Covid-19 variant Omicron
Si les hospitalisations sont réduites de plus de 80% avec le variant Omicron par rapport au Delta, le risque reste bel et bien présent. ©Freepik

En constante augmentation ces dernières semaines, les taux d’incidence de la Covid-19 battent des records encore jamais atteints dans certains territoires. En Auvergne-Rhône-Alpes, deuxième région la plus touchée de France, les chiffres s’approchent dangereusement de la barre des 4000 cas/100 000 habitants dans certains départements tels que la Savoie ou la Haute-Savoie. Alors que la situation s’aggrave et que les hôpitaux saturent, la population semble pourtant moins alerte face au variant Omicron, dangereusement sous-estimé. 

En Auvergne-Rhône-Alpes, où la moyenne régionale atteint plus de 2800 cas/ 100 000 habitants, la majorité des départements dépasse désormais le seuil des 2000 cas positifs au Covid-19 pour 100 000 habitants. Dans certains territoires, le taux d’incidence se rapprocherait même des 4000/100 000. Soit plus de 3800/100 000 en Haute-Savoie, 3672/100 000 en Savoie et 3181/100 000 dans le Rhône.

Des chiffres parfois records, par rapport aux précédentes vagues. Une situation inédite face à une contagiosité d’un variant encore jamais égalée. « Omicron se propage à un rythme que nous n’avons jamais vu avec aucun autre variant », s’inquiétait déjà le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, en décembre dernier. En effet, le variant Omicron est trois fois plus contagieux que son prédécesseur Delta. Il l’est même dix fois plus que la souche originale de la Covid-19 !

 

Variant Omicron : un risque d’hospitalisation plus faible ?

Paradoxalement, alors qu’ils ont plus de chance aujourd’hui d’être contaminés par la Covid-19 qu’auparavant, la population semble toutefois moins alerte. En cause : la moindre sévérité du variant Omicron par rapport aux autres variants Delta ou encore Alpha. « Plusieurs études ont observé un risque d’hospitalisation plus faible chez les cas infectés par Omicron par rapport à Delta, avec jusqu’à 81% de réduction du risque d’hospitalisation après trois doses de vaccin », confirme Santé Publique France. 

Conséquence positive d’une vaccination complète contre la Covid-19, meilleure résistance du système immunitaire grâce aux précédentes vagues… Dans tous les cas, ce variant Omicron, bien qu’extrêmement contagieux, fait moins peur que les précédents. Certains s’interrogent même sur les bénéfices d’une contamination quant à la protection immunitaire qu’elle permettrait. Sur la toile, de nombreux internautes débattent sur l’efficacité d’une « immunité dite naturelle » après une infection comparée à celle de la vaccination. Une dangereuse prise de risque alors que le recul face aux conséquences de ce nouveaux variant est encore insuffisant.

 

« Il est encore trop tôt pour conclure que ce variant est moins virulent »

Pourtant, les risques sont bien présents. Dans les hôpitaux, la pression hospitalière est en effet moins intense que lors des précédentes vagues, mais reste importante. « Cette vague Omicron a touché une population plus jeune et présentant moins de comorbidités que les vagues précédentes, ce qui pourrait contribuer à ce faible taux d’hospitalisation« , explique Santé Publique France. 

Si un schéma vaccinal complet et à jour permet en effet de se protéger contre les formes graves, les plus fragiles et les personnes non-vaccinées restent à risque d’une sévérité de la maladie. En effet, pour le moment, le variant Omicron s’est surtout répandu chez les populations jeunes. En meilleure santé et ayant moins de risques de comorbidités, les hospitalisations sont donc moins nombreuses.

« Il est encore trop tôt pour conclure que ce variant est intrinsèquement moins virulent. En effet, ces données de sévérité sont impactées par les caractéristiques de la population où il circule. […] De plus, même si ce risque d’hospitalisation réduit chez les cas infectés par Omicron se confirme en population générale, une transmission accrue d’Omicron pourrait quand même conduire à une saturation du système hospitalier, ce qui a été confirmé par les modélisations de l’Institut Pasteur« , rappelle Santé Publique France. 

 

Les services de réanimation déjà quasiment saturés

Du côté des soignants en effet, la situation s’aggrave. Les services ont de nouveau été chamboulés pour répondre à l’afflux de patients Covid qui continue à arriver.  Alors que toutes les interventions non-urgentes ont été reportées, au grand dam de milliers de patients, le rythme reste soutenu.

Sur l’ensemble des territoires des Hospices Civils de Lyon dans la Métropole auverhonalpine, plus de 780 patients sont traités pour Covid-19 selon les chiffres du 4 janvier. Ils sont 892 au 11 janvier, soit une augmentation de 14% en l’espace d’une semaine. 150 d’entre eux sont actuellement admis en service de réanimation. Alors que le nombre de contaminations continue à augmenter chaque jour, les services sont déjà quasiment saturés.

À l’heure où la protection vaccinale de nombreux Français arrive à expiration, les soignants craignent les nouvelles admissions. Le pic de cette cinquième vague dans les hôpitaux  pourrait ainsi de s’accompagner d’un complexe tri de patients, à l’image des premières vagues contre la Covid-19.

 

À SAVOIR

Face au nombre accru de contaminations dans les écoles, le ministre de l’Éducation allège le protocole pour les enfants. Désormais, en cas de confirmation d’un cas positif dans une classe, les parents  pourront attendre la fin de la journée scolaire pour récupérer leurs enfants. Plus important : les autotests seront désormais acceptés pour le dépistage dès le premier jour. Et non plus uniquement les tests antigéniques et PCR.

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