De nouvelles mesures économiques et sociales d'urgence ont été adoptées par la Métropole de Lyon pour répondre à la crise économique liée à l'épidémie du coronavirus. ©Pixabay

Si le secteur hospitalier souffre depuis le début de l’année de l’épidémie de coronavirus, il n’est pas le seul à être touché. La crise économique s’est définitivement jointe à la crise sanitaire. Pour y faire face, la Métropole de Lyon, adoptera ce lundi 16 novembre un ensemble de mesures d’urgences destinées à venir en aides aux personnes et entreprises les plus touchées par les mesures sanitaires actuelles. Zoom sur ces initiatives locales.

C’est une année noire pour de nombreux Lyonnais. Chômage, fin d’activités, endettement, perte de chiffres d’affaires, augmentation de la pauvreté… Outre le drame sanitaire, les conséquences économiques et sociales de l’épidémie du coronavirus sont déjà fortement ressenties. Au niveau de la Métropole de Lyon, de nouveaux aménagements sont prévus pour tenter de les minimiser alors que le confinement est actuellement décrété jusqu’au 1er décembre.

Présentées ce jeudi, ces mesures seront votées lundi 16 novembre. Tour d’horizon de ces actions économiques et sociales.

 

Exonération des loyers des commerces de proximité 

Le 28 octobre dernier, le gouvernement a décidé la mise en place d’un second confinement et avec cette mesure la fermeture de “commerces non-essentiels“. Bars, restaurants, boutiques et petits commerçants de divers horizons ont ainsi dû fermer leurs portes pour une durée encore incertaine… Voire définitivement pour certains d’entre eux, déjà fortement touchés par la crise sanitaire du coronavirus et le premier confinement.

Selon la Métropole, 6500 d’entre eux ont soufferts d’une baisse importante de leurs chiffres d’affaires. A l’échelle humaine, cela concerne ainsi plus de 30 000 emplois.

Face à la grogne de ces petites entreprises, la Métropole de Lyon promet la mise en place de plusieurs mesures, votées dès ce lundi 16 novembre. Parmi elles, l’exonération des loyers de novembre, pour les petits commerces de proximité actuellement contraints de fermer. Il ne s’agira donc pas de la prise en charge de leurs frais de location des lieux mais de l’annulation de ces dettes pour les mois de confinement. Les bailleurs se verront quant à eux exonérés de leurs charges fiscales pour les lieux concernés. Près de 400 commerces sont concernés.

Autres mesures : le soutien à la digitalisation des entreprises et la mise en place du dispositif “Click and collect“. Des subventions aux structures de management de centre-ville et des maisons relais sont également prévues.

Mais pour permettre une relance économique de ces entreprises, Bruno Bernard, président de la Métropole de Lyon, appelle à la solidarité collective. “Le soutien des commerces de proximité passe aussi par les achats dans les entreprises locales“, explique t-il.

Les acteurs du milieu culturel se verront également attribués des aides. Cela passera par le soutien de politiques culturelles et artistiques et par le financement participatif de diverses associations.

 

Un soutien aux personnes les plus précaires 

Précarité rime avec fragilité. Cela est aussi vrai sur le plan social que sanitaire. En effet, face à l’épidémie de Covid-19, les personnes les plus touchées sont souvent celles qui cumulent également l’isolement, la pauvreté et l’accès limité aux besoins d’hygiène et sanitaires. Les quartiers défavorisés sont par ailleurs, dans la région comme au niveau national, voire mondial, les épicentres de la crise.

 

Maintien des allocations pour les bénéficiaires du RSA 

La précarité ronge d’autant plus le territoire métropolitain depuis le début de cette sombre année 2020. L’ébranlement de nombreux secteurs entrainant la cessation de plusieurs activités a changé la vie d’un grand nombre de Lyonnais. Depuis janvier, le nombre de bénéficiaires du revenu de solidarité active (RSA) a ainsi augmenté de 9,5%. Cela représente ainsi 44 200 personnes indemnisées pour chômage pour le mois de septembre 2020.

Il s’agit d’une forte crise économique avec des facteurs très préoccupants, commente Bruno Bernard. Cette crise sanitaire sans précédent touche durement les personnes se trouvant déjà dans une situation de fragilité”.

Pour répondre à la hausse de la précarité, le RSA sera ainsi maintenu à taux intégral. Les revenus liés à une reprise d’activité dans les deux prochains mois ne seront quant à eux pas pris en compte dans le calcul des droits.

 

Mise à l’abri renforcée des personnes vulnérables

Une maraude devrait être déployée sur le territoire métropolitain pour accompagner les personnes actuellement sans domicile fixe. Informer, orienter et fournir des masques… Tels sont les objectifs de cette mesure destinée aux plus démunis. Un soutien aux associations sera également mis en place pour “mettre à l’abri 150 personnes isolées“, selon le président de la Métropole de Lyon. Parmi elles, des SDF mais également des femmes victimes de violences domestiques. Un budget de plus d’1 million d’euros devrait être alloué à ces opérations. Dans l’espoir qu’elles suffisent.

 

Soutien à l’équipement des services d’aide à domicile

Les associations ne sont pas les seules à souffrir d’un besoin en équipement. Les professionnels des secteurs du services d’aide et d’accompagnement à domicile (SAAD), notamment les aidants, doivent aussi y faire face. Les besoins sont estimés à 306 500 masques chirurgicaux et 2 500 litres de gel hydroalcoolique par mois. Soit une dépense d’environ 100 000 € par mois, désormais prise en charge par la Métropole.

 

Un soutien psychologique nécessaire

La situation sanitaire actuelle et en particulier le confinement, ont mis à mal la santé mentale de nombreux Métropolitains. Les difficultés financières ajoutent souvent un nouvel argument au mal-être psychologique. Une conséquence particulièrement grave chez les personnes vulnérables ou en situation de handicap. Pour tenter d’y faire face, une subvention (de 60 000€) sera ainsi versée à la Fondation ARHM (Action Recherche Handicap et Santé) qui propose un soutien psychologique d’urgence.

Les subventions sont prévues pour trois mois. Une durée qui devrait peut-être amenée à être allongée. Les conséquences de cette crise sanitaire sur la dégradation de la santé mentale des personnes devant encore perdurer selon les professionnels.

 

Aides aux associations venant en aide aux plus démunis

Nourrir, accompagner, soutenir… Si les associations épaulent depuis leur création les plus pauvres, elles ont rarement été aussi sollicitées que depuis cette crise sanitaire. Le fonctionnement de plusieurs d’entre elles reposant sur des dons, elles manquent souvent cruellement de moyens. Pour mener à bien des missions quotidiennes pourtant essentielles.

La Métropole souhaite leur attribuer une subvention exceptionnelle de fonctionnement pour les aider à faire face à l’urgence de la situation. Et répondre, notamment, aux besoins en termes de produits alimentaires, d’hygiène et d’accès au numérique.” Elle promet ainsi une subvention de 260 000 euros au total à six associations en particulier : Gaelis (Lyon 7), le Secours catholique, la Croix-Rouge (Vaulx-en-Velin), le Secours populaire, la Banque alimentaire et enfin les Restos du cœur.

Enfin, la création d’un outil collaboratif, initié par les associations, verra prochainement le jour. Une application permettant de faciliter l’accès aux soins et services aux personnes dans le besoin.

 

La Métropole demande une meilleure considération du gouvernement

Nous ne sommes pas prévenus à l’avance de la mise en place des mesures gouvernementales“, déplore le président de la Métropole de Lyon. S’il reconnaît la complexité de la situation actuelle, il revendique une meilleure communication. “On doit être capable de savoir les protocoles qui s’appliquent pour prendre les mesures. C’est dans ce contexte que nous préparons nos budgets. Les plans de relance sont d’abord faits par les collectivités. Et les mesures actuelles sont encore floues”, commente t-il.

Avec la présidence de la région Auvergne-Rhône-Alpes, les discussions ne sont pas non plus coordonnées. Alors que l’aire urbaine de Lyon concentre à elle seule 29 % de la population régionale. “J’espère que Laurent Wauquiez réunira les grandes métropoles régionales pour réfléchir à la mise en place des mesures. Cela n’a pour l moment pas été fait“, commente Bruno Bernard.

Une demande qui intervient alors que le Premier Ministre, Jean Castex, prendra la parole ce soir pour annoncer éventuellement de nouvelles mesures. Il y a toutefois peu de chance pour que ce second confinement, actuellement prévu jusqu’au 1er décembre soit déjà levé.

 

À SAVOIR

Le taux d’incidence du Covid-19 de la Métropole de Lyon stagne cette semaine à près de 900 cas / 100 000 habitants, selon les données de Santé Publique France.

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