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Selon une étude récente de Santé Publique France en partenariat avec les HCL (Lyon) et l'Institut national du Cancer, le pronostic vital des patients atteints de cancers s'améliore au fil des années pour la majorité des cancers, même vingt ans après le diagnostic. ©Freepik

Bien avant la Covid-19, le cancer est depuis de nombreuses décennies un fléau de santé publique. Les nouveaux cas se multiplient au fil des années tout comme leurs localisations. Une bonne nouvelle tout de même dans ce contexte sanitaire, les récentes recherches nationales centralisées aux HCL à Lyon, montrent une amélioration de la survie des patients cancéreux. Même 20 ans après le diagnostic. Des efforts restent toutefois à faire pour certains cancers dont le pronostic vital reste faible…

Peut-on vivre longtemps après un cancer ? En partenariat avec Santé Publique France et les registres du réseau FRANCIM de l’Institut national du Cancer, les Hospices Civils de Lyon (Rhône) ont rassemblé les données de 25 départements français sur la survie des patients atteints de cancers. Les objectifs de cet état des lieux sont clairs : identifier les axes d’amélioration de prévention, de dépistage et de prise en charge pour continuer de sauver des vies.

Des enquêtes menées depuis plusieurs années mais qui n’avaient encore jamais été observées sur une durée de 20 ans. Une première cette année. Le but est donc également de donner une estimation des chances de survie des patients sur le long terme. Pour plus de 70 cancers. Pour y arriver, au moins 731 000 nouveaux cas de cancers diagnostiqués entre 1989 et 2015 ont été analysés.

 

Meilleures prise en charge et survie pour la majorité des cancers

Les résultats sont prometteurs. Globalement, pour la majorité des cancers observés, un plus grand nombre de patients y survivent, et plus longtemps. Un meilleur taux de survie principalement observé au début de la prise en charge qui se confirme des années après le dépistage. Et cela même pour les patients plus âgés.

Pour les femmes atteintes du cancer du sein (voir figure ci-dessous) ou du col de l’utérus par exemple, la survie au cancer est estimée à plus de 90%, cinq ans après le diagnostic. Il en est de même pour les cancers de la prostate, des testicules ou encore ceux de la thyroïde. L’étude montre que cette baisse de mortalité (causée uniquement par le cancer) se confirme vingt ans après le diagnostic pour la majorité des cancers. « Ces tendances de survie plutôt favorables sont le reflet des progrès réalisés dans le système de soins à la fois dans la détection des cancers, mais aussi dans leur prise en charge thérapeutique« , explique le Pr Norbert Ifrah, président de l’Institut national du Cancer.

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Le pronostic de survie au cancer du sein des patientes suivies reste relativement élevé même 20 ans après le diagnostic. ©SantePubliqueFrance
Le pronostic de survie au cancer du col de l’utérus des patientes suivies reste élevé même 20 ans après le diagnostic. ©SantePubliqueFrance

 

 

Des disparités selon la localisation du cancer

Mais cette évolution encourageante ne s’applique toutefois pas pour tous les cancers. Lorsque le pronostic de survie ne dépasse pas les 30% cinq après le diagnostic, tels que pour les cancers du poumon (20%), du foie (18%) ou encore des vésicules biliaires (22%), celui-ci continue de baisser progressivement suivant les années. Il reste encore du travail à faire pour améliorer la prise en charge de ces patients. La différence de survie entre les cancers ne se restreint toutefois pas à leur localisation. La performance du traitement et le stade du diagnostic sont évidemment des facteur majeurs. Mais le sexe du patient, étonnamment, est également une notion à fort impact dans la prise en charge.

Cancer : une meilleure survie chez les femmes que chez les hommes

Pour la quasi totalité des localisations cancéreuses pouvant toucher les deux sexes, la survie aux lésions chez les femmes est supérieure à celle des hommes. L’écart se creuse pour certaines d’entre elles telle que la zone lèvre-bouche-pharynx, pour laquelle les femmes ont 56% de chance de survie sur cinq ans. Un taux qui chute à 41% chez les hommes. Des disparités ayant parfois tendance à augmenter des années après le diagnostic.

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Différences selon le sexe de survie au cancer pour certaines localisations. ©SantePubliqueFrance

Plusieurs hypothèses pourraient expliquer cette différence. La prévention et le dépistage précoce, essentiels dans la prise en charge des cancers, sont des notions auxquelles les femmes sont plus sensibles. La présence davantage de comorbidités chez les hommes pourrait également expliquer ce phénomène. « Il existe des différences d’exposition aux facteurs de risques selon les sexes. La consommation d’alcool et de tabac notamment, qui entraîne des cancers de moins bons pronostics vitaux, est supérieure chez les hommes », précise le Dr Geneviève Chêne, directrice générale de Santé Publique France.

Une piste qui met d’autant plus en lumière la prévention, premier moyen de lutte contre de nombreux cancers.

 

40 % des cancers évitables avec un mode de vie plus sain

« Cette étude permet d’identifier les pistes de progression pour les cancers les plus fréquents ayant un taux de survie faible. L’effort doit porter sur la prévention. Nous ne le dirons jamais assez, la majorité de ces cancers sont évitables. Le tabac par exemple est responsable de 20% des cancers et de 40 000 décès chaque année !« , insiste le Professeur Ifrah. La consommation de tabac est l’une des principales causes du cancer des poumons. Elle est la première cause de mortalité par cancer chez les hommes et la deuxième chez les femmes.

Parmi les autres facteurs de risques, on peut également citer la consommation régulière d’alcool, une mauvaise alimentation ou encore le manque d’activité physique. En dehors d’un mode de vie sain, le dépistage a un rôle majeur dans la lutte contre ces maladies mortelles.

 

À SAVOIR

Les dépistages de certains cancers tels que les cancers colorectal ou du sein sont gratuits. Les examens sont entièrement pris en charge par l’Assurance maladie et les patients éligibles aux dispositifs n’ont pas à avancer de frais. Pour connaître les cancers concernés et les modalités à effectuer, rendez-vous sur le site ameli.fr.

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