La saison des allergies aux pollens a débuté.
Dans la région, les voyants sont au rouge et les risques d'allergies aux pollens sont au plus haut. ©Freepik

Les allergies, c’est parti ! Rhinite, conjonctivite, asthme, réaction cutanée… Au printemps, les pollens sont là pour perturber notre quotidien. Près de 12 millions de Français sont allergiques. Et si les symptômes sont souvent bénins, les personnes ayant une fragilité respiratoire doivent faire preuve de vigilance. Comment prévenir l’allergie saisonnière ? Comment la traiter ? Les explications de l’allergologue lyonnais Patrick Azjenberg, à l’heure où le réseau national de surveillance aérobiologique publie un bulletin de risque élevé d’allergie pollinique aux graminées dans le Rhône et la Drôme.

Nez qui coule, gorge qui gratte, éternuements, larmoiements des yeux, voire crise d’asthme… Tous ces symptômes sont propres à l’allergie saisonnière. Vous êtes de plus en plus nombreux à être confrontés, chaque printemps, à une allergie. Le fameux “rhume des foins”.

Comment identifier les pollens ? Comment s’en débarrasser ? Quels conseils pour éviter ces réactions allergiques? Faut-il privilégier le traitement médicamenteux ou la désensibilisation ? L’allergologue Patrick Azjenberg a répondu à toutes ces questions  dans l’émission Votre Santé sur BFM Lyon, ce jeudi 15 avril. Un rendez-vous hebdomadaire animé par Elodie Poyade et Pascal Auclair, rédacteur en chef du groupe Ma Santé.

 

Quels sont les pollens les plus présents en Auvergne-Rhône-Alpes ?

Tout dépend de la période, sachant que le taux de pollen varie en fonction de la météo mais aussi de la saison. Actuellement, dans notre région, le pollen prédominant est le pollen de bouleau, très allergisant. On rencontre aussi des pollens de frêne ainsi qu’une montée des pollens de chêne et quelques pollens de charme.

 

D’où provient l’expression « rhume des foins » ?

Le rhume des foins fait allusion à une saison. En effet, il y a quelques dizaines d’années, on attribuait cette pathologie à la période des foins, aux mois de mai et de juin. C’était l’époque où les gens fauchaient encore. Mais on ne savait pas exactement d’où provenaient ces symptômes qui apparaissaient donc en parallèle de la coupe de l’herbe.

 

Allergies saisonnières, un pic à l’adolescence 

En moyenne, à quel âge apparaissent les allergies saisonnières ?

Les allergies peuvent apparaître à tous les âges. En revanche, on constate que les allergies aux pollens font leur apparition assez tard, chez les enfants de 7 à 8 ans.

 

Est-ce que les allergies saisonnières peuvent disparaître naturellement ?

En général, si l’allergie apparaît dès l’enfance, elle aura tendance à s’aggraver avec l’âge pour attendre son apogée vers 18 ans, durant les périodes d’examens. À partir de 40 ans, les individus voient leurs allergies, spontanément, même sans prise de traitements, diminuer.

 

Les symptômes sont-ils propres à chacun ?

Oui, les symptômes sont différents en fonction des pollens et des patients. En effet, il y a des pollens plus ou moins virulents comme les pollens de graminées. En général, les symptômes principaux sont la rhino conjonctivite, le nez bouché, les larmoiements des yeux ainsi qu’une démangeaison du palais et de la gorge. Dans des cas très particuliers, il peut y avoir de l’asthme et des réactions cutanées.

 

Plusieurs traitements possibles contre l’allergie saisonnière 

Comment prévenir ces réactions allergiques ?

docteur Patrick Azjenberg, allergologue à Lyon
Le docteur Patrick Azjenberg, allergologue à Lyon ©BFM

Il y a 3 armes. La première consiste à respecter des mesures assez classiques : ne pas trop sortir, se laver les cheveux en rentrant le soir pour enlever les pollens ou encore ne pas étendre son linge à l’extérieur. La deuxième arme est de traiter les symptômes avec des antihistaminiques ou encore des corticoïdes. Enfin, la troisième arme, c’est la désensibilisation. Il s’agit, en quelque sorte, d’une vaccination contre les pollens. Ce traitement se prend sous la langue (voie sublinguale) et se révèle très efficace.

 

Quels sont les traitements contre ces allergies ?

Il existe différents types de traitement :

  • Des antihistaminiques, qui sont des médicaments accessibles librement en pharmacie.
  • Les corticoïdes locaux
  • Des molécules antiallergiques

On va jongler entre ces trois types de traitement en fonction du pollen et du patient.

 

Les injections de cortisone sont-elles encore d’actualité ?

Cela ne se fait pratiquement plus. On a constaté qu’avec ce type de traitement, plus les années passent, plus les symptômes devenaient virulents. En revanche, sur une période de 2 à 3 jours, une prise de cortisone par voie orale peut permettre de traiter une surexposition aux pollens comme durant un week-end à la campagne.

 

Allergies aux pollens et crise sanitaire

En pleine pandémie, comment différencier les symptômes entre une contamination Covid et une allergie saisonnière ?

Il faut savoir que l’allergie est très caractéristique. Lorsqu’on éternue pour une infection, celle-ci se fera à 3 reprises. Alors que pour une allergie, on est plutôt aux alentours de 20 éternuements consécutifs ! De plus, pour une infection, les sécrétions du nez sont jaunâtres voire verdâtres. Tandis que pour une allergie, le liquide qui s’écoule du nez a une apparence proche à celle de l’eau. Enfin, dans une allergie, on aura toujours une conjonctivite avec des yeux qui piquent. C’est donc assez facile de faire la distinction entre une allergie saisonnière et la Covid-19.

 

Est-ce que la forte présence du pollen dans l’air peut augmenter le taux d’infection au Covid, comme le suggère une récente étude allemande ?

C’est tout à fait possible. Les pollens ne sont pas qu’allergènes. Ils ont aussi une capacité d’irritation. Le pollen est naturellement irritant en plus d’être allergisant. Les individus qui respirent du pollen peuvent donc avoir des muqueuses respiratoires fragilisées par les pollens sans, pour autant, être allergiques.

Retrouvez ici l’émission du jeudi 15 avril 2021 sur BFM Lyon.

À SAVOIR

Le RNSA (Réseau National de Surveillance Aérobiologique) a mis au point une carte interactive, à l’échelle nationale, afin de pouvoir identifier, au plus près de chez vous, les pollens présents et le risque d’allergie. 

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