La santé dentaire des chiens et des chats, un sujet essentiel.
Prendre soin de la santé dentaire de son animal est impératif, sous peine de le confronter à des pathologies potentiellement douloureuses. ©Adobestock

Comme nous, les animaux domestiques peuvent souffrir de pathologies dentaires, et ce, dès leur plus jeune âge. Une prise en charge spécifique est alors nécessaire, comme nous l’explique le Dr Marinkov, vétérinaire à Charbonnières-les-bains.

À partir de quel âge faut-il se soucier de la santé dentaire de son chat ou de son chien?

Dr Marinkov : Il n’y a pas vraiment d’âge pour se soucier de la santé dentaire des carnivores domestiques. En effet, certains problèmes commencent déjà avec l’éclosion des dents de lait ou lors de leur remplacement par les dents permanentes (vers l’âge de 4 mois). Il n’est pas exceptionnel de devoir poser un appareil dentaire ou d’extraire certaines dents pour éviter les malocclusions ou les malpositions gênantes des dents. Un peu comme pour nos ados avec leurs appareillages ou lorsqu’ils rencontrent des soucis liés aux dents de sagesse ! C’est aussi à cet âge que les jeux et les sollicitations de la bouche augmentent en intensité. Mais les dents ne sont pas suffisamment solides, ce qui augmente le risque de fractures dentaires.

Comme pour nous les humains, certains individus auront besoin de soins dentaires dès leur jeune âge et d’autres beaucoup plus tard, voire presque jamais. La prédisposition individuelle, familiale ou raciale avec l’influence génétique jouent un rôle majeur. Certains patients auront donc besoin de détartrages très réguliers, très tôt. D’autres, presque jamais. En règle générale, plus le chien est petit, plus il risque d’avoir des problèmes liés à la plaque dentaire et au tartre dès le plus jeune âge. Ceci est particulièrement vrai dans les races naines (les chihuahuas, les Yorkshire terriers, les caniches ou spitz nains….).

Mais les soins dentaires ne peuvent pas seulement se résumer au détartrage, car d’autres pathologies bucco-dentaires existent (parodontite, gingivostomatite, tumeurs etc). Les fractures dentaires ou autres traumatismes, comme les plaies buccales ou les fractures des mâchoires, peuvent se produire chez des animaux sportifs ou très agités.

 

Chiens et chats : gare au déchaussement et à la perte des dents

Quels soucis classiques peuvent survenir, et pourquoi faut-il s’en soucier ?

Dr Marinkov : La pathologie la plus fréquente chez nos patients est liée à la plaque dentaire. La maladie parodontale touche environ 80% d’entre eux entre 3 à 5 ans. Son évolution mène au déchaussement et à la perte des dents. Certaines races naines ou individus prédisposés, peuvent très rapidement perdre beaucoup, voire la totalité ou la quasi-totalité de leurs dents. La perte des dents en soi n’est pas catastrophique, mais toutes les étapes qui la précèdent posent plus de problèmes, car l’inflammation et l’infection autour de la dent amènent leur lot de douleurs et de bactéries. Les répercussions sur le comportement et sur le reste de l’organisme (foie, reins, cœur…) sont grandes. Les abcès dentaires suite à des fractures dentaires peuvent prendre des tournures assez spectaculaires, comme les hyperplasies gingivales chez des patients prédisposés.

D’autres pathologies inflammatoires comme les gingivostomatites chroniques (plus fréquentes chez le chat) sont extrêmement invalidantes, car très douloureuses et empêchent l’animal de se nourrir correctement.

L’interaction sociale diminue, le patient s’isole, ne se nourrit plus ou presque plus, ne joue pas, ne fait plus sa toilette correctement ou plus du tout. L’animal souffre en silence, et le propriétaire ne s’en rend compte souvent que tardivement. D’ailleurs, quand le problème est résolu, beaucoup de propriétaires font cette remarque : « on dirait qu’il a rajeuni ! », car l’animal a retrouvé sa joie de vivre et ses habitudes perdues.

 

Chats et chiens : en quoi consistent les traitements ?

Dr Marinkov : Les traitements dépendent principalement des pathologies et de leurs causes. Une dent qui est mal positionnée et qui blesse la gencive ou le palais peut nécessiter une extraction, ou un traitement orthodontique (avec les prothèses, bagues, élastiques …). Dans ce dernier cas, on peut même prendre l’empreinte et faire appel à un prothésiste.

Pour être conservée dans les bonnes conditions, une dent cassée ou cariée peut nécessiter une dévitalisation et un traitement endo-canalaire, voire la pose d’une couronne pour la protéger. Un patient souffrant de gingivostomatite chronique, une pathologie souvent très invalidante, doit être pris en charge aussi bien chirurgicalement (nombreuses extractions dentaires), mais aussi médicalement afin de gérer la douleur et l’inflammation sur le long terme.

Des patients ayant subi des traumatismes maxillo-faciaux (accidents de voie publique, chutes, morsures…) peuvent nécessiter des reconstructions ou des interventions chirurgicales plus ou moins importantes pour leur permettre de reprendre une fonction masticatoire, de lever la gêne et la douleur, voire pour leur redonner un aspect esthétique.

Malheureusement, comme le reste de l’organisme, la cavité buccale peut être atteinte par des tumeurs et leur gestion est liée aux particularités de la cavité buccale.

 

Le brossage de dents n’est pas facile, mais il est essentiel!

Faut-il que le vétérinaire ait une formation spécifique en dentisterie ?

Dr Marinkov : Trop souvent, la dentisterie vétérinaire est réduite aux détartrages et extractions des dents qui bougent. Les progrès fulgurants de la médecine et de la médecine vétérinaire, font que tout le monde aujourd’hui ne peut plus faire tout et aussi bien. Même si la grande majorité des vétérinaires est capable de faire des détartrages et des extractions de base, les gestes plus techniques nécessitent des formations spécifiques qui sont importantes pour pouvoir maitriser des équipements particuliers et pratiquer des actes spécialisés, comme dans d’autres disciplines (orthopédie, ophtalmologie…).

 

Au quotidien, comment prendre soin des dents de son animal ?

Dr Marinkov : Les dents de nos chats et de nos chiens ne sont pas très différentes des nôtres. Et les moyens de prévention ne le sont pas non plus ! Le premier d’entre eux est le brossage des dents. Même s’il est réalisable chez la majorité des chiens, il est beaucoup plus délicat à mettre en place chez le chat. Il vous faudra être très patient, y aller progressivement, et bien récompenser l’animal.

Comme cette méthode reste contraignante ou difficilement applicable chez tous nos patients, les fabricants ont mis en place tout un tas de dispositifs qui ne remplacent pas le brossage des dents, mais améliorent l’hygiène bucco-dentaire. Certaines croquettes spécialement étudiées par leur taille et leur structure, pour que le chien ou le chat soient obligés de les croquer, permettent un degré significatif de nettoyage des dents. C’est le cas aussi de différents dispositifs (lamelles, bâtonnets…) à mâcher. Par contre, il ne faut pas oublier que leur efficacité est principalement liée à leur action mécanique, ce qui réduit leur rayon d’efficacité aux dents qui mastiquent (celles au fond de la bouche et notamment les carnassières).

Les autres dispositifs comme les sprays ou les solutions à mettre dans l’eau de boisson, n’offrent pas d’action mécanique. Ils sont donc très peu efficaces contre la plaque dentaire.

Enfin, il ne faut pas oublier que la prévention passe aussi par des contrôles réguliers chez son vétérinaire qui s’assurera, lors des visites, de l’état de la santé bucco-dentaire de votre compagnon.

Des conseils pour les chats et chiens qui ont mauvaise haleine ?

Dr Marinkov : Même si les causes de la mauvaise haleine peuvent avoir d’autres origines que dentaires, la grande majorité des causes se trouvent dans la bouche. Une consultation est nécessaire pour comprendre l’origine de la mauvaise haleine. La masquer avec les sprays désodorisants ne fait que reculer le problème sans le combattre.

La mise sous antibiotiques peut résoudre le problème, mais la plupart du temps, la mauvaise haleine est de retour peu après leur arrêt. Une exploration sous anesthésie générale s’impose dans ce cas avec un examen minutieux de la cavité buccale et un assainissement bucco-dentaire (détartrage supra et sous-gingival avec le polissage).

D’autres examens, principalement la radiographie intra-orale, complètent l’examen clinique et nous aident à décider du sort de certaines dents.

Et, si la dent présente un degré de déchaussement important, sa conservation devient illusoire, voire néfaste et il vaut mieux l’extraire tout de suite. La mauvaise haleine est juste le bon révélateur d’un problème sous-jacent et ne doit pas être prise à la légère, peu importe l’âge du chien.

 

À SAVOIR

Retrouvez la liste de l’ensemble des vétérinaires de votre quartier sur www.veterinaire.fr/Rhone_Alpes/index.htm

Un numéro d’urgence canine à Lyon : 04 72 30 40 40
Un numéro d’urgence canine à Grenoble : 04 76 47 66 66
Un vétérinaire de garde à Saint-Etienne : 04 77 49 09 08

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