coronavirus taux incidence en France
Auvergne-Rhône-Alpes, plus que jamais au cœur de l'épidémie de coronavirus avec un taux d'incidence en forte hausse ©GEODES

Auvergne-Rhône-Alpes est désormais la région de France la plus impactée par le coronavirus. De Lyon à Saint-Etienne, de Grenoble à Clermont, la deuxième vague de Covid-19 provoque un véritable raz-de-marée dans les hôpitaux auverhonalpins. Ceux-ci peinent à répondre à la demande de soins et font appel aux transferts de patients pour désengorger les services. Sur la seule journée d’hier, 453 malades ont été admis dans les hôpitaux régionaux pour coronavirus. Dont 178 dans le Rhône. Des chiffres encore jamais atteints depuis le déconfinement. Preuve de la gravité de la situation, les médecins de la région Auvergne Rhône-Alpes lancent un appel solennel à la population.

De Lyon à Saint-Etienne, la crise sanitaire liée à la Covid-19 s’accélère en Auvergne-Rhône-Alpes. Désormais, la région de France la plus touchée par l’épidémie avec un taux d’incidence de 381 cas/100 000 habitants. Alors que la moyenne se situe à 234 cas/100 000 habitants (voir carte ci-dessus). Ce taux d’incidence atteint même 664 cas/100 000 habitants dans la Loire. Un triste record dans l’Hexagone.

À ce jour, plus de 2 000 patients sont hospitalisés dans les douze départements de la région, victimes du coronavirus. Pour rappel, l’alerte maximale a été enclenchée dans les villes de Lyon, de Grenoble et de Saint-Etienneun couvre-feu a été imposé. Sous tension, les hôpitaux redoutent une saturation à court terme. Pour tenter de la ralentir, la déprogrammation d’interventions non-urgentes s’enchaîne depuis ce début de semaine. Avec une priorité : casser la courbe de progression épidémique. 

 

Des chiffres toujours en large hausse

La pression hospitalière s’aggrave dangereusement ces deniers jours dans la région. Au point que les données récentes laissent augurer un retour à une situation identique au début du printemps dernier. En seulement dix jours, les hôpitaux ont en effet enregistré une hausse de la demande de soins totale de plus de 84%. Le nombre d’admissions en réanimation progresse également de près de 60%. Santé publique France note ainsi “la plus importante augmentation des indicateurs épidémiologiques de la COVID-19 depuis le déconfinement“.

Chaque semaine, environ 20 000 nouveaux cas sont détectés en Auvergne-Rhône-Alpes. Sur la seule journée de mardi, 453 hospitalisations ont été enregistrées sur les douze départements de la région, dont 178 dans le Rhône. Conséquence : 53 malades admis en réanimation, dont 16 dans le Rhône.

Autre source d’inquiétude, selon les données de Santé Publique France, le nombre de clusters de “criticité élevée” ne cesse de croître. Actuellement, 122 sont en cours de suivi dans la région, dont 42 en Ehpad. Si tous les départements sont en niveau de vulnérabilité élevée, certains départements sont le plus durement touchés.

Une augmentation de cas fulgurante dans le Rhône

C’est notamment le cas dans le Rhône, 2000 nouveaux cas de Covid-19 ayant été enregistrés en seulement 24h. Ce mardi 20 octobre, les seuls Hospices Civils de Lyon comptabilisaient dans leurs établissements 345 patients atteints par le coronavirus. Dans les services de réanimation occupés à plus de 94%, près de la moitié le sont par des patients de Covid-19.

Mais la Loire affiche également des chiffres alarmants. Avec un taux de positivité de près de 20% pour les Ligériens testés. La Haute-Loire et l’Isère sont également fortement impactés.

 

Les interventions traitées par ordre de priorité

Alors que la situation dans les hôpitaux empire de jour en jour, la saturation semble inévitable à court terme. À ce jour, 671 lits de réanimation sont ouverts dans la région. Contre 559 habituellement. Dans l’hypothèse d’une aggravation de la situation, il sera possible d’ouvrir jusqu’à 1 300 lits en cas de déprogrammation complète des activités pour traiter les urgences Covid-19.

Autre chiffre inquiétant, près de 90% des lits hospitaliers sont déjà occupés. Plus d’un tiers par des patients atteints de Covid-19. Face à l’ampleur de la situation, l’ARS a donné pour consigne “la déprogrammation de toutes les activités opératoires et interventionnelles non urgentes et sans préjudice de perte de chance avérée à court terme pour les patients”.

Depuis lundi, les départements concernés sont la Loire, le Rhône et l’Isère, où le nombre de cas explose. Une consigne de déprogrammation aussi appliquée à partir de ce mercredi dans l’Ain et la Savoie. 

 

Eviter une saturation des services hospitaliers

L’objectif : anticiper une saturation des lits alors que le nombre de cas dépasse chaque jour le seuil de la veille. Les patients de Covid-19 se présentant aux portes des hôpitaux ne cessent d’augmenter. Comme le nombre de dépistages quotidiens. Ainsi, le Rhône et de La Loire comptent parmi les cinq départements présentent les plus forts taux de dépistage (plus de 2000 pour 100 000 habitants). 

Pour tenter de contrôler l’afflux de cas, des transferts sont désormais réalisés entre les établissements hospitaliers de la région. Depuis la mi-octobre, 14 transferts ont eu lieu dont 4 provenant des HC à destination du CHU de Chambéry, en Savoie.

 

Les médecins lancent un appel solennel à la population

Surmenés depuis le début de l’année, les professionnels de santé continuent à se mobiliser sur le terrain. Face à une crise sanitaire qui ne cesse de s’amplifier, les médecins Auverhônalpins changent de ton. Désormais, ils s’adressent directement à la population à travers un appel solennel. L’initiative vient du Professeur Olivier CLARIS, Président de la Commission médicale d’établissement des Hospices Civils de Lyon. Une sommité sont l’action a déjà été soutenue par une douzaine de médecins de la région. Son appel communiqué intitulé Appel à nos concitoyens : nous avons besoin d’union nationale” prend la forme d’une pétition.

Un texte dans lequel les professionnels de santé alertent sur la gravité de la situation sanitaire actuelle. Ils appellent avant tout à une cohésion et une union de la population française. “Malgré la lourdeur de certaines contraintes, qui s’imposeront encore à nous durant des mois, nous avons besoin de votre mobilisation pour protéger les plus fragiles d’entre nous et éviter à d’autres milliers de familles la douleur de la maladie ou du deuil“, lance les praticiens de la région lyonnaise dans cet appel désespéré.

Les professionnels de santé souhaitant soutenir cette initiative peuvent le faire à travers ce lien.

 

A SAVOIR

Les gestes barrières sont les premiers moyens de lutte contre le Covid-19. Continuons à les appliquer :
Aérer régulièrement les lieux clos – Se laver les mains régulièrement – Porter le masque en présence d’autres personnes – Tousser et éternuer dans son coude et utiliser des mouchoirs à usage unique – Éviter tous contact direct avec les autres personnes – Se faire dépister en cas de suspicion – Éviter les réunions de plus de 6 personnes – Respecter les mesures sanitaires en vigueur 

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