Cas contact, la plateforme de contact tracing du Rhône, à Villeurbanne
Les "anges gardiens" de la plateforme de contact racing du Rhône en plein travail, à Villeurbanne ©P.Auclair

Maillon essentiel dans la stratégie de lutte contre l’épidémie de coronavirus, la plateforme de contact tracing du Rhône, à Villeurbanne, tourne désormais à plein régime. Après un mois d’octobre très éprouvant, les 350 « anges gardiens » constatent aujourd’hui un léger recul du nombre de cas positifs et de cas contact. Une embellie à confirmer.

 

Tester. Alerter. Protéger. La stratégie engagée par le gouvernement pour combattre l’épidémie de coronavirus passe par un dépistage précoce. Mais aussi par la nécessité absolue de casser les chaînes de contamination. Dans ce dispositif, la plateforme de contact tracing créée au printemps au siège de la CPAM du Rhône, à Villeurbanne, joue un rôle primordial.

Son rôle ? Contacter rapidement les personnes positives et réaliser un travail d’enquête pour mettre à l’isolement tous les « cas contacts » et les inviter à se faire tester. Une mission dévolue aux « anges gardiens » de l’Assurance Maladie.

Au lancement de la plateforme, le 13 mai dernier, ils étaient ainsi 220 agents à se relayer, 7 jours/7, de 8h30 à 19 heures. Après le premier confinement, il n’en reste plus qu’une vingtaine pour gérer les rares cas signalés.

Mais, depuis la seconde vague et la progression exponentielle de l’épidémie, cette brigade de choc n’a cessé de s’étoffer. « On a senti un frémissement fin juillet. Et à partir du mois d’août, la machine s’est emballée. Il a fallu recruter 130 CDD pour renforcer les effectifs et aider les salariés de la caisse », explique Maxime Beltier, responsable de la plateforme de contact tracing de la CPAM du Rhône.

 

Sur la plateforme de contact tracing, jusqu’à 5 000 cas contacts traités par jour

Maxime Beltier patron contact tracing CPAM du rhone
Maxime Beltier, responsable de la plateforme de contact tracing du Rhône ©P.Auclair

Une montée en charge indispensable face à la puissance de la seconde vague. Au plus fort de l’épidémie, les « anges gardiens » rhodaniens ont dû gérer jusqu’à 8 000 fiches par jours, dont plus de 3 000 cas zéro (contamination avérée). « En octobre, on a vécu trois semaines vraiment très dures. Depuis quelques jours, on constate un ralentissement avec, en moyenne, 2 500 cas zéro traités chaque jour. On espère que ce n’est pas qu’un répit. Que l’effet du couvre-feu puis du reconfinement se fait enfin sentir. Si c’est le cas, on devrait arriver mi-décembre à un plateau résiduel, comme au début de l’été. Mais il est trop tôt pour savoir si on a atteint ce pic », confie Maxime Beltier.

Autre constat plutôt rassurant, le nombre de cas contacts est aussi en baisse. Aujourd’hui, en moyenne, chaque personne contaminée génère 2 cas contacts, contre 3 à 4 cet été. Là aussi, une indication sur le bon respect des gestes barrières et des mesures de distanciation.

 

Informer les cas contacts dans la journée

Cette baisse relative du nombre de dossiers à traiter quotidiennement permet aux équipes de Maxime Beltier d’être « à jour ». Autrement dit, les agents de la CPAM peuvent gérer dans la journée tous les nouveaux cas zéro et leurs cas contacts. Ou le lendemain si l’information leur parvient dans l’après-midi. Ce qui n’était plus possible fin octobre. « La priorité, c’est de réagir vite, de réduire les délais pour informer et protéger avec des mesures d’isolement. C’est une course contre la montre permanente ».

Un défi parfois difficile à relever. « Un jour, il a fallu gérer un cas zéro qui avait signalé 54 cas contacts ! Le futur jeune marié avait fait deux enterrements de vie de garçon et un repas de famille. Heureusement, peu avaient été contaminés », se souvient Maxime Beltier.

 

Contact tracing, par SMS, par mail et par téléphone

Dans tous les cas, le protocole reste le même. Une fois informés, les « anges gardiens » de l’Assurance Maladie mettent tout en œuvre pour donner leurs consignes et rappeler les mesures de précaution. Chaque cas zéro peut ainsi être appelé 5 fois par jour. S’il ne répond pas, il reçoit aussi des SMS lui demandant de rappeler d’urgence la plateforme. « Malgré tout, environ 10% des personnes contaminées ne répondent pas. C’est un problème… », regrette Maxime Beltier.

« En moyenne, on passe environ 15 minutes par cas zéro au téléphone. En principe, il a listé au préalable, sur le site « briser la chaîne », toutes les personnes rencontrées récemment. Il faut ensuite valider avec lui cette liste en identifiant les véritables cas contacts (1) ».

 

Une priorité, rompre la chaîne de contamination

Une fois ce travail d’enquête bouclé, les cas contacts confirmés reçoivent jusqu’à 4 SMS et 2 mails pour les inviter à s’isoler et à aller faire un test PCR dans les 7 jours. Un protocole désormais bien rodé qui semble faire ses preuves. « Le tracing reste la meilleure réponse freiner l’épidémie et rompre les chaînes de contamination », conclut Maxime Beltier. Et le patron de la plateforme de Villeurbanne d’insister sur la responsabilisation de chacun.

 

(1) Pour être considéré comme « cas contact », il faut avoir côtoyé le « cas zéro » à moins d’un mètre et sans mesure de protection.

 

A SAVOIR

En cas de test positif, les laboratoires, les médecins, les pharmaciens et les infirmiers libéraux ont le devoir d’informer dans les plus brefs délais la plateforme de contact tracing de l’assurance maladie via une application dédiée. Seuls les clusters importants dans les EHPAD, les établissements de santé, le milieu scolaire et universitaire, les crèches, les structures collectives d’hébergement etc…sont gérés directement par l’Agence Régionale de Santé (ARS) d’Auvergne-Rhône-Alpes.

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