Sa progression est extrêmement rapide, surtout parmi les 20-29 ans. En janvier, on s’attend à des centaines de milliers de nouveaux cas par jour », précise l’épidémiologiste Arnaud Fontanet. C’est en tout cas ce que redoutent des hôpitaux déjà sous haute tension. Dans l’agglomération lyonnaise, les Hospices Civils de Lyon ont ainsi déprogrammé toutes les interventions non essentielles pour faire face à l’afflux de patients.

 

Covid-19 : de nouvelles mesures plutôt souples  

Le chef de l’État, Emmanuel Macron, a rassemblé ce lundi après-midi un nouveau conseil de défense sanitaire. L’objectif ? Décider de nouvelles mesures pour contrer la progression du variant Omicron, à quelques jours des festivités de la Saint-Sylvestre.

Dans le Rhône et à Lyon, le nombre de cas explose surtout chez les jeunes, les plus contaminés avec 1385 cas positifs/100 000 chez les 20-29 ans et 1302/100 000 chez les 30-39 ans. Pourtant, l’option de l’instauration d’un nouveau couvre-feu, notamment le soir du 31 décembre, n’a pas été retenue. Pas plus qu’un report de la rentrée scolaire. Pour contrer « une situation particulièrement tendue », selon le premier ministre Jean Castex, le gouvernement a toutefois prôné un renforcement du télétravail, dépeint comme obligatoire, mais seulement lorsque cela s’avère possible, et ce « trois jours minimum par semaine ».

Il a également été décidé de recourir à nouveau aux jauges pour les grands événements : pas plus de 2000 personnes en intérieur, et 5000 en extérieur. De nombreux concerts et autres événements devraient en faire les frais. A compter du 3 janvier, il sera interdit de consommer des boissons ou de la nourriture dans les bars et les cafés sans être assis. Il ne sera plus possible non plus de boire ou de manger dans les théâtres, cinémas et les transports en commun, et ce dès lundi 3 janvier.

Enfin, le délai pour la dose de rappel du vaccin contre la Covid-19 passe de quatre à trois mois, comme cela avait déjà été annoncé.

Certains observateurs penchaient aussi pour un test complémentaire au pass sanitaire pour accéder dans les restaurants. Cette possibilité doit être examinée dans le cadre du projet de loi portant sur le futur pass vaccinal, présenté ce lundi également lors d’un conseil des ministres, immédiatement après le conseil de défense sanitaire.

 

Les taux d’incidence explosent en Auvergne-Rhône-Alpes

En attendant, les taux d’incidences, après avoir légèrement stagné, remontent en flèche. Notamment en Auvergne-Rhône-Alpes, qui est l’une des régions les plus touchées de France, derrière désormais PACA et l’Île-de-France. Le département de la Drôme continue d’être celui où le virus se propage le plus, avec un taux d’incidence de 1162/100 000 habitants. Longtemps le seul à avoir franchi le seul fatidique des 1000, le territoire a été rejoint par cinq autres départements, dont deux dans la région: la Haute-Savoie (1054/100 000, contre 861 au 21 décembre) et surtout la Savoie (1085/100 000, contre 744 au 21 décembre), soit une progression très rapide. Une conséquence de l’afflux de skieurs et autres vacanciers ?

La situation semble stagner en Ardèche (930 cas pour 100 000 habitants, contre 973 la semaine précédente), pourtant longtemps le département le plus touché. En revanche, le nombre de cas explose à nouveau dans le Rhône, où après une stagnation de plusieurs jours les chiffres sont repartis à la hausse, avec 980 cas pour 100 000 habitants (contre 716 la semaine dernière).

Santé Publique France recensait ce dimanche 26 décembre 16 365 hospitalisations de patients malades du Covid-19, dont 3299 en soins critiques. Soit 17 de plus que la veille, ce qui reste faible. Dans le Rhône, le nombre de patients Covid-19 pris en charge à l’hôpital s’élevait à 549 ce week-end, dont 165 en soins intensifs.

 

À SAVOIR

Le taux d’incidence en France s’élevait au 26 décembre à 712 cas pour 100 000 habitants, SELON SANTÉ PUBLIQUE FRANCE. Il était de 897/100 000 en Auvergne-Rhône-Alpes, où le taux de positivité avoisine les 10% (9,9%). Dans les départements de la région, ils s’établissent par ordre croissant à 387,5 dans l’Allier, 408,2/100 000 dans le Cantal, 714 en Haute-Loire, 749,1 dans l’Ain, 764,3 dans la Loire, 791,5 dans le Puy-de-Dôme, 918,8 en Isère, 930 en Ardèche, 980,9 dans le Rhône, 1054 en Haute-Savoie, 1085 en Savoie et 1162 dans la Drôme.

 

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