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Le cancer de la prostate tue 9000 personnes chaque année, en France. Un dépistage précoce de cette maladie taboue pourrait toutefois réduire ces chiffres. ©DCStudio_Freepik

Chaque année, 9000 hommes décèdent d’un cancer de la prostate. Faux sentiment de gêne, de honte ou encore réticence aux examens… Ce fléau silencieux touche 60 000 nouveaux cas par an, avec un diagnostic parfois trop tardif. Briser le tabou avec un dépistage précoce pourrait pourtant permettre de sauver des vies. Gros plan sur le cancer de la prostate dans l’émission Votre Santé, avec le Dr Armelle Vincenneux, oncologue médicale lyonnaise, à l’occasion du mouvement « Movember » lancé en novembre pour sensibiliser aux cancers masculins.

Amélioration des traitements, évolution dans le dépistage, avancées dans la recherche médicale… Si la prise en charge du cancer de la prostate connaît certains progrès, elle se heurte à des difficultés sociétales. Les principales ? Le tabou autour de la prostate et la réticence de certains hommes à se faire dépister. Pour sensibiliser à cette cause, le mois de novembre devient « Movember ».

Une communication importante selon le Dr Armelle Vincenneux, oncologue médicale au Centre Léon Bérard, à Lyon, invitée sur le plateau de Votre Santé de ce jeudi 18 novembre sur BFM Lyon. Une émission santé hebdomadaire animée par Élodie Poyade et Pascal Auclair, rédacteur en chef du Groupe Ma Santé, partenaire de l’émission.

 

« Les hommes n’osent pas parler de leur prostate »

Cancer de la prostate : pourquoi la sensibilisation est importante ? 

Il y a des efforts de sensibilisation, mais les cancers de la prostate et celui du testicule ne sont pas assez médiatisés. Du côté des femmes, on parle beaucoup du cancer du sein dans le cadre d’octobre rose par exemple, mais on le fait moins du côté des hommes. Le cancer de la prostate est pourtant très fréquent. Les dialogues sur cette thématique des cancers masculins sont plus rares. Les hommes n’osent pas parler de leur prostate alors qu’il s’agit d’un sujet très important. De nombreux hommes meurent encore chaque année du cancer de la prostate ou des testicules. Il y a encore un travail de sensibilisation à faire.

 

Le nombre de personnes atteintes d’un cancer de la prostate a-t-il évolué ces dernières années ?

En 2015, environ 50 000 patients étaient atteints d’un cancer de la prostate. Bien qu’il y ait eu une légère diminution du nombre cas, les chiffres restent globalement stables et sont encore trop importants. Aussi, les évolutions et avancées thérapeutiques permettent aujourd’hui aux patients de vivre plus longtemps. Il y a donc des milliers de patients suivis pour ce type de cancer.

 

Quel est l’âge moyen des hommes atteints d’un cancer de la prostate ? 

Avant 50 ans, le cancer de la prostate est assez rare. L’âge moyen des patients est de 68 ans mais les profils sont différents. Les patients que nous traitons au Centre Léon Bérard ont en moyenne entre 60 et 74 ans. Mais les patients atteints de cas plus sévères sont malheureusement un peu plus jeunes.

 

Le dépistage du cancer de la prostate : le premiers pas vers la guérison 

Concernant le dépistage, à quel âge faut-il y penser ?

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Le docteur Armelle Vinceneux (CLB) répond aux questions de Pascal Auclair (Ma Santé).

La fréquence du dépistage dépend du profil des patients. Il faut y penser à partir de 50 ans. Il est toutefois recommandé aux personnes ayant des antécédents familiaux de cancer de se faire dépister plus tôt. Dans tous les cas, il est important d’en discuter avec son médecin généraliste.

 

Une simple prise de sang peut-elle permettre de détecter un cancer de la prostate ? 

Oui, le dépistage à travers une prise de sang peut permettre de détecter des cancers qui n’ont pas de symptômes. Le dosage du TSA, marqueur qui permet de détecter un cancer de la prostate, peut amener, après des examens complémentaires, la détection d’un cancer localisé et donc guérissable.

 

Si le cancer de la prostate est détecté à temps, est-il guérissable ? 

Le cancer de la prostate est globalement bien traité. La majorité des patients diagnostiqués à temps ne font pas de récidive. Il reste toutefois une partie des patients qui rechutent mais la surveillance médicale permet de détecter une éventuelle rechute suffisamment tôt.

 

Troubles urinaires : des signes qui doivent alerter

Quels sont les signes qui doivent alerter ? 

Il peut y avoir une absence de symptôme. Mais certains signes peuvent en effet alerter, tels que des problèmes urinaires : envies fréquentes au cours de la nuit, sang dans les urines, sensations de gêne pelvienne… Ces symptômes ne sont pas forcément indicateurs d’un cancer mais peuvent être ceux d’une pathologie de la prostate. Il est donc essentiel de consulter un médecin généraliste pour la réalisation d’un examen clinique tels qu’un toucher rectal, ou encore la prescription d’une prise de sang.

 

Quels sont les facteurs de risque qui favorisent l’apparition d’un cancer de la prostate ? 

Il existe des facteurs génétiques mais également ethniques : certaines ethnies sont plus à risque que d’autres. On suspecte également des facteurs environnementaux avec la présence de pesticides notamment, tel que le chlordécone par exemple.

 

Traitement : « il est possible d’opter pour une simple surveillance rapprochée sans intervention « 

Quels sont les traitements existants pour la prise en charge d’un cancer de la prostate ? 

Suivant le profil du patient, différents traitements seront proposés. Plusieurs intervenants traitent les cancers de la prostate : les chirurgiens neurologues, les spécialistes de radiothérapies et les oncologues médicaux. Dans le cadre d’un cancer localisé par exemple, il sera possible d’opter pour une opération chirurgicale ou de la radiothérapie. Selon le profil du patient, il sera également possible d’opter pour une simple surveillance rapprochée sans intervention car les traitements peuvent entraîner des effets secondaires tels que des troubles de l’érection, de la libido ou encore urinaires. Il est donc également important de ne pas traiter les patients plus que nécessaire.

 

Le cancer des testicules est nettement moins médiatisé que celui de la prostate, combien de cas y a-t-il par an ?

Les cas de cancer des testicules sont beaucoup plus rares. On en recense environ 2000 par an. Dans plus de 95% des cas, ce cancer est guérissable. Mais plus tôt il est dépisté, mieux il est pris en charge. Il est donc essentiel pour les hommes âgés entre 20 et 40 ans de réaliser régulièrement de l’autopalpation de leurs testicules à la recherche d’une éventuelle grosseur. Cet examen est important, au même titre qu’il est recommandé aux femmes pour le cancer du sein.

 

À SAVOIR

Initiée en 2003, l’opération Movember invite les hommes à se laisser pousser la moustache au mois de novembre dans un objectif de sensibilisation aux cancers masculins, notamment ceux de la prostate et des testicules.

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