Infirmier et son patient
Infirmier et son patient

L’épidémie de Covid-19 semble observer une décrue en Auvergne-Rhône-Alpes. Le personnel soignant, lui, reste mobilisé. En particulier les infirmiers libéraux. Entre manque de reconnaissance et journées à rallonges, ces professionnels de santé à domicile expriment leur ras-le-bol. Explications dans l’émission Votre Santé avec Catherine Jamet, infirmière libérale Savoie et trésorière de l’URPS Infirmiers Libéraux Auvergne-Rhône-Alpes.

Si l’épidémie de Covid-19 semble observer une décrue en Auvergne-Rhône-Alpes, le personnel soignant reste fortement mobilisé. En particulier les infirmiers libéraux. Entre manque de reconnaissance et journées à rallonges, ces professionnels de santé à domicile expriment leur ras-le-bol. Explications dans l’émission Votre Santé avec Catherine Jamet, infirmière libérale Savoie et trésorière de l’URPS Infirmiers Libéraux Auvergne-Rhône-Alpes.

Entre soins standards, suivi des patients à domicile, tests PCR et vaccination, les infirmiers libéraux sont en première ligne depuis le début de la crise sanitaire en Auvergne-Rhône-Alpes. Épuisement, frustration, inquiétude… De Lyon à Saint-Etienne, de Grenoble à Clermont-Ferrand, ils sont de plus en plus nombreux à souffrir d’un manque de reconnaissance. Alors que se profile l’opération de dépistage massif du Covid-19 lancée par Laurent Wauquiez avant les fêtes de Noël. Le point sur la situation actuelle des infirmiers libéraux dans l’émission Votre Santé sur BFM Lyon. Au côté d’Elodie Poyade et de Pascal Auclair, Catherine Jamet, infirmière libérale à Annecy-le-Vieux et trésorière de l’URPS Infirmiers Libéraux Auvergne-Rhône-Alpes, dépeint ainsi un triste tableau.

Les infirmiers libéraux, « les grands oubliés de cette crise sanitaire »

Pascal Auclair (Ma Santé) et Catherine Jamet (URPS Infirmiers Libéraux) sur le plateau de BFM Lyon ©BFM
Pascal Auclair (Ma Santé) et Catherine Jamet (URPS Infirmiers Libéraux) sur le plateau de BFM Lyon ©BFM
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Quelles sont les conditions de travail pour les infirmiers libéraux depuis le début de cette crise épidémique ? 

Les journées sont longues, jusqu’à douze heures d’affilées. Et ce d’autant plus que nos tournées habituelles sont déjà bien chargées. Notamment du fait du raccourcissement des durées d’hospitalisations et du vieillissement de la population. À ce travail quotidien se rajoute le suivi des patients Covid, comprenant des soins spécifiques.

Par ailleurs, les infirmiers libéraux ont été d’un grand renfort dans les EPHAD, affaiblies par un personnel soignant malade. De même, les laboratoires ont fait appel à nous pour réaliser davantage de tests RT-PCR. Et si la situation commence à se calmer, nous avons été énormément sollicités ces derniers mois. Entre soins, tests et autres suivis, les journées de travail s’étalent sur douze heures. De quoi être fatigué !

Les infirmiers libéraux sont-ils les grands oubliés de cette crise ? 

Oui, je le pense. Rarement les infirmiers libéraux se retrouvent à la une, à l’inverse des pharmaciens, médecins ou professionnels hospitaliers. Ainsi, au niveau médiatique, on ne parle que peu des infirmiers libéraux. Pourtant, ces derniers sont présents 24h sur 24 et 7 jours sur 7.

Vous êtes sur le terrain au quotidien  Selon vous, l’épidémie est-elle vraiment en voie de diminution ? 

Oui. C’est un constat de plus en plus perceptible. Ces derniers temps, les tests RT-PCR reçoivent moins de demandes. À laquelle s’ajoute une récente diminution des cas positifs. Une petite régression est ainsi observée dans nos activités. Toutefois, beaucoup redoutent les vacances de Noël, susceptibles de produire un nouveau pic épidémique.

« Une période très difficile à vivre »

Beaucoup d’infirmiers libéraux se plaignent d’épuisement professionnel. Est-ce votre sentiment ? 

Oui. Presque 40 % des infirmiers souhaitent changer de métier. De quoi s’inquiéter. D’autant plus que la durée professionnelle d’un infirmier est déjà courte. Entre ceux souhaitant changer de métier et les carrières courtes, difficile de voir une lueur d’espoir. Et pour cause, cette période est très difficile à vivre.

Face à cette situation préoccupante, avez-vous eu des réponses ? 

Malheureusement, aucune réponse gouvernementale n’a été évoquée. Si dans les établissements hospitaliers, des possibilités de soutien et d’aide psychologique sont déployées, ce n’est pas le cas dans le libéral. Notre seule solution ? Echanger entre nous. Créer des groupes virtuels pour discuter. Bref un vrai ras-le-bol apparait, en plus de l’inquiétude d’une troisième vague.

Entre le manque de reconnaissance et le faible salaire, l’envie de travailler reste-t-elle la même ? 

Heureusement, l’amour du métier persiste. Nos patients restent reconnaissants. Certains nous disent même « vous êtes mon rayon de soleil ». Une parole touchante qui nous pousse à avancer.

Vaccinations, tests Covid… Quel apport pour les infirmiers libéraux ? 

Les campagnes de vaccination contre le Covid-19 à venir feront-elles appel aux infirmiers libéraux ?

On espère être mis à contribution. La vaccination reste le cœur de notre métier. Être en première ligne de vaccination tient à cœur de tous les infirmiers libéraux.

Le dépistage massif en Auvergne-Rhône-Alpes en questions

Selon vous, est-ce une bonne chose de tester de manière massive les habitants d’Auvergne-Rhône-Alpes avant les fêtes de Noël ? 

Dépister les personnes amenées à se déplacer lors des fêtes parait cohérent. On a l’exemple des dégâts observés pendant les vacances d’été. Toutefois, le flou demeure sur la gestion logistique d’un tel dépistage massif.

Après les déclarations de Laurent Wauquiez, on attend désormais la validation de l’Agence Régionale de Santé (ARS) et du ministre de la Santé. Les infirmiers libéraux sont prêts à rendre ce nouveau service. Mais pas à n’importe quel prix ni n’importe comment. Nous sommes donc en attente de davantage de décisions.

Les effectifs actuels suffiront-ils pour ce dépistage massif ? 

Au vu des effectifs actuels, il semble peu probable de tester ces huit millions d’habitants. Il faudrait pour se faire que les infirmiers libéraux arrêtent de travailler et s’occupent uniquement des tests antigéniques. Ce qui évidemment ne sera pas possible. Par ailleurs, il faudra tenir compte de la nature de ces tests.

En effet, ces derniers comprennent toute une traçabilité et une logistique informatique. Un temps de travail important. Par ailleurs, certaines personnes ne voudront pas se faire dépister. Il reste donc beaucoup de questions en suspend.

A SAVOIR

En 2018, seuls 1 260 infirmiers libéraux pour 100 000 habitants sont recensés dans le Rhône. Le département de l’Ain étant le moins bien équipé de la région, avec 753 infirmiers libéraux pour 100 000 habitants.

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