Polémique coronavirus OL-Juventus Turin
Plus de 58 000 supporters dont 3000 en provenance de Turin avaient assisté au match OL-Juventus Turin au Groupama Stadium ©P.Auclair

L’épidémie de coronavirus est source de polémiques. Après la tenue très contestable (et désormais contestée) du premier tour des élections municipales, le maintien du choc OL-Juventus Turin, le 26 février, au Groupama Stadium, est aujourd’hui sujet à caution. Un médecin lyonnais affirme que la venue de 3000 supporters turinois à Lyon a fait “exploser” la propagation du virus dans le Rhône. Chiffres à l’appui.

Après le maintien absurde du premier tour des élection municipales, la venue des supporters de la Juventus de Turin, à Lyon, le 26 février, relance la polémique en pleine épidémie de coronavirus. Lors du match aller des huitièmes de finale de la Ligue des Champions, plus de 3 000 fans de la Juve avaient effectué le déplacement dans le Rhône pour supporter leur équipe au Groupama Stadium.

 

Principe de précaution contre intérêts économiques

coronavirus polémique autour d'OL-Juventus Turin
Le coronavirus n’avait pas fait peur aux supporters de Lyon ©P.Auclair

A l’époque, la France n’était pas officiellement en confinement. Mesures draconiennes instaurées le 17 mars. Mais déjà, des voix s’étaient élevées pour mettre en garde contre un risque de propagation du virus. Les maires de Meyzieu et de Décines étaient notamment montés au créneau pour demander un report, arguant du “principe de précaution“.

Ils avaient reçu une fin de non recevoir ferme, renvoyés dans leurs 22 mètres par Jean-Michel Aulas. “Inutile de créer des angoisses supplémentaires. Les supporters italiens seront dans un espace qui n’est pas en contact avec les autres spectateurs “, avait répondu le président de l’OL, conscient des enjeux financiers d’un match disputé à guichets fermés devant 58 000 personnes.

Un sentiment visiblement partagé par les pouvoirs publics, la préfecture n’ayant pas envisagé un report de la rencontre. “Il n’y a pas lieu d’empêcher ce match“, avait ajouté le ministre de la Santé, Olivier Véran.

 

L’épidémie de coronavirus a “explosé” après OL-Juve

graphique coronavirus OL-Juve
La courbe de l’épidémie de coronavirus dans le Rhône (en bleu) après OL-Juventus ©FMF

Depuis cet épisode, cinq semaines se sont écoulées. Un laps de temps suffisant pour mesurer l’impact et les éventuelles conséquences de ce maintien. Du moins, c’est l’avis du docteur Garrigou-Granchamp. Dans une tribune publiée sur le site de la Fédération des Médecins de France, le praticien lyonnais estime que ce match a “fait exploser” le nombre des cas de contamination à Lyon et dans le Rhône. Chiffres à l’appui.

Le médecin a ainsi effectué une comparaison de l’évolution de l’épidémie de coronavirus dans le Rhône et dans deux départements voisins, l’Isère et la Haute-Savoie. La courbe est éloquente. A partir du 12 mars, soit après la période d’incubation du virus et l’apparition des premiers symptômes, les cas déclarés de coronavirus en milieu hospitalier s’envolent dans le Rhône. Alors que la courbe est beaucoup plus régulière dans les deux autres départements.

 

Une “bombe biologique” selon un médecin lyonnais

polémique à Lyon sur le coronavirus après OL-Juventus Turin
Plus de 3000 Turinois avaient envahi Lyon avant le match OL-Juventus ©P.Auclair

La venue à Lyon des supporters de Turin et leur séjour plus ou moins prolongé dans la Métropole de Lyon ont-ils contribué à accélérer la propagation de l’épidémie dans le Rhône? Oui, estime Marcel Garrigou-Grandchamp, qui prend en exemple une autre rencontre de Ligue des Champions. En l’occurrence, le match Atalante Bergame-Valence déplacé au stade San Siro (Milan) le 19 février, soit une semaine plus tôt. Un choc européen disputé devant 46 000 spectateurs et soupçonné d’être à l’origine de la propagation exponentielle du virus en Lombardie. “Une bombe biologique“, lance le médecin lyonnais, regrettant que “la France n’ait pas su tirer les leçons de l’exemple italien“.

Toutefois, cette analyse n’est pas partagé par l’Agence Régionale de Santé. L’organisme d’Etat ne voit pas de corrélation directe entre la tenue du match et la progression rapide de l’épidémie dans le Rhône. “Les investigations menées individuellement pour chaque cas n’ont pas mis en évidence de cas en lien avec le match“, réfute l’autorité sanitaire régionale dans les colonnes du quotidien Le Progrès.

La santé de millions de personnes a-t-elle été sacrifiée sur l’autel des intérêts économiques ? Un doute subsiste, d’autant plus dommageable que deux semaines plus tard, le match retour à Turin avait été d’abord programmé à huis-clos. Puis finalement reporté à une date indéterminée. Tout ça pour ça…

 

A SAVOIR

Selon le dernier communiqué de l’Agence Régionale de Santé publié ce vendredi soir, 2 838 patients atteints du Covid-19 sont actuellement hospitalisés à Lyon et en Auvergne-Rhône-Alpes, dont environ 25% en réanimation. L’ARS déplore 448 décès en milieu hospitalier et 202 décès dans les Ehpad de la Région Auvergne-Rhône-Alpes.

2 Commentaires

  1. Les Turinois ont visité Lyon!!!! Pas de corrélation,as t’on identifié les cas contacts présents à ce match,,et les contacts pendant les meetings politiques ? Les salles de sports de bridges mano mano ,Depuis fin janvier moi modeste infirmière j’enrageais devant tant d’insouciance on ne voulait pas s’empêcher de vivre maintenant on veut tardivement s’empêcher de mourir,et que dire du port d’un masque Inutile Psychose ? N’oubliez pas que l’argent du foot c’est pas très propre mais que dire de la monnaie chez votre commerçant ! Gestes barrières … Paris et son métro ce fut encore pire et il vaudrait mieux accueillir les citadins à la campagne que des malades en réa ; bon sens

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