Une jeune femme allergiques à l'un des pollens de graminées.
En France, l'allergie au pollen touche 20 % des enfants à partir de 9 ans et 30 % des adultes. ©Freepik

Les saisons polliniques se rallongent de plus en plus, et notamment en Auvergne-Rhône-Alpes. L’évolution est géographique mais aussi physiologique : nous sommes de moins en moins résistants au pollen. le point sur les différents pollens, saisons polliniques et risques allergiques.

Gare aux pollens ! 10 à 15 % de la population d’Auvergne-Rhône-Alpes est potentiellement allergique à l’ambroisie. En France, le nombre d’allergiques augmente depuis quelques années. « Il y a 30 ans, il y avait beaucoup moins de sujets allergiques aux pollens d’arbres, et surtout aux pollens de graminées », explique l’allergologue lyonnais Patrick Azjenberg.

En effet, les allergies au pollen touchent désormais 20 % des enfants âgés de plus de 9 ans et 30 % des adultes en France : le chiffre a été multipliée par 3 en 30 ans. Parmi ces personnes, une sur cinq est victime d’une forme sévère d’allergie, selon l’étude du RNSA (Réseau national de surveillance aérobiologique). 

Du fait du réchauffement climatique, les saisons polliniques s’allongent au fil des ans. Un phénomène qui, combiné avec une pollution rendant les pollens plus agressifs, ne va pas faciliter la vie des personnes allergiques dans ces prochaines décennies.

Quels sont les différents types de pollens ?

Les pollens sont les poussières émises par les fleurs ou les herbacés. Lors de la reproduction, la fleur mâle émet les pollens, réceptionnés par la fleur femelle. Ils sont à l’origine d’allergies pour une grande partie de la population. Voici les principales familles de pollens générateurs d’allergie :

Le pollen des arbres (bouleau, charme, cyprès, aulne, chêne, noisetier). Parmi ceux-ci, le bouleau est l’arbre qui pose le plus problème, puisqu’il est très allergisant. Ses grains sont nombreux et ont une taille réduite. Cela leur confère une excellente flottaison dans l’air. Les grains peuvent ainsi être transportés sur de longues distances. Cette  »transhumance » explique en partie l’augmentation de la sensibilité au pollen du bouleau.  

Le pollen des herbacées (ambroisie, plantains, pissenlit). Là aussi, la zone d’influence de ces pollens ne cesse de s’étendre sous l’effet du changement climatique. Ces pollens sont présents en fortes quantités et peuvent être transportés sur des centaines de kilomètres. Leur vitesse de propagation est donc rapide. Fortement allergisants, ces pollens (notamment celui de l’ambroisie) sont responsables d’innombrables cas d’allergies respiratoires et d’affections inhérentes (rhinite, asthme allergique…)

L’ambroisie colonise une grande partie de la région Auvergne-Rhône-Alpes, qui est la plus concernée du territoire français. Les pollens sont libérés d’août à septembre avec généralement un pic vers la mi-août. 

Le pollen des graminées (phlélole, ivraie, dactyle). Si la saison se concentre sur le mois de juin, le risque élevé se maintient pendant 6 à 7 semaines. Ainsi, les personnes allergiques sont gênées sur une longue période du mois d’avril à septembre. La pluie leur permet parfois un répit relatif. 

Où est-on à l’abri des pollens ?

Les conditions météorologiques contrastées favorisent la dispersion des pollens tout au long de l’année, faisant de l’exposition de la population aux aéroallergènes un véritable enjeu de santé publique. Il serait logique de penser que la ville, en raison d’un manque de nature, est moins sujette à la dispersion du pollen que la campagne.

Cependant, si les pollens sont en théorie moins nombreux qu’à la campagne, ils peuvent être plus agressifs. En effet, l’enveloppe protectrice des grains de pollen est altérée par certaines substances polluantes, ce qui provoque la libération des protéines responsables des allergies. Les particules de pollen se trouvent démultipliées dans l’air. Ainsi, plus les villes sont polluées, plus l’allergie au pollen y est répandue.

À la campagne est produite une forte quantité de graminées et de plantes herbacées. Les pollens ne sont donc pas moins présents qu’en agglomération.

Les saisons polliniques

Après la pause de l’hiver, la saison des pollens reprend à peu près en mars avec les pollens d’aulne, de bouleau, de frêne et de cyprès (risques forts) ainsi que de peuplier (risque moyen).

En avril et mai, il faut faire attention au platane et au cyprès qui présentent un risque fort, ainsi qu’au bouleau, au saule, au hêtre et au charme qui présentent un risque moyen.

Vers mai et juin, c’est l’olivier qui peut poser problème aux personnes allergiques. Le risque est moyen.

De mai à août, place aux graminées. Le risque est élevé à très élevé.

De août à septembre, c’est au tour de l’ambroisie de sévir.

Les bons gestes pour limiter l’allergie

Porter des lunettes de soleil en extérieur

Se laver régulièrement les cheveux afin d’éliminer le pollen

Aérer la maison en fin de journée afin d’éviter que les pollens ne rentrent dans la journée

Prendre une douche et changer de vêtements en rentrant chez soi

Eviter de sécher son linge à l’extérieur

Retrouvez ici notre interview du Dr Laure Bellange, allergologue à Lyon, sur la hausse des allergies aux pollens.

 

À SAVOIR

Les allergies au pollen génèrent des coûts de santé estimés à 40,6 millions d’euros par an, juste en Auvergne-Rhône-Alpes

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