L’appel à la fermeture des cabinets des médecins libéraux entre Noël et le Jour de l’An continue de prendre de l’ampleur. C’est au tour du Syndicat national des médecins homéopathes français de s’associer au mouvement.

Le Syndicat national des médecins homéopathes français (SNMHF) a annoncé ce vendredi 28 novembre son intention de s’associer au mouvement de grève des médecins libéraux, lançant un appel à la fermeture des cabinets des médecins homéopathes du 24 au 31 décembre 2014. “Incontestablement, le projet de loi de santé de Marisol Touraine, ministre des Affaires sociales e de la Santé, crée l’unanimité des syndicats des médecins libéraux contre lui“, explique Dominique Jeulin-Flamme, la présidente du SNMHF, pour justifier ce ralliement tardif.
Dans le détail, la dirigeante du syndicat des homéopathes français fait des vers pour dénoncer avec sa prose:

  • Le libre choix du médecin désormais gravement menacé.
  • Le tiers payant pour tous, à la charge de la profession, imposé.
  • Le contenu de l’acte médical déshabillé.
  • L’installation des médecins encadrée.
  • Le médecin généraliste déconsidéré.
  • La valeur du C (tarif conventionnel d’une consultation en cabinet, ndlr), inamovible à 23 € depuis des années, dévaluée.

Il faut cesser d’assassiner la médecin libérale“, conclut le docteur Jeulin-Flamme.

La contagion de la grève gagne toutes les profession de santé

Quatre syndicats de médecins (généralistes et spécialistes) ont déjà annoncé leur intention d’appeler leurs adhérents à une inédite “trêve des confiseurs de la médecine”, du 24 au 31 décembre prochains. D’importantes perturbations sont aussi à prévoir dans les cliniques privées à partir du lundi 5 janvier 2015, un autre appel à la grève ayant été lancé pour  s’opposer à la future loi sur la santé. Par contagion, une partie du milieu hospitalier pourrait lui aussi être impacté par cette grogne ambiante. Plusieurs intersyndicales de médecins hospitaliers et urgentistes envisagent en effet de se joindre au mouvement de contestation pour dénoncer à la fois la question de la pénibilité de leur métier et de leur rémunération durant les gardes. Une réunion au ministère de la Santé est programmée début décembre pour évoquer ces sujets sensibles.

Les hôpitaux publics craignent la saturation

En attendant, la mobilisation des cliniques privées n’est pas du goût de tous, et notamment des hôpitaux publics. dans une lettre adressée au cabinet du ministre de la Santé, Bruno Maquart, délégué général de la FHF (Fédération des hôpitaux de France), stigmatise le caractère “irresponsable” des grévistes. “Au-delà des dispositions que le ministère sera amené à prendre pour assurer la sécurité sanitaire, la FHF demande que les autorisations d’activités d’urgence soient ipso facto retirées aux cliniques dès lors qu’elles se mettront en grève, le respect des missions du service public y afférentes ne pouvant souffrir aucune exception », précise dans ce courrier électronique le délégué général de la FHF. Ce dernier craint que la fermeture de la plupart des 132 services d’urgence en cliniques privées n’engendre un afflue de patients dans les établissements publics. Avec un risque d’engorgement, même si les préfectures auront le pouvoir de réquisitionner les services d’urgences de certaines cliniques privées..
Selon une première estimation, 70 à 80% des praticiens pourraient suivre le mouvement de grève durant la période de fin d’année. Comme le prévoit la loi, des gardes seront bien assurées, mais les syndicats recommandent aux patients chroniques d’anticiper le renouvellement de leurs traitements ou leurs visites de routine. Autre conseil, évitez si possible de contracter la grippe ou une gastro entérite durant les fêtes…

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