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Alerter, dépister, protéger... trois priorités pour les agents du contact tracing sur la plateforme de Villeurbanne ©CPAM Rhône

Maillon essentiel dans la lutte contre la propagation de l’épidémie de coronavirus, le dispositif de contact tracing monte en puissance dans le Rhône. Objectif ? Identifier tous les porteurs du virus et leurs cas contacts pour expliquer les bonnes pratiques à adopter et préconiser un dépistage précoce. Un énorme travail réalisé par les 320 agents enquêteurs qui se relaient, 7 jours/7, sur la plateforme de la CPAM du Rhône, à Villeurbanne.

 

Le contact tracing est en vogue dans le Rhône. Malheureusement… Alors qu’Emmanuel Macron vient d’annoncer l’instauration du couvre-feu sur la Métropole de Lyon à partir de samedi, les équipes de l’Assurance Maladie du Rhône redoublent d’effort pour traquer le coronavirus. Avec un seul mot d’ordre: tester-alerter-protéger. Trois mots répétés par le chef de l’Etat lors de son allocution télévisée.

Depuis le lancement du dispositif de « contact tracing », le 13 mai dernier, 112 484 personnes ont déjà été identifiées et appelées par les conseillers de la plateforme. Une cellule de crise mise en place par la Caisse Primaire d’Assurance Maladie (CPAM) du Rhône, à Villeurbanne. Parmi ces personnes identifiées et appelées, 30 120 patients diagnostiqués positifs à la Covid. Mais aussi 82 464 cas contacts sollicités par téléphone. « La semaine dernière, l’Assurance Maladie a réussi à joindre 95 % des patients positifs et 92 % des cas contacts« , précise la direction de la CPAM du Rhône.

 

Casser la chaîne de contamination du coronavirus

Pour gérer la crise sanitaire et freiner la progression de l’épidémie, les équipes de l’Assurance Maladie du Rhône continuent de s’adapter. Avec de nouveaux moyens, tant humains qu’organisationnels.  » Notre priorité ? Identifier, appeler et informer au plus vite de la conduite à tenir tous les patients diagnostiqués positifs à la Covid-19 et leurs cas contact afin de casser les chaînes de contamination du virus « , explique Emmanuelle Lafoux, directrice générale de la CPAM du Rhône.

De fait, avec l’accélération de l’épidémie sur le département, cette mission inédite confiée à l’Assurance Maladie il y a cinq mois – au moment du déconfinement – est appelée à s’intensifier. Car, plus que jamais, il devient crucial de repérer les cas contact. Pour qu’ils s’isolent et se fassent tester au plus vite. 

 

Le contact tracing, un moyen efficace de faire face au rebond épidémique 

 

Concrètement, les appels passés depuis la plateforme servent à informer les personnes contaminées ou susceptibles de l’être. Priorité : rappeler les mesures à adopter. A savoir isolement via le télétravail ou arrêt de travail, modalités d’accès aux tests et aux masques, rappel des autres gestes barrières…  » 96 % des patients zéro appelés le sont dans les 24 heures qui suivent la confirmation de leur diagnostic. Par ailleurs, 81 % des personnes contact sont également appelées dans les 24 heures suivant la confirmation du diagnostic du patient zéro qu’ils ont croisé « , précise la CPAM du Rhône. 

Pour que ce dispositif soit efficace, 7 jours sur 7, consigne a été donnée aux 55 000 médecins généralistes exerçant en France de faire remonter l’information le plus vite possible. Car ce sont eux qui sont en première ligne lors des consultations.

 

Responsabiliser les médecins pour remonter rapidement l’information 

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A Villeurbanne, la plateforme de contact tracing mobilise 320 agents pour traquer le coronavirus ©CPAM

Depuis le 24 juillet, les patients peuvent avoir été dépistés positifs sans prescription d’un test par leur médecin. Certains se font en effet tester sur les lieux de dépistage collectif ou à leur initiative personnelle. Des initiatives personnelles qui modifient singulièrement les circuits d’information.

Pour résoudre ce problème, l’Assurance Maladie du Rhône cherche désormais à responsabiliser encore davantage les médecins. Ainsi, dès qu’un généraliste a connaissance d’un test positif chez l’un de ses patients, il doit systématiquement prendre contact avec lui. Pour une consultation ou, de préférence, une téléconsultation.  » Et ce, qu’il ait prescrit ou non le test à son patient, et qu’il ait été informé de la positivité du test par le laboratoire d’analyses médicales ou par le patient lui-même « , précise la direction de la CPAM du Rhône.

Les Agences régionales de santé (ARS) interviennent quant à elles pour prendre en charge les foyers de contamination groupés. Ces fameux clusters qui agissent comme des bombes à fragmentation dans la population.

8 750 enquêteurs sur la plateforme « contact tracing »

Au cœur de ce dispositif, la plateforme de contact tracing de la caisse primaire du département mobilise actuellement 320 agents. « Il n’y en avait qu’une vingtaine à la mi-août« , se souvient Emmanuelle Lafoux, directrice générale de la CPAM du Rhône. Ces effectifs ne cessent de gonfler pour faire face à l’afflux de demandes et à l’importance de réagir très rapidement. « La plateforme gère entre 3 000 et 6 900 patients par jour. Le dimanche et le lundi sont les jours les plus creux. Les deux tiers des patients contactés sont envoyés au dépistage« . 

En moyenne, chaque agent passe entre 20 et 25 minutes par appel pour les cas positifs. Environ une dizaine de minutes pour les cas contacts. Le temps nécessaire pour prendre les informations, donner les consignes à suivre. Et, pour les cas contact, juger de la pertinence – ou non – d’aller se faire tester.

 

Priorité, dépister et isoler les cas positifs

Pour faciliter le travail de conviction des enquêteurs sanitaires, des messages de sensibilisation sont adressés par sms en amont du contact téléphonique pour les patients zéro. Des mail via le compte ameli sont aussi adressés à la place des appels téléphoniques pour certains cas contact. Objectif ? Rappeler les règles à suivre concernant le dépistage, l’isolement ou l’arrêt de travail.

Un dispositif lourd mais indispensable, sachant que la CPAM du Rhône doit continuer de gérer parallèlement les « affaires courantes « . En effet, le transfert de personnel vers la plateforme s’effectue sans affecter la poursuite les activités habituelles de la caisse. En l’occurrence le remboursement des soins, le paiement des indemnités journalières et des pensions… Des missions cruciales dans ce contexte de crise sanitaire. 

 

A SAVOIR

Lors de son intervention télévisée, Emmanuel Macron a admis que l’application de traçage des cas contacts sur smartphone baptisée StopCovid  » n’a pas marché « . Conséquence, cette application téléchargée 2,6 millions de fois depuis son lancement, en juin dernier, va être abandonnée. A la place, le chef de l’Etat a annoncé le lancement d’une autre application : TousAntiCovid. Outre le traçage des cas contacts et l’identification des foyers de contamination, cette application plus complète sera une sorte de hub d’information sur le coronavirus.  » Comment circule le virus là où vous êtes ? Où sont les points pour se faire tester. Il y aura des informations générales, des informations plus particulières et locales « , a expliqué Emmanuel Macron. Lancement officiel de TousAntiCovid le 22 octobre.

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