L’affluence pour des téléconsultations a fortement augmenté depuis le confinement.
L’affluence pour des téléconsultations a fortement augmenté depuis le confinement. ©Pixabay

Face aux restrictions sanitaires, la médecine reste une priorité fondamentale. Mais pour se soigner, mieux vaut ne pas prendre de risques ! Téléconsultation, téléexpertise et télésurveillance sont les meilleurs atouts du moment. Mais comment cela fonctionne-t-il ? À quel prix ? Retour sur le boom de la téléconsultation dans l’émission Votre Santé sur BFM Lyon au côté de Rémy Perret, chef de projet téléconsultation pour GCS SARA.

Depuis le début de l’épidémie, le mot d’ordre est de limiter les déplacements autant que faire se peut. Ainsi, la médecine a revu son fonctionnement et décidé de s’inscrire dans la modernité avec l’ouverture de plateformes de téléconsultation. Leur but ? Permettre de suivre le bon déroulement de ses consultations médicales, mais à distance !

En effet, entre contact tracing et brassage épidémiologique, la téléconsultation propose d’étendre les services de santé au domicile de chacun. Toux, fièvre, fatigue, ordonnances… Désormais, un simple rendez-vous en live et sur votre téléphone ou ordinateur est nécessaire afin d’obtenir une expertise médicale. Le point sur ces nouvelles téléconsultations avec Rémy Perret, chef de projet téléconsultation pour la plate-forme régionale GCS SARA, au côté d’Elodie Poyade et Pascal Auclair dans l’émission Votre Santé sur BFM Lyon.

 

Coronavirus et téléconsultation, une forte affluence

Elodie Poyade : L’épidémie de Covid a-t-elle fait exploser la demande en téléconsultation ?

Rémy Perret : C’est certain. Sur notre plateforme, on relevait une centaine de téléconsultation par mois en février 2020. Pour plus de 110 000 téléconsultations en avril 2020. Le confinement a donc provoqué une véritable affluence autour des téléconsultations.

 

Pascal Auclair : Le profil des appelants a-t-il évolué au fil de l’épidémie ?

Rémy Perret : En ce moment, les malades de la Covid-19 sont typiquement les appelants pour une téléconsultation. Et ce, notamment du fait d’un bon diagnostic en téléconsultation. Cependant, n’importe quel patient pour n’importe quelle pathologie peut faire une téléconsultation. Avec des médecins, psychologues, kinésithérapeute… Celles-ci sont ouvertes et remboursées pour tous. Toutefois, c’est au médecin de décider d’une téléconsultation et non au patient.

 

Elodie Poyade : Les patients ne décident donc pas de la mise en place d’une téléconsultation ?

Rémy Perret : Notre plateforme part du principe que c’est au médecin de décider de la pertinence d’une téléconsultation. Bien évidemment en accord avec le patient. Ce dernier peut suggérer cette idée mais la décision revient au médecin.

 

« 7 000 médecins se sont mis à la téléconsultation »

Elodie Poyade : Quelle est la part des médecins qui téléconsultent aujourd’hui ?

Rémy Perret : Sur notre plateforme, 40 000 professionnels de santé utilisent notre logiciel principal. Sur ces derniers, 7 000 se sont mis à la téléconsultation. Qu’elle que soit le type de profession de santé et la pathologie traitée. Médecin, kinésithérapeute, psychologue…

Néanmoins, durant ce confinement, beaucoup de médecins ont téléconsulté. En cas de cabinet fermé, par mesure de cas contact, de personne à risque… Ainsi, depuis ce mois de mars, certains médecins téléconsultent à 100 %.

 

Pascal Auclair : Quelles différences entre téléconsultation, téléexpertise et télésurveillance ?

Rémy Perret sur BFM Lyon, dans l’émission Votre Santé.

Rémy Perret : Le terme de télémédecine englobe ces trois volets. La téléconsultation correspond à un échange entre professionnel et patient. En revanche, la téléexpertise renvoie à une discussion entre professionnels de santé. Par exemple, un médecin généraliste peut poser une question à un oncologue au sujet d’une compétence précise sur le cancer. Enfin, la télésurveillance consiste simplement avoir sur soi des objets générateurs de données. Ces dernières sont envoyées à un médecin qui peut de ce fait surveiller l’état du patient, notamment en cas d’alerte. Comme un diabète qui dépasse un taux habituel.

 

Téléconsulter, mode d’emploi

Elodie Poyade : Quelles sont les procédures d’accès à la téléconsultation ?

Rémy Perret : Deux méthodes sont possibles. Soit le médecin traitant est directement contacté, soit un médecin de plateforme répond à une demande de rendez-vous en ligne sur le site. Le médecin traitant peut d’ailleurs renvoyer la personne vers un de ses confrères pratiquant la téléconsultation. Toutefois, la planification d’une téléconsultation se fait par le médecin qui enverra dès lors un lien par sms ou email au patient. Ce lien permettra d’accéder à la téléconsultation le jour J.

 

Elodie Poyade : Pour quels symptômes la téléconsultation n’est-elle pas possible ?

Rémy Perret : La téléconsultation est inefficace pour toutes les opérations nécessitant un traitement par exemple.

 

Pascal Auclair : Et pour un mal de dents ? Une carie ?

Rémy Perret : Il faudrait pouvoir pointer la caméra au fond de la bouche. Or, la faisabilité est complexe. Ainsi, il faut tenir compte des limites jugées par le médecin. Il n’y a donc pas de règle générale, mais une méthode du cas par cas.

 

Pascal Auclair : La téléconsultation est-elle remboursée par l’Assurance Maladie ?

Rémy Perret : La téléconsultation est remboursée de la même manière qu’une consultation classique. Il s’agit des mêmes règles appliquées. La part payante en consultation classique le sera donc aussi en téléconsultation.

 

La téléconsultation face à la consultation classique

Elodie Poyade : Certains praticiens sont-ils encore réticents à cette télémédecine ?

Rémy Perret : Certains médecins restent en effet réticents à la télémédecine. Le facteur de génération et d’habitudes intervient. D’autant plus qu’en téléconsultation, le professionnel acquière rapidement un retour sur expérimentation. Soit cela marche, soit cela ne marche pas. Ainsi, certains peuvent se décourager au bout d’une ou deux téléconsultations. À cause d’un mauvais réseau, d’un patient absent…

Toutefois, les réticences sont entendables à mon avis. Seul un an et demi de recul permet d’envisager cette solution. Dès lors, on peut imaginer que dans quelques années la pratique sera répandue de manière importante. D’ailleurs, la différence avant-après Covid est assez flagrante.

 

Elodie Poyade : La relation médecin-patient reste-t-elle inchangée avec l’écran interposé ?

Rémy Perret : En aucun cas la téléconsultation ne doit remplacer la médecine classique. On ne peut pas téléconsulter pour tout. Ainsi, la règle de base concerne la faisabilité. Notamment le besoin de toucher ou non le patient afin de pouvoir faire un diagnostic précis. Dès lors, la téléconsultation s’applique dans les cas où le simple fait de parler, d’éventuellement voir les mimiques du patient, suffit.

 

Elodie Poyade : La télémédecine peut-elle pallier aux déserts médicaux ?

Rémy Perret : Pour un patient habitant au fond de l’Auvergne ou de la Haute-Savoie et devant voir un spécialiste loin de chez lui, c’est la solution médicale. Encore une fois, la téléconsultation est un plus, tant qu’aucun diagnostic par palpations n’est à réaliser.

 

Téléconsulter à l’ère du numérique : entre appréhension et évolution

Pascal Auclair : Quel message face à la réticence et l’appréhension d’une téléconsultation ?

Rémy Perret : Il faut savoir que les données sont confidentielles sur notre plateforme publique. Ces dernières sont hébergées sur des serveurs sécurisés. Il n’y a donc pas de problèmes de fuite de données. Sachant que lorsque l’on est malade, sans possibilité de se déplacer chez son médecin, la téléconsultation est toujours un mieux.

 

Pascal Auclair : Quelles sont les prochaines étapes à engranger à l’ère du numérique ?

Rémy Perret : Le premier volet sera celui des objets connectés. On dirigera probablement de plus en plus de données vers les médecins. En cas de télésurveillance particulièrement. De même, la prochaine révolution sera certainement celle de la bi-data. Il s’agit de calculs poussés en informatique permettant la prédiction de traitements voire de maladies. Notamment en cancérologie. Une ère de l’évolution numérique prometteuse…

 

Pour voir l’émission Votre Santé du 12 novembre en replay sur BFM Lyon.

 

 

À SAVOIR

Les Hospices Civils de Lyon ont collaboré avec GCS SARA afin d’ouvrir une plateforme numérique de téléconsultation. Objectif ? Faciliter l’échange, la prise de rendez-vous et le suivi de patients. D’autres hôpitaux se sont engagés dans cette démarche. Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site de Ma Santé Connectée.

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