Cancer colorectal : à partir de 50 ans, songez au dépistage !

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Un simple test immunologique, réalisé à la maison, permet de détecter les signes d'un cancer colorectal, et d'améliorer ainsi le pronostic.
Un simple test immunologique, réalisé à la maison, permet de détecter les signes d'un cancer colorectal, et d'améliorer ainsi le pronostic.

Responsable de 17 500 décès annuels en France, le cancer colorectal, ou cancer du côlon-rectum, est pourtant l’un de ceux que l’on dépiste le plus facilement. Une bonne raison de réaliser tous les deux ans un test immunologique, selon le Dr Patricia Soler-Michel, médecin directeur de l’Adémas-69.

Facile à détecter, le cancer du côlon fait pourtant des ravages. Pourquoi ?

Si le cancer du côlon est le deuxième cancer le plus meurtrier en France après celui du poumon, c’est parce qu’il est le plus souvent détecté en phase avancée. La phase symptomatique est en effet tardive dans l’évolution de la maladie, souvent découverte lorsque les métastases se sont étendues au-delà du gros intestin.

Il est donc essentiel d’agir le plus tôt possible ?

Lorsque l’évolution de la maladie est encore limitée à la paroi intestinale, le taux de guérison dépasse les 90%. Nous avons les moyens de lutter contre le cancer colorectal, pour autant qu’il se révèle de manière précoce. Le traitement est alors moins lourd, moins long et moins douloureux. D’où l’importance d’un dépistage régulier, tous les deux ans. La réduction de la mortalité, pour une personne ayant réalisé régulièrement les tests de dépistage, est de 33%.

Cancer colorectal, coloscopie ou test immunologique ?

En quoi consiste le test de dépistage ?

Le programme national de dépistage organisé du cancer colorectal, mis en œuvre dans le Rhône par l’Adémas-69, s’adresse aux hommes et aux femmes de 50 à 74 ans. Ces personnes sont invitées par courrier à faire le point avec leur médecin traitant. C’est lui qui déterminera le niveau de risque et s’il convient de réaliser un examen par coloscopie ou, dans la plupart des cas, un simple test immunologique. Tous deux visent à dépister la maladie le plus tôt possible, qui se révèle d’abord par la présence de sang occulte dans les selles.

A qui s’adresse l’examen coloscopique ?

Cet examen permet de visualiser l’intérieur de l’intestin. Il concerne les personnes jugées à risque élevé, soit 20% des cas : il s’agit de personnes présentant des antécédents personnels cancéreux ou à risque, ou ayant des antécédents familiaux. Il doit être fait tous les 3 à 5 ans. Suite à un test immunologique ayant détecté la présence de sang occulte, il détecte un cancer dans 8% des cas ou une lésion précancéreuse dans 30 à 40% des cas. La coloscopie est réalisée sous anesthésie générale par un gastroentérologue, au terme d’une préparation spécifique par purge. On peut ressentir un certain inconfort dans les jours suivant l’examen. La coloscopie peut sembler un peu contraignante, mais c’est un examen extrêmement performant pour repérer des polypes ou des cancers. C’est pourquoi elle est proposée en deuxième étape du processus de dépistage après avoir repéré par le test immunologique les personnes présentant un saignement occulte.

Le test immunologique: simple et à domicile

Le test immunologique est-il simple à réaliser ?

Il concerne 80% des hommes et des femmes entre 50 et 74 ans. Pris en charge à 100% par l’Assurance Maladie, il est très simple et rapide à réaliser : le médecin remet un kit aux personnes considérées à risque moyen, qui procèdent au test à domicile avant de le renvoyer par voie postale au laboratoire Cerba, centralisant l’ensemble des analyses réalisées en France. Elles sont ensuite informées par courrier du résultat.

Que se passe-t-il ensuite lorsqu’un cancer est avéré?

Le test immunologique est positif dans 4% des cas. Les personnes concernées sont invitées à passer une coloscopie, qui dans un cas sur deux révèle une lésion du côlon ou du rectum. Celle-ci n’est pas forcément cancéreuse : il peut s’agir d’une tumeur bénigne, comme un adénome. Elle sera enlevée immédiatement, prévenant sa dégénérescence. S’il s’agit d’un cancer, une prise en charge est alors organisée jusqu’à l’intervention chirurgicale et, le cas échéant, des séances de chimiothérapie et (ou) de radiothérapie.

Pour en savoir plus : Adémas-69 ou de l’Institut National du Cancer

Retrouvez la liste de tous les médecins gastro-entérologues sur www.conseil-national.medecin.fr

A savoir

Les cancers du côlon et du rectum, regroupés sous le terme de cancer colorectal, concernent 42 000 personnes en France chaque année, pour 17 500 décès. Il s’agit d’une tumeur maligne se développant dans le gros intestin et évoluant tout d’abord sans symptôme apparent avant de s’étendre. Il concerne aussi bien les hommes que les femmes après 50 ans, le risque augmentant avec l’âge.
L’Adémas-69 est l’association chargée de la mise en œuvre dans le Rhône du programme national de dépistage organisé du cancer du sein et du cancer colorectal, maladies pour lesquelles les tests ont fait leur preuve, tant dans leur facilité d’application que dans leurs incidences sur la mortalité.

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