Une femme chinoise en attente de son avion en pleine épidémie de Covid-19, au moment de l'explosion des infections liées au sous variant BF.7.
Le nombre d'infections pourrait s'élever rapidement en raison de la reprise du trafic touristique en provenance de Chine. ©Freepik

Alors que la neuvième vague de Covid-19 continue de décroître dans toutes les régions françaises, une nouvelle se profile à l’horizon. Une nouvelle fois de Chine, où l’explosion des cas suite à l’allégement de la stricte politique anti-Covid fait redouter une reprise épidémique dans le monde entier. En cause, la virulence d’un sus-variant très contagieux, le BF.7. Depuis le 1er janvier, les voyageurs en provenance de Chine devront se faire dépister à leur arrivée sur le sol français, porter des masques dans l’avion et, à partir du 5 janvier, présenter un test négatif avant d’embarquer.

Faut-il se méfier du nouveau variant BF.7 ? Alors que les regards se tournent une nouvelle fois vers la Chine, la France vit actuellement sa neuvième vague de Covid-19. Dans une certaine indifférence, qui montre que le virus semble s’être installé dans nos mœurs. Si la situation hospitalière s’est avérée tendue cet automne, du fait de la concomitance avec les épidémies de grippe et de bronchiolite, les indicateurs confirment le ralentissement de la circulation du virus. Le taux d’incidence national n’est plus « que » de 421 cas pour 100 000 habitants, soit une baisse de 25,4% par rapport à la semaine précédente. La tension hospitalière diminue, avec 25% d’admissions en moins en services de soins critiques e 26% d’hospitalisations en moins.

Mais la forte reprise de l’épidémie en Chine, liée à l’agressivité du sous-variant BF.7, inquiète les autorités sanitaires. Et laisse craindre également de lourdes répercussions économiques. Explications.

C’est quoi le variant BF.7 ?

Ce nouveau variant, identifié pour la première fois en mai 2022, est l’un des nombreux sous-lignage du sous-variant Omicron BA.5. Très contagieux, le BA.5. reste le variant du Covid-19 majoritaire en France (92%, selon Santé publique France).

Le BF.7, très peu présent en France, serait toutefois encore plus contagieux. Son R0 serait de 10 à 18,6, soit le nombre potentiel de personnes contaminées par un porteur du virus. À titre de comparaison, le R0 d’Omicron est de 5,08 en moyenne et celui du Delta de 6 à 7 en moyenne. Quand au R0 du SARS-Cov-2 original, il ne s’élevait qu’à 3 en moyenne, selon l’Institut Pasteur.

Pourquoi le variant BF.7 explose-t-il en Chine ?

L’inquiétude, une nouvelle fois, vient de l’autre bout de la planète. La Chine fait en effet face à une explosion de cas. D’abord parce que le pays, poussé par une population à bout de nerfs, a fini par changer de politique anti-Covid. La levée des mesures sanitaires ultra-drastiques imposées depuis le début de l’épidémie, début décembre, a favorisé la propagation express du virus au sein d’une population faiblement immunisée. Et cette circulation a été accélérée par la forte contagiosité de ce sous-variant BF.7.

Pourquoi l’OMS est-elle inquiète ?

Depuis le début de l’épidémie de Covid-19, ce sont les infections nouvelles qui ont entraîné l’émergence de nouveaux variants (Alpha en Angleterre, delta en Inde, Omicron en Afrique-du-Sud…)

Or, l’exposition soudaine de la population chinoise, très faiblement immunisée, va se traduire par une augmentation des infections. Et favoriser le risque d’apparition de nouveaux variants, potentiellement plus virulents et contagieux. Et la Chine, avec 1,4 milliard d’habitants, est le pays le plus peuplé au monde.

Doit-on redouter le variant BF.7 en France ?

L’allégement des mesures sanitaires en Chine a immédiatement été suivie par une forte reprise touristique vers tous les pays du monde. Le meilleur moyen, en somme, de propager le virus. Un certain nombre de pays, comme le Japon, les États-Unis ou l’Inde, ont déjà rétabli l’obligation du test de dépistage Covid pour tous les voyageurs arrivant de Chine.

En Europe, l’Italie a fait de même, suite à l’atterrissage le 26 décembre dernier à Milan d’un avion dont la moitié des passagers chinois étaient positifs. L’Espagne a fait de même ce vendredi 30 décembre. En France, le président de la République, Emmanuelle Macron, avait selon France Info demandé au gouvernement dès le 28 décembre, « de prendre des mesures adaptées de protection des Français ». Et la décision est effective depuis le dimanche 1er janvier : les voyageurs en provenance de Chine doivent bel et bien se faire dépister à leur arrivée sur le sol français. Les personnes testées positives pourront rester en France, mais devront observer des consignes d’isolement.

À compter du 5 janvier, les touristes chinois devront présenter un test PCR ou antigénique négatif avant l’embarquement. Ils seront également astreints à porter un masque durant leur vol.

Quelles conséquences économiques ?

Une conséquence possible concerne la pénurie de médicaments. Les principes actifs de la plupart de nos médicaments étant fabriqués en Chine, l’approvisionnement pourrait souffrir d’un ralentissement de l’économie chinoise lié à l’explosion des cas de Covid-19.

Et plus largement, c’est toute l’activité économique mondiale qui pourrait être impactée à court ou moyen terme. Des témoignages indiquent en effet que nombre d’ouvriers chinois, victimes du virus, sont actuellement en quarantaine. C’est le cas notamment du fabricant de voitures électriques BYD, leader mondial dont 20 à 30% des forces vives sont actuellement indisponibles…

À SAVOIR

Les symptômes du nouveau variant BF.7 sont similaires aux autres variants du Covid-19. Le virus touche avant tout les voies respiratoires supérieures, provoquant toux, maux de gorges, fièvre, rhinorhées et fatigue.

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