Une forêt de bouleaux, sources d'allergies aux pollens.
Les premiers pollens à impacter les allergiques, dès le mois de février, proviennent du bouleau. ©Pixabay

Les beaux jours sont là, et avec eux les premières allergies aux pollens. Un pic allergique aux pollens de bouleau est annoncé pour le début de semaine prochaine en Auvergne-Rhône-Alpes, avant que les pollens de graminées ne prennent le relais à partir du mois d’avril. Une saisonnalité conforme aux années précédentes, selon l’allergologue lyonnais Patrick Azjenberg, qui s’inquiète tout de même de la hausse exponentielle du nombre d’allergiques, conséquence directe du réchauffement climatique.

Atchoum, revoilà les pollens ! Le réseau National de Surveillance Aérobiologique a publié lundi une alerte aux pollens de bouleau. Leur concentration touchera d’abord le nord du pays, dès ce jeudi 24 mars. Pour Lyon et la région Auvergne-Rhône-Alpes, le pic est plutôt attendu autour du 28 mars, soit lundi prochain.

De là à penser que la saison des allergies est en avance, il y a un pas que les allergologues ne franchiront pas. Malgré cette impression d’une pollenisation précoce, liée à un bouleversement climatique généralisé, les pics allergiques correspondent bien à l’arrivée des beaux jours, comme l’explique le Dr Patrick Azjenberg, allergologue à Lyon.

La saison des allergies aux pollens démarre-t-elle désormais plus tôt ?

Non, pas spécialement. Les pollens de bouleau se manifestent habituellement entre février, mars et avril. Nous sommes donc bien dans les temps, et nous avons déjà constaté l’apparition de pollens d’aulne depuis deux à trois semaines. Dans la région lyonnaise, les graminées feront leur apparition à partir d’avril/mai, jusqu’à mi-juillet. Puis ce sera au tour de l’ambroisie. Cette dernière, en revanche, nous touche effectivement plus tôt qu’il y a quelques années : soit fin juillet, au lieu de mi-août.

Est-ce l’un des effets du réchauffement climatique ?

Oui, mais cet impact se mesure moins sur la saisonnalité que sur le plan quantitatif. Il y a 30 ans, il y avait beaucoup moins de sujets allergiques aux pollens d’arbres, et surtout aux pollens de graminées.

Des pollens de plus en plus agressifs

Pourquoi le nombre de personnes allergiques augmente-t-il ?

Parce qu’il y a toujours plus de pollens dans l’air, du fait de la hausse des températures. Et que les gens, de manière générale, sont potentiellement plus facilement allergiques, pour des raisons multifactorielles. Il y a plusieurs théories qui expliquent cette fragilité nouvelle, mais les deux plus courantes sont la surprotection aux infections, qui augmente le risque allergique, et les effets de la pollution, qui rendent les pollens plus agressifs.

Peut-on subitement devenir allergique ?

Si vous avez un terrain allergique, mais que vous n’avez jamais développé d’allergie, cela peut très bien se produire demain. Il suffit en effet de conjuguer une prédisposition à une exposition nouvelle à un allergène. Par exemple, vous êtes muté à Marseille et vous êtes exposé subitement à des pollens de cyprès, qui n’étaient pas présents dans votre région d’origine. Et cela peut se produire à tout âge.

Gare aux signes qui alertent

Peut-on éviter une allergie aux pollens ?

À moins de déménager dans une zone sans exposition, c’est impossible si vous avez un terrain allergique. Certains réflexes simples, en revanche, peuvent atténuer le risque, comme ferme les volets et les stores, ou se laver les cheveux avant de se coucher, pour éviter de déposer des pollens sur l’oreiller.

Pour rappel, quels sont les signes qui alertent ?

Principalement les écoulements nasaux et les salves d’éternuement, symptomatiques de la rhinite. Des yeux qui pleurent et des démangeaisons, qui caractérisent la conjonctivite. Certains se plaignent aussi d’irritations de la gorge, voire de crises d’asthme. Des traitements symptomatiques sont proposés pour les soulager: s’ils sont bien adaptés, ils sont généralement très efficaces.

Allergie aux pollens : les symptômes peuvent s’aggraver

Les effets peuvent-ils être graves ?

Une allergie aux pollens peut clairement perturber la vie de celui qui en souffre, entre mauvais sommeil et fatigue générée par l’allergène lui-même et par la prise de médicaments. Le retentissement sur la vie sociale peut être lourd. Dans certains cas, ces troubles associés peuvent conduire à une certaine invalidité, et, incidemment, par des arrêts de travail.

Il est donc indispensable de traiter au plus tôt son allergie ?

Oui, car les symptômes peuvent s’aggraver d’année en année. Notamment chez les enfants qui, s’ils font l’objet d’une prise en charge précoce, auront moins de risques de voir leur allergie se dégrader. Il est possible de traiter une allergie sur le long terme. On appelle cela la désensibilisation, sorte de vaccination pour ne plus être sensible aux pollens. En amont de la saison allergique, on place chaque matin des gouttes sous la langue durant plusieurs mois. Et ce sur au moins quatre années. C’est assez coûteux et contraignant, mais c’est efficace.

À SAVOIR

25 à 30% de la population est allergique aux pollens de graminées, selon l’INSERM, qui estime que cette proportion devrait s’établir à 50% en 2050.

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