L'immunothérapie est un traitement de plus en plus effucace pour lutter contre le cancer.
C'est dans le traitement des mélanomes que l'immunothérapie obtient les meilleurs résultats. ©Freepik

Très efficace chez certains patients, l’immunothérapie révolutionne depuis peu la lutte contre le cancer. Le point sur un traitement qui n’a pas encore livré tout son potentiel avec le concours du Dr Sébastien Bailly, hématologue-oncologue au CHU de Clermont-Ferrand, dans le Puy-de-Dôme.

Contrairement à la chimiothérapie et aux thérapies ciblées contre le cancer, qui agissent directement sur les cellules cancéreuses et leur prolifération, l’immunothérapie stimule le système immunitaire pour l’aider à combattre la maladie.

Les cellules cancéreuses ayant la propriété de se camoufler pour éviter d’être reconnues comme dangereuses, le système immunitaire perd en effet sa capacité à se défendre de manière autonome. Le traitement par immunothérapie vise très concrètement à réactiver les lymphocytes T, dont la fonction est de « tuer » les cellules cancéreuses.

Quel traitement ?

Les médicaments sont administrés par voie intraveineuse (perfusion). La prise en charge se fait en hôpital de jour, au gré de séances de 30 à 90 minutes d’injection, entrecoupées de plages de repos de 2 à 4 semaines. Selon les cancers, la prise en charge s’étend de 6 mois à plusieurs années.

Pour qui ?

Il y a peu de contre-indication à l’immunothérapie. Tous les malades sont potentiellement éligibles à ce traitement. Mais selon l’Inserm, celui-ci n’est toutefois efficace que pour 20 à 40% des patients. C’est l’une des raisons pour laquelle il est généralement conjoint à une chimiothérapie.

En cas de maladie auto-immune, les oncologues restent prudent avec l’utilisation de l’immunothérapie. Une réflexion est ouverte entre spécialistes sur les bénéfices risques de ce traitement, qui peut parfois être repoussé.

L’immunothérapie n’est pas efficace pour tout type de cancer

Pour quels cancers ?

L’immunothérapie ne fonctionne pas pour tous les types de cancers. Elle obtient les résultats les plus intéressants pour le traitement des mélanomes (cancer de la peau), pour lesquels elle est devenue la thérapie de référence.

Elle est aussi très efficace pour certains lymphomes (Hodgkin notamment). Et dans une mesure plus relative pour le cancer du poumon, ORL (gorge), du rein et de la vessie. En revanche, elle n’est pas concluante pour le cancer du sein, de la prostate ou encore pour les cancers digestifs.

Quels effets secondaires ?

Les effets indésirables de l’immunothérapie varient d’un patient à l’autre, en intensité comme en durée. On estime que 15% des malades vont présenter des effets secondaires sévères. Les plus courants sont les troubles cutanés (rougeurs, démangeaisons, vitiligo…), thyroïdiens et digestifs (diarrhée). Les troubles respiratoires et hépatiques sont plus rares.

Tout effet secondaire doit être signalé : la plupart sont en effet réversibles lorsqu’ils sont traités précocement.

À SAVOIR

L’immunothérapie est une technique récente et qui ne cesse de progresser. Ses origines remontent à la fin du XIXeme siècle aux USA, à l’occasion d’expériences d’injections intratumorales de bactéries. En France, les premiers essais remontent aux années 60-70, dans le cadre de greffes de moelle allogénique. Sa première application en France avec les immunothérapies actuelles n’a été proposée qu’en 2011. Mais le pays est aujourd’hui l’un des plus actifs sur la recherche en immunothérapie, avec plus de 300 essais cliniques répertoriés.

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