Médecin préparant un vaccin contre la Covid-19.
Conséquence de l'annonce des mesures gouvernementales, lundi soir, des centaines de milliers de Français ont cherché à prendre rendez-vous pour se faire vacciner et, ainsi, conserver leur liberté de mouvement durant l'été. ©Freepik

Encore mesurée mais vraisemblablement inéluctable en raison de la progression du variant Delta, la reprise de l’épidémie semble se confirmer en Auvergne-Rhône-Alpes et plus particulièrement dans le Rhône et l’Ain. Le virus circule de plus en plus chez les jeunes et la perspective d’une hausse des hospitalisation se dessine pour le mois d’août. Des prévisions qui viennent conforter l’incitation à la vaccination à laquelle les mesures fortes annoncées lundi soir par Emmanuel Macron, entre obligation du vaccin pour les soignants, instauration du pass sanitaire et fin de la gratuité des tests PCR, entend donner un sérieux coup de fouet.

À Lyon comme en Auvergne-Rhône-Alpes, le calme, sur le front de l’épidémie de Covid-19, contraste avec la gravité des annonces du chef de l’État, lundi soir. Ce mardi 13 juillet, le taux d’incidence dans le Rhône reste très faible (36 cas pour 100 000 habitants, contre 37/100 000 en moyenne en France) et la pression hospitalière reste stable (134 personnes hospitalisées dans le département).

Lors de son allocution télévisée, Emmanuel Macron a fixé à 200/100 000 le seuil de taux d’incidence susceptible de déclencher de nouvelles mesures de restrictions sanitaires. La région en est encore loin, même si certains indicateurs viennent déjà confirmer la réalité de la menace d’une quatrième vague. Le nombre de contaminations repart en effet à la hausse dans plusieurs départements, dont le Rhône et l’Ain. Cette augmentation est surtout manifeste chez les jeunes : le taux d’incidence, chez les 20-39 ans, est ainsi passé de 33/100 000 au début du mois à 71/100 000 aujourd’hui.

 

Covid-19 : le variant Delta ”trois fois plus contagieux”

Pas de vacances pour le Covid !
Pas de vacances pour le Covid-19 : cet été, les Français devront composer avec le rebond de l’épidémie lié à la propagation du variant Delta. Et se faire vacciner, s’ils veulent voyager et entrer dans les lieux publics… ©Freepik

En cause ? Une vigilance moindre et des gestes barrières moins respectés combinés à une montée en puissance du variant Delta, “trois plus contagieux” selon le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal. Il représente aujourd’hui 65% des contaminations dans le Rhône, et ces proportions inquiètent les autorités médicales, aujourd’hui plus à même d’anticiper les évolutions de l’épidémie au regard des vagues précédentes et, aussi, de la situation de pays voisins comme la Grand-Bretagne, avec laquelle la France a un petit mois de décalage et dont certains hôpitaux déprogramment déjà des activités non essentielles. Olivier Véran, le ministre de la Santé, a chiffré ces craintes à près de 20 000 cas quotidiens en France au début du mois d’août.

Alors qu’elle marquait clairement le pas depuis plusieurs semaines, la course à la vaccination contre la Covid-19 reprend de plus belle et s’affirme, en ces temps de relâchement estival, comme l’unique rempart à l’engorgement des hôpitaux. “Le vaccin divise par 12 le pouvoir de contamination (du virus) et diminue de 95 % les formes gravesC’est une nouvelle course de vitesse qui est engagée. Vacciner un maximum de personnes, partout, à tout moment”, a rappelé Emmanuel Macron lors de son allocution télévisée.

 

C’est la ruée vers les centres de vaccination

Obligation vaccinale pour les soignants, instauration du pass sanitaire, fin de la gratuité des tests PCR et antigéniques sans ordonnance en octobre… Particulièrement incitatives, les mesures annoncées par le président de la République ont entraîné un record d’inscriptions en centres de vaccination, dès lundi soir, avec 900 000 rendez-vous pris sur Doctolib, pour plus de 7 millions de connexions. 3,4 millions de visites ont également été recensées sur le site ViteMaDose.

Emmanuel Macron décrit l'élargissement du pass sanitaire.
Emmanuel Macron lors de son allocution, lundi 12 juillet.

L’obligation du pass sanitaire à compter du 21 juillet pour fréquenter les lieux de loisirs et de culture (musées, cinémas, parcs d’attraction, etc.) a très certainement favorisé ce raz-de-marée. Le délai entre les deux doses (trois semaines minimum) a en effet très certainement jeté le froid sur les vacances de nombreux Français.

Et ce d’autant que l’obligation sera étendue début août aux restaurants, bars, maisons de retraites, hôpitaux et centres commerciaux, mais aussi aux principaux mode de transport (train, bus, avion).

Les sites de vaccination anti Covid-19 (vaccinodromes, centres permanents, médecins généralistes, pharmaciens) seront-ils capable d’absorber cette demande soudaine et massive ? L’Agence Régionale de Santé a rappelé dès le 30 juin que la plupart des centres de vaccination d’Auvergne-Rhône-Alpes resteraient en activité tout l’été. Soit 150 centres (liste à retrouver sur sante.fr), sur les 172 que compte la région.

Comme l’a confirmé Emmanuel Macron, l’épidémie est loin d’être terminée et l’été ne sera pas synonyme de break. Alors que le couvre-feu a été réinstauré en Martinique et à la Réunion, certains départements métropolitains sont déjà dans le viseur. Aucun ne se situe en Auvergne-Rhône-Alpes, pour l’instant.

 

À SAVOIR

Au 11 juillet, 35,5 millions de Français ont reçu une première dose du vaccin (53% de la population) et 26,8 deux doses (40%). 4 215 475 habitants d’Auvergne-Rhône-Alpes (52,5%) avaient reçu une première injection du vaccin, et 3 253 600 (40,5%) les deux injections, selon santé Publique France.

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