Cancer de la prostate: "le dépistage, un faux débat"

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Le toucher rectal doit être pratiqué en cas de doute
Le toucher rectal, l'un de meilleurs moyens de détecter une lésion de la prostate ©DR

La pertinence du dépistage de masse du cancer de la prostate est actuellement remise en cause par la Haute Autorité de la Santé (HAS). Le Dr Stéphane Chassagne, urologue à la polyclinique du Beaujolais, rappelle que ce cancer tue 9 000 Français de plus de 50 ans par an et qu’il n’y a pas de symptômes avant coureurs.

Comment expliquer cette polémique sur l’utilité du dépistage du cancer de la prostate ?

Il y a plusieurs raisons parmi lesquelles, des études internationales qui prétendent qu’un dépistage de masse ne participe pas à la baisse du taux de mortalité des cancers de la prostate. Pour nous, urologues, c’est un mauvais débat, car le dépistage permet de repérer toutes les formes de ce cancer, du moins grave au plus grave et d’adapter ainsi, au cas par cas, la prise en charge la mieux adaptée. On peut notamment envisager une surveillance active des cancers les moins agressifs.

La fiabilité des moyens de dépistage peut-elle être remise en cause?

Non, à condition de procéder à deux examens diagnostics : un toucher rectal associé à un dosage sanguin du PSA (Prostate Specific Antigen). Dans 90% des cas, un cancer de la prostate est diagnostiqué par un PSA élevé et dans 10% des cas par un toucher rectal anormal alors que le PSA est normal. Associer ces deux pratiques est essentiel. En cas d’anomalie, il est important d’envisager ensuite une série de biopsies prostatiques. A noter qu’un PSA élevé peut aussi ne révéler qu’une inflammation, une infection ou un adénome (tumeur bénigne).

Cancer de la prostate, rien ne vaut la prévention

Le toucher rectal doit être pratiqué en cas de doute
Le toucher rectal pour détecter une lésion de la prostate ©DR

Quelle incidence l’absence de dépistage peut-elle avoir sur la prise en charge de ce cancer ?

 Il convient de rappeler qu’il n’y a pas de signes avant coureurs du cancer de la prostate aussi une prévention est-elle toujours utile. Pourtant, de moins en moins de généralistes préconisent ou pratiquent le dépistage et nous accueillons en urologie de plus en plus de patients à un stade avancé de la maladie comme il y a 30 ans. Rappelons qu’il existe des formes graves de ce cancer et lorsqu’il y a des symptômes douloureux dus à la présence de métastases osseuses, c’est souvent trop tard pour le traiter efficacement.

Quelles actions menez-vous en faveur du dépistage du cancer de la prostate ?

Sur le plan national, l’Association Française d’Urologie (AFU) s’est engagée dans le débat. A l’échelon local, notre service d’urologie de la polyclinique du Beaujolais a décidé d’inviter, le 12 mai prochain, plus de 300 généralistes de la région à une réunion d’information.

Retrouvez la liste de tous les urologues de votre ville ou de votre quartier sur conseil-national.medecin.fr

A SAVOIR

Le cancer de la prostate touche essentiellement des hommes âgés de plus de 50 ans. Or, on a découvert dernièrement que beaucoup de formes de ce cancer sont d’évolution lente (20 à 30 ans). Aussi la tendance désormais est-elle de privilégier la surveillance active plutôt que le traitement systématique. C’est une bonne nouvelle pour les patients qui n’ont pas une forme grave de la maladie. Les traitements du cancer de la prostate ayant souvent pour effets secondaires, l’impuissance, ou plus rarement l’incontinence.

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