AVC : réagir vite pour limiter les séquelles cérébrales

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Selon une étude de chercheurs américains, un AVC équivaudrait pour le cerveau à un vieillissement prématuré de huit ans. Dés les premiers symptômes d’un accident vasculaire cérébral, le temps est donc compté: agir vite et bien augmente considérablement les chances de ceux qui en sont victimes. Les explications d’un médecin du Samu lyonnais pour sauver des vies ou limiter les conséquences de l’AVC.

Selon une étude de chercheurs américains, un AVC équivaudrait pour le cerveau à un vieillissement prématuré de huit ans. Un chiffre inquiétant alors que 130 000 Français sont victimes chaque année d’un accident vasculaire cérébral, rupture brutale de la circulation sanguine dans le cerveau. Quel que soit l’âge de la victime, un AVC peut s’avérer mortel (50 000 décès par an) et provoquer de graves séquelles si la prise en charge n’est pas immédiate. Le docteur Porthault-Chatard, médecin au Samu de l’Hôpital Edouard-Herriot, à Lyon, explique l’importance des bons réflexes à avoir lorsque les premiers symptômes se manifestent.

Pourquoi ne faut-il pas prendre un AVC à la légère ?

L’Accident vasculaire cérébral est une pathologie particulièrement grave, brutale et fréquente. Il s’agit en France de la première cause de handicaps physiques chez l’adulte, de la deuxième cause de démence et de la troisième cause de mortalité.

Quelles sont les origines de l’AVC ?

L’AVC est provoqué par une interruption brutale de la circulation sanguine d’une zone du cerveau, qui se traduit par de graves déficits neurologiques. Il est dans 80% des cas dû à l’obstruction d’un vaisseau par un caillot ou par une plaque d’athérome riche en cholestérol: on parle alors d’un AVC ischémique. Dans les 20% de cas restants, il s’agit d’une rupture du vaisseau entraînant une hémorragie. La gravité est sensiblement la même, c’est le traitement qui diffère. C’est pourquoi on ne met en route le traitement qu’après un scanner ou, encore mieux, une IRM, à même de déterminer de quel type d’AVC souffre le patient.

Réagir vite et bien face à l’AVC

Est-il vrai que chaque minute compte en cas d’AVC ?

Oui. Quoi qu’il arrive, il est essentiel d’aller très vite pour que le traitement soit efficace. Compte tenu du temps de transport par les secours, de la prise en charge à l’hôpital, de l’examen radiologique, il est indispensable, dès la manifestation des symptômes, de contacter le 15, qui a un accès direct à une prise en charge spécifique, soit en unité neurovasculaire, soit aux urgences de l’hôpital, où le personnel est sensibilisé et formé à cette nécessité d’aller très vite.

Quels sont ces symptômes ?Illustration AVC

Une paralysie faciale, un déficit moteur sur un côté, des troubles d’élocution, de vision ou d’équilibre, et parfois des maux de têtes intenses, brutaux , inhabituels. Mais les symptômes, souvent, ne sont pas douloureux et les victimes attendent. C’est une erreur, car une personne touchée par un AVC perd 2 millions de neurones par minute.

L’AVC touche toutes les tranches d’âge

Quelles en sont les principales séquelles ?

Outre bon nombre de décès, un AVC peut avoir des conséquences graves. Certaines victimes ne retrouvent pas la parole, ne peuvent plus se servir d’un côté de leur corps, ont des troubles de vision, voire des troubles cognitifs, comme la dépression.

Est-il vrai que les AVC touchent principalement les personnes âgées ?

Non, c’est une idée reçue qu’il faut corriger. Si le risque augmente avec l’âge, un quart des AVC concernent des gens de moins de 65 ans, y compris les enfants.

Que faut-il faire pour ne pas en être victime ?

Avoir une excellente hygiène de vie. Les facteurs de risque sont l’hypertension non traitée, mais aussi le tabac, l’association  pilule/tabac, le cholestérol, le stress, le diabète ou encore le manque de pratique sportive.

Que faire en cas d’alerte : composez le 15

Consultez la liste de tous les médecins neurologues près de chez vous sur www.conseil-national.medecin.fr

A savoir

Une étude réalisée par des chercheurs de l’université du Michigan sur une population de 4 900 seniors âgés de plus de 65 ans révèle qu’un AVC équivaudrait à un vieillissement prématuré du cerveau de huit ans. La mémoire et la vitesse de réflexion seraient les principales fonctions cognitives altérées. Si les personnes âgées restent statistiquement les plus touchés par des accidents vasculaires cérébraux, une autre étude publiée dans la revue médicale The Lancet montre que le phénomène prend de l’ampleur chez les moins de 65 ans, avec une augmentation de 25% en 20 ans chez les 20-65 ans. Au total, les personnes âgées de moins de 65 ans représentent 31% des cas d’AVC dans le monde. La même étude évalue à 16,9 millions le nombre d’AVC survenus en 2010 dans le monde, soit 68% de plus qu’en 1990, avec un nombre de décès estimé à 5,9 millions.

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