Benoît Hamon monte au créneau pour défendre la reconnaissance du burn out comme maladie professionnelle. L’ancien ministre socialiste, qui a déposé mardi 26 mai plusieurs amendements au projet de loi sur le dialogue social, milite pour une prise en compte officielle de ce mal insidieux affectant près de 17% des salariés français.

Le burn out, ou syndrome d’épuisement professionnel, concerne de près ou de loin un actif sur cinq, selon une étude de l’Institut Think pour Great Place To Work publiée en début d’année. Alors que le nombre de cas explose, l’ampleur du phénomène suscite le débat et pose clairement la question de sa prise en compte officielle comme maladie professionnelle.
Encore désarmés face à l’épidémie, les médecins, par ailleurs souvent premiers exposés, n’attendent que cela : « il n’existe pas encore de vraie définition pour le burn out, qui reste une pathologie assez récente et qui n’est pas encore reconnue comme maladie professionnelle », explique le docteur Christian Ferrand, coordinateur du service de médecine du travail à l’AST Grand Lyon, pour illustrer toute la difficulté des praticiens à aborder la problématique avec leurs patients.

Les députés montent au créneau

Le sujet s’est invité ce mardi 26 mai 2015 sur les bancs de l’Assemblée nationale, où les parlementaires étaient invités à se pencher sur le projet de loi sur le dialogue social. L’ancien ministre de l’Education nationale Benoît Hamon, député PS des Yvelines, a déposé trois amendements au projet de loi en vue de faire reconnaître le syndrome d’épuisement professionnel comme maladie professionnelle à la charge des entreprises, arguant dans les colonnes de « Libération » d’une « exigence naturelle » conjuguée à une véritable « nécessité économique ».
Déjà, en décembre dernier, une trentaine de députés avaient alimenté le débat en publiant une tribune dans le Journal du Dimanche réclamant la même reconnaissance: « Il est de l’intérêt de tous, salariés et employeurs, que cette question soit enfin abordée sans tabou… L’entreprise de demain qui aura su prendre la mesure du phénomène d’épuisement nerveux gagnera en efficacité », affirmaient-ils alors.
Pour Benoît Hamon, une telle avancée consisterait tout bonnement à « obliger les entreprises à payer pour les dégâts qu’elles engendrent sur la santé des salariés ».
A l’heure actuelle, les cas avérés de burn out faisant l‘objet d’une reconnaissance officielle sont encore trop peu nombreux : quelques dizaines seulement par an, au terme d’un chemin de croix médical et administratif particulièrement ardu. L’heure du changement a-t-elle sonnée pour les 3 millions de salariés concernés ?
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A SAVOIR

3,2 millions d’actifs en France seraient potentiellement en situation de burn-out. L’enquête de l’Institut Think pour Great Place to Work, réalisée en octobre 2014 auprès d’un échantillon de 1000 personnes issues d’entreprises et d’administrations, met en avant une tendance à la hausse, avec 17% de salariés s’estimant concernés (contre 12% en 2012). Selon une autre étude du cabinet Technologia en 2014, les actifs les plus touchés sont les agriculteurs (23,5%), les artisans, commerçants, cadres et dirigeants d’entreprises (19,7%), les enseignants, professionnels de santé, ouvriers et commerciaux (13,2%).

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