Les inquiétudes maternelles, nourries par une avalanche d’informations anxiogènes, se multiplient chez les nouvelles générations. Souvent infondées, ces craintes générées par le comportement inhabituel de l’enfant contribuent à l’engorgement des consultations en urgences pédiatriques.

En quoi consistent les inquiétudes maternelles ?

Ce sont ces questions que se posent les mères lorsqu’elles se demandent : ‘’pourquoi mon bébé pleure-t-il ?’’, ‘’que faire s’il tousse, s’il a de la fièvre ?’’… Renforcées par l’absence de langage chez les petits de moins de deux ans, ces inquiétudes autour des maladies les plus fréquentes de l’enfant conduisent nombre de gens à consulter pour de petits riens.

A quoi sont-elles dues ?

De nos jours, une foule de vraies et de fausses inquiétudes viennent embuer le cerveau des parents, qui ont du mal à faire le tri. Auparavant, les gens se posaient moins de questions, trouvaient des réponses dans la famille. Aujourd’hui, le bon sens paysan disparaît au profit d’internet et l’on consulte pour un oui ou pour un non.

Quelle est la proportion prise par ces fausses urgences ?

Alors que le nombre de pédiatres diminue, on constate une inflation des consultations non programmées dans les services d’urgences, comme à l’HFME (Hôpital Femme Mère Enfants), où seulement 5 à 10% des consultations, pourtant bondées, concernent des cas graves. Les mères trop inquiètes finissent par faire du ‘’docteur shopping’’, alors qu’il est souvent impératif d’attendre un peu pour être certain de ne pas consulter pour rien. N’oublions pas que l’attente, dans les services d’urgence, peut être très longue et que ce n’est pas forcément mieux pour l’enfant, bien mieux chez lui au calme.

Quels conseils donneriez-vous aux mères pour éviter de consulter pour rien ?

D’abord, faire preuve de ce fameux “bon sens paysan” ! Ce n’est pas parce qu’un enfant pleure, qu’il tousse ou qu’il a de la fièvre qu’il faut s’inquiéter. Ce sont des symptômes courants, que la mère peut aborder avec le pédiatre de son enfant à l’occasion de ses visites programmées. Ensuite, faire attention aux idées reçues : en France, la poussée dentaire est aujourd’hui accusée de tous les maux !

Fièvre et pleurs, des signaux d’alerte

Plus concrètement, que peut-on faire pour soulager son enfant ?

On peut soigner sans prescription. Il est essentiel d’avoir chez soi trois éléments : du sérum physiologique pour laver le nez d’un enfant qui tousse ou dort mal, du soluté de réhydratation en cas de diarrhée sous forme de sachets de sels minéraux que l’on mélange à l’eau, et du paracétamol, type Doliprane, que l’on administre si la fièvre dépasse les 38°. Et le faire vacciner correctement, au-delà des vaccins obligatoires.

Quels sont les signes révélateurs d’une véritable urgence ?

Lorsque l’enfant n’est pas comme d’habitude. S’il est hostile, ne mange pas, se recroqueville, perd du poids, a un faciès particulier. Ce sont ces signes, lorsqu’ils accompagnent la fièvre ou les pleurs, qui doivent inquiéter. Un enfant de moins de trois mois doit alors être vu dans la journée, voire même dans l’immédiat pour un enfant de moins d’un mois.
Retrouvez la liste de tous les médecins pédiatres de votre quartier sur www.conseil-national.medecin.fr
Dr Jacques Robert

A savoir

Jacques Robert, président des Pédiatres ambulatoires du Lyonnais et de Rhône-Alpes, a débuté sa carrière à l’hôpital Debrousse, à Lyon, en 1964. Il a ensuite exercé dans l’Est lyonnais, en libéral (Décines, Vaulx-en-Velin) et en maternité à la clinique Champ Fleuri. Consultant dans divers hôpitaux (Debrousse, Edouard Herriot, HFME, Lyon-Sud), également spécialiste en allergologie, il est l’auteur d’un précédent ouvrage, Vivre mieux avec les allergies de l’enfant, paru en 2012 (éditions Odile Jacob).
Mal de mère et Maux d’enfants est paru en octobre 2014 aux éditions L’Harmattan.

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