Bigorexie, drogue des sportifs

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Si la pratique régulière d’une activité sportive est recommandée par les médecins, nombre d’entre eux constatent l’apparition d’un nouveau type de patient : les accros au sport. La pathologie s’appelle la bigorexie. En septembre 2013, elle a d’ailleurs été reconnue par l’OMS. En situation de dépendance Dans Mag2Lyon, Anthony Valour, médecin du sport à Lyon 7e, constate […]

Si la pratique régulière d’une activité sportive est recommandée par les médecins, nombre d’entre eux constatent l’apparition d’un nouveau type de patient : les accros au sport. La pathologie s’appelle la bigorexie. En septembre 2013, elle a d’ailleurs été reconnue par l’OMS.

En situation de dépendance

Dans Mag2Lyon, Anthony Valour, médecin du sport à Lyon 7e, constate que le phénomène « se développe depuis environ deux ans » dans son cabinet. Même son de cloche pour Denis Jagnoux, qui exerce dans le 6e : « c’est clairement un phénomène qui prends de l’ampleur, ce type de patients n’existait pas il y a dix ans ». Il est d’ailleurs difficile de déceler cette maladie puisque le patient ne s’en rend pas compte. Ainsi, les médecins du sport sont souvent confrontés au même scénario. « Ils viennent au cabinet pour faire soigner une blessure. Quand on leur annonce plusieurs semaines, voire plusieurs mois d’arrêt, ils commencent à faire une drôle de tête », explique Denis Jagnoux. Le médecin du sport constate cette frustration chez de nombreux sportifs, notamment les professionnels. Chez les personnes atteintes de bigorexie, les effets physiologiques et psychologiques de manque sont assez similaires à ceux observés chez les toxicomanes. Certains patients arrivent mal à supporter la privation d’activité sportive : « quand je leur annonce un repos forcé de plusieurs semaines, il y a systématiquement négociation, voire refus », confirme le docteur Valour.

L’endorphine ou la molécule du plaisir

Car ce n’est pas la pratique du sport en elle-même qui satisfait les sportifs accros, ce sont les effets de cette pratique. Soumis à une pratique sportive régulière, le cerveau humain (celui des animaux aussi d’ailleurs) sécrète une molécule appelée endorphine. C’est cette molécule qui fait que l’on se sent bien après avoir fait du sport. Pour la petite histoire, c’est cette même molécule qui vous donne envie de dormir après un acte sexuel… Rien d’étonnant à ce qu’elle soit surnommée la molécule du plaisir. Seulement, comme le précise le site entraînement-sportif.fr, « la quantité d’endorphines augmente pendant l’exercice et atteint 5 fois les valeurs de repos, 30 à 45 minutes après l’arrêt de l’effort. Le taux d’endorphine est directement lié à l’intensité et à la durée de l’exercice, mais aussi à l’activité physique ». Les sports d’endurance (running, athlétisme, vélo, etc.) sont les plus à même de provoquer de grandes secrétions d’endorphine.

Un problème psychologique

Le patient est d’autant plus incrédule qu’il n’a en général pas conscience de sa dépendance, renforcée par ce que le docteur Denis Jagnoux appelle « l’air du temps ». « La pratique du sport est mise en valeur par tout le monde, c’est difficile d’en avoir une image négative. Deux à trois séances de sport par semaine sont largement suffisantes. Une personne qui fait plus de 10h00 de sport par semaine prend des risques pour sa santé. Pour l’expliquer à mes patients, je prends toujours l’exemple des cartilages, en leur disant que nous n’en avons que 4mm pour toute notre vie ». La pilule est parfois dure à avaler pour des patients. Le sport devient pour eux un vecteur de confiance et d’image sociale positive. Pour finir, la bigorexie semble encore méconnue par nombre de professionnels. On en veut pour preuve le fait d’avoir appris le nom de cette maladie à de nombreux médecins du sport, contactés pour les besoins de l’article…

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