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Suite au cas de coronavirus en Italie, la demande grandissante de masques de type FFP2 a fait naître une importante pénurie dans les pharmacies françaises. ©freepik

Face à la menace grandissante d’une propagation de l’épidémie de coronavirus, les masques de protection s’arrachent dans les pharmacies. La plupart des officines de la région sont d’ores et déjà en rupture de stocks.

Le coronavirus, qui a déjà sévi en février en Auvergne-Rhône-Alpes, est revenu aux portes de la région. Sept personnes sont en effet décédées de l’épidémie en Italie et des cas suspects, à l’image du bus italien consigné lundi en gare de Lyon-Perrache, sont régulièrement signalés de ce côté-ci des Alpes.

Alors que l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) invite le monde à se préparer à une pandémie, l’inquiétude grandit au sein de la population. Nombreux sont ceux qui cherchent le moyen de se protéger. Première conséquence? Une ruée sur les masques FFP2, les plus efficaces contre l’infection. Et donc la naissance d’une importante pénurie dans la plupart des régions de France, y compris en Auvergne-Rhône-Alpes. 

 

Une “bataille de tous les jours” dans les pharmacies 

Les pharmacies de la région doivent ainsi faire face à une recrudescence de demandes de ces modèles, de plus en plus difficiles à honorer. « Les masques de type FFP2 peuvent être efficaces en prévention du virus, rappelle Didier Vieilly, le président du syndicat des pharmaciens du Rhône. Encore faut-il réussir à les trouver ! Il y a une pénurie depuis plus d’un mois et on ne sait pas si elle va être comblée. Nous n’arrivons pas à en avoir au niveau des fournisseurs ».

Même son de cloche du côté de la Grande Pharmacie Lyonnaise, au coeur de la Presqu’Île : « nous en avons vendus jusqu’à 600 en 24 heures », témoigne Thibault Garel, son responsable du matériel médical. « Cela fait près d’un mois qu’on “survivait“ tant bien que mal, mais nous n’en avons plus du tout depuis lundi. C’est une bataille de tous les jours avec nos fournisseurs. Nous avons fait ce que nous avons pu pour répondre à la demande, mais les fabricants contingentent les pharmacies et nous n’avons pas plus de stocks que les autres ».

 

Pénuries de masques : le grand rush du lundi 24 février

La journée du lundi 24 février a en effet été marquée par une hausse de demandes. « On a effectivement atteint un pic des demandes de masques avec l’arrivée du bus en provenance d’Italie à Lyon et la suspicion de coronavirus », confirme Alexis, de la Pharmacie des Halles, à Lyon. « En tout, une quarantaine de personnes sont venues acheter les masques de type FFP2 pour la seule journée d’hier (lundi, NDLR) alors que depuis le début de l’épidémie en Chine, nous étions plutôt à cinq ou six demandes par jour. Aujourd’hui, on fait face à une pénurie, nous n’en avons plus un seul. Une commande a été passée mais nous ne savons pas encore si nous allons en recevoir. » 

Les pharmaciens d’Auvergne-Rhône-Alpes déplorent cette rupture de stock depuis plusieurs semaines. Le ministre de la Santé, Olivier Véran, a annoncé dimanche soir la commande de plusieurs millions de masques. Mais quand seront-ils réellement disponibles dans les pharmacies? « Nous en attendons pour la semaine prochaine », indique Thibault Garel, qui voit la menace de la pénurie se propager à d’autres articles : gels hydroalcooliques, thermomètres…

Les hôpitaux, à l’image de celui de la Croix-Rousse à Lyon, se tiendraient toutefois prêts à une éventuelle épidémie. « Nous disposons de stocks stratégiques à la fois dans les hôpitaux, dans un certain nombre de cabinets libéraux et dans les services de l’État » a par ailleurs rassuré le ministre de la Santé. 

 

Masques FFP2 ou chirurgical : quelle différence ? 

Le masque chirurgical est devenu le symbole de cette pneumonie virale. Inefficaces en terme de prévention, ces masques sont portés par les personnes contaminées. Ils sont considérés à tort comme un moyen de prévention. « Les gens ne font pas de différence entre les masques, alors que ceux en papier ne protègent en aucun cas du virus. Ils sont destinés aux personnes malades pour éviter les projections et donc la contagion », explique Didier Vieilly, président du syndicat des pharmaciens du Rhône.

Pour tenter de se prémunir du coronavirus, ce sont les masques de type FFP2 qui sont brigués dans plusieurs pharmacies. Ils se composent en effet d’un dispositif de filtration. Le ministre de la Santé le rappelle toutefois : « ces masques [de type FFP2] sont des équipements de protection individuels destinés aux professionnels amenés à être en contact étroit avec un malade confirmé : l’ensemble des soignants, les pompiers, les ambulanciers ». 

 

À SAVOIR

Mise à part le port éventuel du masque de type FFP2, d’autres gestes de prévention peuvent permettre de se prémunir du coronavirus ainsi que des autres virus touchant les voies aériennes tels que la grippe :

– Se laver les mains de façon régulière.

– Éviter les lieux publics et les rassemblements en particulier pour les personnes fragiles (enfants, personnes âgées, malades, femmes enceintes…).

– Limiter les voyages dans les pays et zones concernés par l’épidémie si cela n’est pas nécessaire.

– Se tenir informé des recommandations sanitaires en vigueur et de la situation sur le territoire. 

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