Le cancer de la prostate est le plus fréquent chez l'homme et sévit à partir de 45-50 ans. ©Shutterstock_Roman-Samborskyi

Le cancer de la prostate, qui touche les hommes dès 45 ans, est le plus fréquent parmi des cancers masculins. On en dénombre plus de 70 000 nouveaux cas chaque année. Il n’est toutefois pas une fatalité ! Il est possible, à travers des habitudes simples, de preserver sa prostate des lésions cancéreuses. Le point sur les bons gestes à appliquer au quotidien.

Moins de 30 cas de cancer de la prostate pour 100 000 habitants au Japon, 98 cas pour 100 000 habitants aux États-Unis. Parfois, quelques chiffres valent mieux que de longs discours. Pour expliquer cette différence, une hypothèse tient la corde : le mode de vie, en particulier l’alimentation. « Une étude a montré que quand des Japonais s’installaient aux États-Unis, après une génération, ils avaient davantage de risques de développer un cancer de la prostate que s’ils étaient restés au Japon », raconte le Pr Sébastien Crouzet, chirurgien urologue au CHU de Lyon.

La mutation d’une cellule normale vers une cellule cancéreuse est un processus lent et complexe. Et il existe quelques facteurs de risque sur lesquels on ne peut rien. Pour le cancer de la prostate, l’âge joue ainsi le premier rôle. Plus un homme vieillit, plus son risque augmente. Ceci dit, très souvent, ce sont des agressions engendrées par nos modes de vie qui font un travail de sape lent et sournois. Il est possible de tenir -en partie- le cancer à distance, avec quelques habitudes.

 

1. Mettre de la couleur dans son assiette

« Le lycopène, présent dans la tomate cuite, le brocoli, le curcuma seraient hautement protecteurs contre le cancer de la prostate. De manière générale, les antioxydants sont à mettre au menu chaque jour. » Antioxydants que l’on trouve dans les fruits et légumes. « Le cancer de la prostate étant hormono-dépendant, mieux vaut les consommer bio, pour éviter un maximum de pesticides », préconise le Pr Crouzet.

À favoriser également, des légumes secs (lentilles, haricots, pois chiches…), des fruits à coque (noix, noisettes, amandes, pistaches…), des produits complets (pain, pâtes ou riz) et des huiles végétales (colza, noix, olive…). À limiter : les aliments gras, sucrés, salés et ultra transformés, les boissons sucrées, la charcuterie et la viande rouge.

 

2. Bouger davantage 

Marcher, danser, nager, pédaler… L’activité physique, pratiquée au minimum 30 minutes par jour, est une arme redoutable pour faire reculer de nombreuses maladies, dont le cancer. « Elle a un impact positif, autant dans une optique de prévention, que sur les patients, qui répondent mieux au traitement quand ils sont en forme », confirme le Pr Crouzet. Pour que cela marche, il faut bien sûr dépasser le stade des bonnes résolutions du 1er janvier, qui verra de nombreux néo-sportifs renoncer avant le 31. Comment ? En trouvant le « sport de sa vie », celui que l’on aura plaisir à pratiquer, même en cas de grand froid, même en cas d’emploi du temps bousculé par le travail ou autres péripéties.

 

3. Avoir une vie sexuelle épanouie

Une étude américaine publiée dans la revue European urologya montré que le risque de cancer de la prostate était environ 20% moins élevé chez les hommes déclarant entre 13 et 21 éjaculations par mois, par rapport à ceux n’ayant éjaculé que 4 à 7 fois au cours de la même période. Prendre du plaisir n’est donc pas bon que pour le mental. Ça semble l’être aussi pour la prostate…

 

4. Se détendre

Un divorce, un deuil, un stress intense et chronique au travail ou à la maison… peuvent-ils provoquer un cancer ? Si les chercheurs n’ont pas encore tranché, « il est possible qu’une période de stress intense, si elle ne fait pas apparaître le cancer, puisse accélérer le développement d’une tumeur qui était déjà là. » Comment ? Probablement en fragilisant le système immunitaire, et/ou en modifiant les niveaux de certaines hormones dans l’organisme.

 

5. Prendre rendez-vous avec son urologue

« Il n’y a pas de dépistage massif en France, comme pour les cancers du sein ou colorectal. ». À chacun de faire son choix, après avoir reçu toutes les informations auprès de son médecin traitant ou urologue. « Ceci dit, quand le cancer de la prostate donne des symptômes, il est souvent déjà trop tard : cela signifie qu’il en est au stade métastatique. Donc mieux vaut prévenir. Dès 50 ans, voire 45 ans pour les hommes avec des facteurs de risque (origine afro antillaise, antécédents familiaux…). »

Avec, une fois par an, un dépistage comprenant un dosage du taux de PSA (antigène prostatique spécifique), et un toucher rectal. « Il est important de préciser que dépister, c’est vouloir savoir ce qui se passe. Plus un cancer est traité tôt, plus on limite les séquelles, plus on préserve les fonctions érectile et urinaire. Mais la règle n’est plus aujourd’hui de traiter systématiquement. Quand le risque d’évolution est très faible, nous préférons mettre en place une surveillance active. » Face à une tumeur menaçante, un traitement sera en revanche enclenché immédiatement.

 

Cancer de la prostate : le vrai du faux des idées reçues 

Opération de la prostate = impuissance
Faux. Cela peut arriver, mais c’est très loin d’être systématique.

L’hypertrophie bénigne de la prostate, c’est forcément grave
Faux. Avec l’âge, les cheveux blanchissent, la peau se ride, et cette glande grossit. Cette augmentation de volume est liée au vieillissement.

Les femmes ont également une prostate
Vrai. Mais elle est microscopique.

À SAVOIR

La prostate est une glande au départ de la taille d’une châtaigne, pesant 20 à 25g. Située sous la vessie, elle est une fabrique de liquide séminal, indispensable à la reproduction.

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