Bruno Lina, infectiologue et virologue au CHU de Lyon
Le virologue et infectiologue lyonnais Bruno Lina a indiqué ce mardi matin sur BFMTV une résurgence très probable du virus à l'automne. ©FMI

L’épidémie de coronavirus peut-elle repartir de plus belle en Auvergne-Rhône-Alpes ? Selon Bruno Lina, virologue à Lyon, les perspectives d’une seconde vague sont faibles. Mais une résurgence du virus à l’automne ou dans l’hiver est en revanche probable. En attendant, ce spectre de “seconde vague” continue de planer en raison des nouvelles contaminations enregistrées en Chine, en Iran ou encore en Corée du Sud, autant de pays à nouveau confrontés au virus.

L’épidémie de Covid-19 semble sur le point de s’achever en France et en Europe. Un leurre? Alors que les frontières rouvrent, que les écoles et collèges accueillent à nouveau tous les élèves depuis le 22 juin, que le nombre de cas diminue jour après jour, la situation dans le monde montre qu’il est sans doute encore un peu tôt pour se réjouir.

Si le coronavirus recule en Europe, plusieurs régions du monde sont actuellement touchées de plein fouet par l’épidémie. C’est le cas des États-Unis, qui peine à s’extirper de la crise sanitaire, mais surtout de plusieurs pays d’Amérique du Sud. L’épidémie fait des ravages au Brésil, pas qui concentre plus de la moitié des décès du continent avec 43 959 morts. Le Mexique, avec 17 141 décès, et le Chili, qui vient de prolonger de trois mois l’état d’urgence, sont également dans le dur. Certains territoires français d’outre-mer, comme la Guyane ou Mayotte, font toujours face à une situation délicate.

 

Un rebond du Covid-19 en Asie

Mais c’est surtout du côté de la Chine que les regards se portent désormais. Le foyer originel de l’épidémie semblait s’être bel et bien débarrassé du Covid-19. Mais de nouveaux cas sont réapparus ces derniers jours dans la capitale, Pékin. Les autorités civiles de la ville avaient fait part de leur inquiétude dès le 15 juin, mentionnant une situation ”extrêmement grave”.

Des dispositions ont immédiatement été prises pour endiguer ce qui pourrait correspondre à une deuxième vague. Cinq marchés ont été fermés, et plusieurs quartiers placés en quarantaine. Les sites sportifs et culturels, qui venaient de rouvrir, ont refermés leurs portes. Les voyageurs venant de Pékin ont été également placés en isolement, dans plusieurs villes du pays. Plusieurs cas ont aussi été signalés dans les provinces du Hubei et du Sichuan.

La Corée du Sud aussi a fait face à de nouvelles contaminations. Les autorités sanitaires du pays, même si le nombre de cas reste limité, ont clairement indiqué faire face à “une seconde vague”, bien plus tôt que prévu. L’Iran, mais aussi l’Inde, voient également leurs chiffres de contamination repartir à la hausse.

 

Bruno Lina : “il faut être prêt quand le virus réapparaîtra”

Cette résurgence du coronavirus là où tout a commencé signifie-t-elle le début d’une deuxième vague en Auvergne-Rhône-Alpes ? Il est encore évidemment trop tôt pour le dire. Interrogé ce mardi matin sur BFMTV, Bruno Lina, infectiologue et virologue au CHU de Lyon, a écarté cette possibilité à court terme. “En général ces virus font le tour de la planète, puis se calent sur une saisonnalité. Il est possible que le virus réapparaisse au moment de l’automne et de l’hiver”.

Une perspective qui laisse au pays quelques mois de répit. “On s’est plaint de ne pas avoir été assez prêts pour absorber la première vague épidémique. Notre message est de dire : attention, nous avons plusieurs mois pour nous préparer. Il faut être prêt lorsque le virus réapparaîtra”, assène Bruno Lina.

Cette éventualité, à l’heure où le pays semble se relâcher. renforce la nécessité de continuer à respecter les gestes barrières pour éviter le retour de l’épidémie. Et un autre confinement? “C’est tout l’enjeu de bien se préparer”, confirme le virologue lyonnais. “On sera sans doute contraints à la marge d’apporter un certain nombre de mesures restrictives”, sans aller jusqu’au huis-clos imposé entre mars et mai.

 

À SAVOIR

On estime à un million le nombre de nouvelles infections ces derniers jours à travers la planète. Ce qui porte le nombre global de contamination à 8 millions de cas, pour 435 176 décès. En France, où 29 décès ont toutefois été recensés lundi 15 juin, l’épidémie est au ralenti. Le bilan s’établit à 29436 morts, pour un total de 103 442 hospitalisations. 10 572 personnes sont toujours suivies à l’hôpital, dont 846 en réanimation pour forme grave du Covid-19.

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