S'il est encore impossible de faire repousser les cheveux, on peut toutefois en ralentir la perte. ©Shutterstock

La calvitie, qui touche avec plus ou moins de précocité jusqu’à 50% des hommes, est parfois durement vécue. Aucun traitement curatif n’a pour l’instant été identifié. mais il existe plusieurs techniques qui permettent d’en ralentir les effets.

La calvitie est le stade ultime de l’alopécie androgénétique (AAG). Il s’agit du diagnostic le plus fréquent de la chute de cheveux diffuse chronique. Liée à un excès d’hormones mâles, elle se traduit par une perte capillaire graduelle, du front au sommet du crâne en passant par les golfes. Elle touche principalement les hommes, parfois dès la fin de la puberté. 15% d’entre eux sont ainsi concernés entre 20 et 30 ans, et 50% après 50 ans. Mais la chute de cheveux n’épargne pas pour autant les femmes, notamment à la ménopause.

Aucun traitement curatif n’a à ce jour été identifié. Les traitements naturels (vitamines, compléments alimentaires) et capillaires (shampoings, lotions) n’ont pas prouvé leur efficacité.

Mais il existe toutefois des moyens de ralentir la chute des cheveux, voire d’en compenser la disparition. Notamment grâce à deux traitements bénéficiant de recommandation thérapeutique.

 

Calvitie : des traitements à l’efficacité avérée

Le traitement local

Comment : le Minoxidil agit sur les bulbes pileux. On l’applique en lotion sur le cuir chevelu sec, deux fois par jour.

Les + : ralentissement net de la chute des cheveux, résultats perceptibles sous trois mois, efficacité avérée (action antichute dans 70% des cas, repousse modérée dans 40% des cas),

Les – : traitement longue durée (voire à vie) et purement suspensif, application contraignante, effets secondaires bénins (irritations, pellicules, eczéma), absence de remboursement par la sécurité Sociale, perte rapide (2 à 6 mois) du bénéfice acquis en cas d’arrêt.

 

Le traitement oral

Comment : la prescription de Finastéride permet de diminuer le taux sanguin et capillaire de l’hormone à l’origine de la chute des cheveux. On l’administre sous forme de pilules (Propécia).

Les + : efficacité antichute dès trois mois, repousse possible dès le 6ème mois, bonne tolérance clinique.

Les – : contre indiqué chez la femme, voire les hommes jeunes, effets secondaires d’ordres sexuels (baisse de la libido, dysfonction érectile, anomalie de l’éjaculation) et psychologiques (dépression), risque de cancer du sein chez l’homme, perte du bénéfice acquis en moins de 6 à 12 mois en cas d’arrêt.

 

Quand recourir à la chirurgie ?

Le traitement chirurgical par greffe

Comment : la chirurgie capillaire ne doit être envisagée que chez des patients motivés ayant une alopécie androgénétique masculine stabilisée ou peu évolutive. Il est préférable de ne pas opérer les sujets jeunes, de moins de 25 ans. Car l’évolution de la calvitie est alors plus difficile à prévoir. Les interventions les plus simples et plus souvent pratiquées, les plus naturelles et les plus sûres restent les autogreffes.

La FUE (Follicular Unit Extraction) est la technique de micro-greffe la plus couramment utilisée. Réalisée sous anesthésie locale, elle consiste à retirer des racines aux endroits fournis. Ces racines sont réimplantées dans de minuscules alvéoles dans les zones dégarnies.

Les + : pas d’hospitalisation ni anesthésie générale, pas de rejet de la greffe

Les – : trois à cinq séances en moyenne, un coût élevé (jusqu’à 4000€ la séance, non remboursé), une douleur passagère, un effet esthétique (croûtes de cicatrisation) gênant à court terme

Une autre méthode (la FUT ou Follicular Unit Transplant), réalisée sous anesthésie, vise à décoller une bande de cuir chevelu pour la réimplanter directement sur une zone chauve.

 

Calvitie: vers une nouvelle technique révolutionnaire?

Des chercheurs américains sont parvenus tout récemment à reproduire des follicules pileux en utilisant des cellules souches humaines, grâce à des micro-moules imprimés en 3D. Cette technique, pour l’instant appliquée sur des souris en laboratoires, pourrait révolutionner la lutte anti-calvitie dans les années à venir.

En attendant, le traitement chirurgical par implant artificiel, longtemps à la mode, a totalement été abandonné. Ce traitement de chirurgie esthétique consistait à implanter des cheveux artificiels dans le cuir chevelu. Les implants étaient fixés à l’aide d’un nœud en silicone. Rapide, ce procédé multipliait les désagréments : un effet visuel parfois aléatoire, une intolérance fréquente, une perte plus ou moins rapide des cheveux implantés (20 à 30% par an), un prix élevé, des risques de lésions et d’infections…

 

Retrouvez la liste et les coordonnées de tous les médecins dermatologues sur votre commune ou votre quartier sur www.ordredesmedecins.fr.

 

À SAVOIR

Dans l’Antiquité, on traitait la chute des cheveux avec de la salive de cheval, du fumier d’oie ou des toiles d’araignées. La calvitie était alors courante… et honteuse. Jules César aurait utilisé des mixtures à base de dents de cheval, de morceaux de souris et de graisse d’ours. Il avait même obtenu du Sénat de porter en permanence la couronne de lauriers réservée aux triomphes, selon Suétone.

 

 

 

 

 

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