Burn-out: les signes qui doivent inquiéter

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Burn out, la dépression au travail
Burn out: les signes qui doivent inquiéter

Stress, surcharge de travail, cynisme, désinvestissement… Savoir décoder les causes et les signes d’alerte du burn-out peut permettre d’en minimiser les effets ravageurs. Les explications du dr Ferrand, médecin du travail à l’AST Grand Lyon.

Qu’est-ce que le burn-out ?

Le burn-out est une souffrance au travail, qui n’a d’ailleurs pas de définition propre et n’est pas encore reconnu comme maladie professionnelle. Il existe en effet plus de 50 définitions, ce qui rend sa détection et son traitement particulièrement ardu. Il s’agit d’un syndrome d’épuisement professionnel relevant d’une conjonction de facteurs la fois individuels, environnementaux et organisationnels.

Quels sont les principaux facteurs ?

Ils diffèrent selon les personnalités, mais un fort investissement personnel, la surcharge de travail, le stress chronique, des conflits interpersonnels, des problèmes d’organisation du travail, voire du harcèlement, l’exigence du client sont les facteurs les plus courants. Insidieux, le mal met du temps à s’installer et finit par illustrer un déséquilibre entre l’investissement du salarié et le sentiment du manque de retour de la part de sa hiérarchie, de l’entourage professionnel, ou de clients.

Quels sont les profils et professions les plus sujets au burn-out ?

A situation égales, les gens réagissent de manières différentes, en fonction de leur personnalité. Toutes les professions sont en revanche concernées. Les plus touchées sont celles qui induisent un rapport très développé avec le client : commerciaux, caissières, services à la personne… Les managers, quelle que soient leur branche, sont également vulnérables.

Comment se manifestent les premiers symptômes ?

Ils sont tardifs et les premiers à les distinguer font souvent partie de l’entourage professionnel. Car à la différence de la dépression, la vie privée est préservée. Au travail, on constate un changement subtil d’attitude, qui se traduit par un détachement émotionnel, un certain cynisme, allant peu à peu vers un désinvestissement de l’activité professionnelle et une mise en retrait.

A quel moment la vie privée est-elle touchée ?

A la maison, les premiers signes peuvent s’apparenter à d’autres pathologies, ce qui ne facilite pas l’identification exacte de la souffrance : fatigue profonde, stress, perte d’appétit, troubles du sommeil, sexuels ou psychosomatiques…

Agir vite pour minimiser les conséquences

Comment savoir s’il s’agit bien d’un burn-out ?

Certains symptômes peuvent s’apparenter à d’autres pathologies. Mais il y a des signes qui ne trompent pas. Un dépressif, lui, est mal partout et tout le temps. Une personne qui a un ‘’simple’’ ras-le-bol de son travail le retrouvera sans peine à son retour de vacances. La victime de burn-out, elle, sera toujours aussi mal lorsqu’elle reprendra son poste, même après d’excellentes vacances.

Peut-on prévenir le point de non retour ?

Un burn-out avéré se conclut par une rupture, une incapacité à retourner dans l’entreprise, dès lors considérée comme un facteur nocif. Si l’on intervient suffisamment tôt, la personne peut retrouver son poste, si, bien sûr, la cause de son mal a disparu. Mais les burn-out les plus aboutis peuvent se solder par une inaptitude au poste, avec ou non possibilité de changement de poste, de mutation au sein de l’entreprise. Dans les cas les plus graves, il peut se produire un véritable décrochement du monde du travail.

Comment éviter d’en arriver à de telles extrémités ?

Le meilleur moyen est de rester attentif aux remarques de l’entourage professionnel, voire personnel s’il existe déjà quelques signes d’alerte.

Comment traite-t-on un burn-out ?

D’abord par le retrait de la source du mal, avec du repos. L’objectif est de sortir la personne de son environnement ‘’nocif’’ et de recourir au traitement adéquat à son état : anti-dépresseurs, suivi psychiatrique… La plupart des personnes concernées finissent par s’en remettre !

Quel est le rôle du médecin du travail ?

Tout salarié de France a droit de consulter son médecin du travail, le mieux placé pour mettre un nom sur les symptômes et déterminer s’il s’agit d’un véritable burn-out, plus ou moins installé.
Lire également: Le burn out enfin reconnu?

Médecine du travail: où s’adresser ?

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A SAVOIR


L’AST Grand Lyon (190 salariés dont 80 médecins), est un service de Santé au Travail interentreprises assurant le suivi médico-professionnel de 220 000 salariés de l’agglomération lyonnaise, principalement issus d’entreprises de moins de 50 salariés (94%).

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2 Commentaires

  1. le burn out est insidieux, on ne sait pas a qui s’adresser de plus malheureusement bq de gens surfent sur la vague….
    QUE FAIRE FAIRE ?
    VERS QUI S’ADRESSER QUAND ON SE SENT AUSSI DESEMPAREE ???
    merci, de vos réponses,
    Florence.

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