Rougeole, oreillons, tétanos… Tout savoir sur la vaccination

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Plus de 80% des Français jugent la vaccination utile et efficace. Ce sondage réalisé par Odoxa pour Le Figaro et France Inter intervient alors qu’avec “Immuniser Lyon”, la Ville de Lyon vient de lancer une grande campagne d’information et de sensibilisation à la vaccination. Pourquoi se faire vacciner ? Quels sont les vaccins obligatoires ? Quelles sont les maladies concernées ? Toutes les (bonnes) réponses à vos questions.

Selon un sondage publié par Le Figaro, plus de huit Français sur dix jugent les vaccins utiles et efficaces. Révélatrice, cette enquête intervient alors qu’avec “Immuniser Lyon”, la Ville de Lyon vient de lancer une grande campagne d’information et de sensibilisation à la vaccination. Pourquoi se faire vacciner ? Quels sont les vaccins obligatoires ? Quelles sont les maladies concernées ? Toutes les (bonnes) réponses à vos questions.

En cas de retard dans les vaccinations, faut-il reprendre le programme de vaccination au début ?

Non : il n’est pas nécessaire de recommencer tout le programme vaccinal, il suffit de reprendre ce programme au stade où il a été interrompu, et de compléter la vaccination en tenant compte du nombre de doses manquantes et de l’âge de la personne. Cette pratique s’appuie sur l’existence d’une mémoire immunitaire qui permet à l’organisme, dans la plupart des cas, de répondre rapidement à une dose de rappel, même si la précédente est très éloignée dans le temps. L’inconvénient est, bien sûr, de retarder la protection.

Pour inscrire un enfant à l’école, doit-il être à jour de ses vaccins obligatoires ?

Oui : à ce jour, la primovaccination contre la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite (deux injections à 2 mois et à 4 mois) suivies d’un rappel à l’âge de 11 mois est obligatoire chez l’enfant. Les rappels jusqu’à l’âge de 13 ans sont obligatoires uniquement pour la poliomyélite. L’article L.3111-2 du code de la santé publique précise que « la justification doit être fournie lors de l’admission dans toute école, garderie, colonie de vacances ou autre collectivité d’enfant ». Les autres vaccinations du calendrier vaccinal sont recommandées, car elles protègent contre des maladies graves et potentiellement mortelles: le terme recommandé n’est pas synonyme de facultatif.

Un vaccin pour se protéger de la méningite

Pourquoi vacciner les enfants contre le pneumocoque ?

On les vaccine pour les protéger d’une méningite. En effet, le pneumocoque est une bactérie responsable d’angines, de sinusites et d’otites, mais aussi de pneumonie (d’où son nom) et de méningite. La pneumonie à pneumocoque est l’une des premières causes de décès chez l’enfant dans les pays en développement, mais dans les pays industrialisés, le pneumocoque constitue la première cause de méningites bactériennes chez l’enfant de moins d’un an.

Pourquoi vacciner les enfants contre la rougeole, les oreillons et la rubéole, sachant que ce vaccin n’est pas obligatoire ?

Ces trois maladies sont très contagieuses et potentiellement graves (encéphalite et pneumonie avec la rougeole, méningite, méningite, risque de stérilité chez les garçons avec les oreillons, malformations chez le futur bébé si la rubéole est contractée pendant la grossesse). En France, entre 2008 et 2012, une importante épidémie de rougeole a atteint plus de 24 000 personnes, causant plus de 30 complications neurologiques et 10 décès. Le nombre de cas a fortement diminué par la suite, mais le virus continue à circuler. En effet, la couverture vaccinale actuelle est inférieure au niveau nécessaire à l’élimination de la rougeole et de la rubéole congénitale, objectif de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). En France, non seulement les enfants, mais toutes les personnes nées depuis 1980 devraient recevoir 2 injections de vaccin ROR. Le vaccin ROR est pris en charge à 100% par l’Assurance maladie pour tous les enfants jusqu’à 17 ans inclus.

Coqueluche: vacciner les parents pour prémunir bébé

La coqueluche étant une maladie infantile, est-ce vraiment utile de vacciner les adultes ?

Oui : en vaccinant les adultes contre la coqueluche, on protège les nourrissons, trop jeunes pour avoir bénéficié du vaccin, et qui peuvent présenter des formes graves de coqueluche avec détresse respiratoire, notamment chez les nourrissons de moins de trois mois. En France, comme dans tous les pays à haute couverture vaccinale, la coqueluche affecte très peu l’enfant mais touche d’une part les nourrissons non protégés par la vaccination et, d’autre part, l’adolescent ou l’adulte qui sont susceptibles de contaminer les très jeunes nourrissons. Ainsi, à l’exception des jeunes adultes ayant reçu une vaccination contre la coqueluche au cours des cinq dernières années, un rappel coquelucheux avec le vaccin quadrivalent dTcaPolio* est recommandé, à l’occasion du rappel diphtérie-tétanos-poliomyélite fixé à l’âge de 25 ans. Pour les personnes âgées de plus de 25 ans n’ayant pas reçu ce rappel, un rattrapage avec un vaccin dTcaPolio pourra être proposé jusqu’à l’âge de 39 ans révolus. De plus, il est aussi recommandé que toutes les personnes en contact avec des nourrissons se vaccinent contre la coqueluche: les adultes ayant un projet parental, au cours de la grossesse pour les enfants de la fratrie et le conjoint, ainsi que les personnes susceptibles d’être en contact étroit et durable avec le futur nourrisson au cours de ses 6 premiers mois (grandsparents, baby-sitters…), et bien sûr la mère, juste après la grossesse (idéalement avant la sortie de la maternité, même si elle allaite).

Est-ce vrai que certains vaccins protègent contre des cancers ?

Oui : c’est le cas du vaccin contre l’hépatite B, qui prévient de la cirrhose du foie, et du cancer du foie, et du vaccin contre les infections à papillomavirus humains, qui protège les femmes contre le cancer du col de l’utérus.

Le tétanos n’as pas disparu

Pourquoi vacciner les enfants contre le méningocoque ?

Le méningocoque est une bactérie présente dans la gorge et le nez. Le plus souvent, il n’entraîne pas de maladies. Parfois, il est responsable d’infections graves, comme une méningite, ou encore une septicémie mortelle dans 20 à 30% des cas (infection généralisée du sang et de différents organes). Il existe plusieurs types de méningocoques. En France, les types B et C sont les plus répandus. La vaccination contre le type C est recommandée à tous les nourrissons à 1 an, et aussi chez les jeunes adultes, en rattrapage jusqu’à 24 ans. Ce rattrapage est essentiel pour assurer la protection rapide des enfants, adolescents et jeunes adultes, qui sont plus particulièrement exposés, mais aussi pour assurer indirectement la protection des personnes non vaccinées comme les nourrissons de moins de un an. A noter qu’il existe un vaccin contre le méningocoque B. Il n’est pas recommandé de façon généralisée, mais pour des personnes à risque élevé (dû à leur profession ou leur état de santé) ainsi que dans des situations particulières (cas groupés de la maladie, situation épidémique liée à une souche couverte par ce vaccin)

Pourquoi continuer à se faire vacciner contre des maladies qui ont disparu, ou presque, en France, comme la diphtérie, la poliomyélite ou le tétanos ?

La diphtérie et la poliomyélite sont encore présentes dans d’autres pays, la vaccination reste donc indispensable, compte tenu de la fréquence des voyages. De même, des personnes qui voyagent et qui ne sont pas vaccinées peuvent apporter la maladie en France. Enfin, ces maladies pourraient réapparaître en France si l’on cessait de se faire vacciner. Le tétanos, maladie grave et mortelle dans près de 25 % des cas, se contracte habituellement par des blessures minimes souillées par de la terre ou des débris végétaux (lors de travaux de jardinage, par exemple). Il existe toujours des cas de tétanos en France chaque année, en raison d’une politique des rappels chez l’adulte pas toujours bien mise en pratique.

A savoir

Selon un sondage dont les résultats ont été révélés ce jeudi par France Inter, le Figaro et la Mutuelle nationale des hospitaliers (MNH), 87% des personnes interrogées jugent la vaccination “utile” et 81% la qualifie d'”efficace”. Par ailleurs, 65% des Français réfutent l’idée que le vaccin puisse présenter un danger et 60% font confiance à leur médecin pour se faire vacciner. Enfin, seulement 10% des personnes interrogées se déclarent fermement opposées à la vaccination. Ce sondage, qui intervient au lendemain de la pétition lancée par le professeur Joyeux contre la vaccination, a été réalisé par Odoxa les 4 et 5 juin sur un panel représentatif de plus de mille personnes en France.

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