reconfinement local coronavirus lyon saint-Etienne
Serge Morais, DG adjoint de l'ARS, s'inquiète de la situation à Lyon et saint-Etienne ©P.Auclair

Un reconfinement local est-il à l’étude dans quelques grandes métropoles, dont Lyon et Saint-Etienne ? Cette perspective inquiétante est de plus en plus plausible après les derniers chiffres dévoilés ce vendredi par l’Agence Régionale de Santé Auvergne-Rhône-Alpes. Un emballement de l’épidémie particulièrement sensible depuis quelques jours dans le Rhône, l’Isère et la Loire.

Même si le reconfinement local de certaines villes en raison de l’épidémie de coronavirus n’est pas encore d’actualité, l’idée fait son chemin. Doucement mais surement. Hier, le Premier Ministre, Jean Castex, a préparé le terrain avec des propos alarmistes. Et de nouvelles mesures restrictives. A l’instar du passage en alerte maximale de dix des douze département d’Auvergne-Rhône-Alpes.

 

Le spectre du reconfinement local à Lyon et Saint-Etienne

Aujourd’hui, le spectre d’un reconfinement local a encore pris de l’ampleur avec les dernières données en provenance de l’Agence Régionale de Santé. Lors d’un point presse, le directeur général de l’ARS AuRA, le docteur Jean-Yves Grall, n’a pas caché son inquiétude. Sans exclure une mesure extrême, en l’occurrence un reconfinement ciblé en fonction de la situation épidémique. “Il faudra voir en fonction de l’efficacité des nouvelles mesures gouvernementales“, a expliqué le patron de l’ARS. “La situation va encore s’aggraver dans les 8 à 15 prochains jours compte tenu du laps de temps entre l’apparition des premiers symptômes et le développement de cas graves”. Or, comme l’a dit Jean Castex, “les nouveaux cas d’aujourd’hui sont les malades hospitalisés de demain, et malheureusement les morts d’après-demain”.

 

Une hausse très inquiétante du taux de positivité au coronavirus

Des propos à mettre en relief avec les chiffres dévoilés ce vendredi par l’ARS. “On note une très forte augmentation des taux d’incidence et de positivité“, a lancé d’emblée le docteur Grall. Preuves à l’appui. Sur l’ensemble de la région Auvergne-Rhône-Alpes, le taux d’incidence atteint aujourd’hui 450 cas/100 000 habitants. Contre 267/100 000 au niveau national. Quant au taux de positivité, il dépasse désormais les 20%. Alors qu’il stagnait péniblement à 7% il y a un mois.

Un explosion du nombre de cas d’autant plus préoccupante que les plus de 65 ans sont de nouveau impactés en masse. Dans cette tranche d’âge, le taux d’incidence régional a été multiplié par trois en moins d’un mois. Un phénomène particulièrement sensible dans la Loire, le Rhône et l’Isère.

 

La Loire en rouge vif sur la carte épidémiologique

Le nombre de décès Covid augmente en France
La carte des décès liés au coronavirus enregistrés depuis 24 heures en France ©Geodes

Ces trois départements continuent d’ailleurs d’afficher des chiffres affolants. Ainsi, dans la Loire, le taux d’incidence atteint 727 cas/100 000 habitants. Contre 140/100 000 il y a un mois ! Sur la seule métropole de Saint-Etienne, ce taux d’incidence culmine même à 846/100 000 habitants. Triste record national. “Dans ce département, la pyramide des âges et le taux d’équipement en structures Ehpad est plus élevé“, note Serge Morais, le directeur général adjoint de l’ARS.

La situation n’est guère plus reluisante dans les deux autres grandes métropoles de Rhône-Alpes. A Lyon, le taux d’incidence atteint 641 cas/1000 habitants. Il est de 555 cas/100 000 à Grenoble. En Auvergne, les statistiques sont moins inquiétantes avec un taux d’incidence de 370/100 000 sur Clermont-Ferrand. “Mais on note une nette augmentation depuis début octobre. Cette dégradation rapide des indicateurs a incité le gouvernement à mettre tout le département sous couvre-feu“, explique Serge Morais.

 

Densité de population, familles nombreuses et logements exigus.. un cocktail détonnant !

Pourquoi ces métropoles sont-elles si impactés par l’évolution de l’épidémie de coronavirus ? “Parce qu’on y retrouve une forte densité de population, des familles nombreuses et des logements plus exigus. il y a aussi une plus forte interaction sociale, notamment chez les 15/25 ans“, avance le directeur général adjoint de l’ARS.

De fait, il est acquis que c’est cette tranche d’âge qui est à l’origine du déclenchement de la deuxième vague. “On a constaté l’apparition des premiers clusters fin juillet/début août dans les milieux familiaux”, note le docteur Grall. Puis, à la rentrée, la machine s’est emballée avec la rentrée universitaire et dans les grandes écoles de la région.

 

Les jeunes au banc des accusés

Non respect de la distanciation sociale, amphis bondés, soirées étudiantes… Il n’en fallait pas plus pour remettre de la braise sur les chardons encore ardents du coronavirus. “On constate que le personnel des établissements abritant des clusters est peu touché. C’est la preuve que la chaîne de contamination démarre en dehors des universités et des écoles. Elle se propage ensuite chez les personnes âgées, souvent lors de visites chez les grands-parents, en Ehpad“, insiste le directeur général de l’ARS. Une prolifération chez nos aînés particulièrement évidente depuis début octobre.

Au banc des accusés, les jeunes doivent donc prendre (enfin) conscience du rôle essentiel à jouer dans la lutte contre l’épidémie. “Seul le strict respect des gestes barrières cassera la courbe de l’épidémie“, a martelé le docteur Grall.

Dans le cas contraire, le gouvernement n’aura d’autres recours qu’un reconfinement local, en novembre, pour ne pas gâcher les fêtes de Noël. Saint-Etienne et Lyon peuvent trembler… Le compte-à-rebours est déclenché.

A SAVOIR

Depuis le 21 octobre, Santé publique France met à disposition sur son observatoire cartographique Géodes, de nouveaux indicateurs à des échelons infra-départementaux.
En complément des indicateurs nationaux, régionaux et départementaux déjà disponibles, Santé publique France décline le taux d’incidence (tous âge), le taux de dépistage et le taux de positivité à des échelons territoriaux très fins. Cette nouvelle déclinaison des indicateurs permet de situer chaque territoire par rapport aux autres ainsi qu’à l’échelon national.

4 Commentaires

  1. Je suis atterrée par certains de vos propos et analyses, Monsieur Auclair.
    Comment pouvez-vous prétendre certaines idées, faire des déductions qui ne se fondent que sur des observations ne comportant que trop peu d éléments pour tenir ce raisonnement.
    Les esprits étriqués sont dangereux, les allégations basées sur des notions insuffisantes et superficielles sont elles aussi dangereuses.
    Ceci n est pas du journalisme, Monsieur…

  2. Il est curieux qu’on ne parle pas des salles de classe bondées d’effectifs pléthoriques dans les collèges et lycées, où la distanciation sociale s’appelle “promiscuité”, entre les élèves, et entre l’enseignant et ses élèves, dont les pieds s’entrechoquent au moment de porter une trace écrite au tableau… Pourquoi ne pas réduire les effectifs en groupes alternant cours à distance et cours en présentiel ? À quoi a servi tout le protocole mis en place en mai et juin dans les collèges et lycées si ce n’est pas pour réduire les risques où on le peut, c’est-à-dire dans les niveaux suffisamment autonomes comme en lycée ? En tout cas, dans des niveaux suffisamment indépendants pour organiser des fêtes chez eux et revenir en classe le lendemain, comme si de rien n’était… On prend les mêmes et on recommence, chaque matin, on assiste au spectacle de jeunes qui se font la bise, s’embrassent chaleureusement, quand ils ne se passent pas leurs bouteilles d’eau… On pointe du doigt les universités, mais la réalité sur le terrain scolaire est tout autre… Cette réalité, on la connaît autant qu’on la fuit … Mais on ne parlera pas des collèges et des lycées, car il faut maintenir les garderies ouvertes… Le corps enseignant s’évertue à faire respecter des comportements, des gestes barrières qui dépassent l’entendement chez les jeunes. Alors que l’ère du numérique à laquelle nous appartenons nous offre les moyens de mettre en place une éducation distancée de qualité, grâce à des outils performants, les enseignants suffoquent sous le masque nocif de l’évitement… Et nous ne sommes qu’en octobre…

  3. Bonjour je vois très souvent tous les jours aux inf à la télévision et à la radio les même chose les mêmes précautions pour le Covid 19 par les journalistes de France et de Navarre !!! Le gros problème à la base c’est que tous les français et françaises attendent le feu vert pour la vente de votre nouveau vaccin contre le Covid 19 !!! Depuis 1 mois en Chine et en Europe le vaccin est bien fabriquer et réalisé !!! Pas un seul jour il y a bien des informations sur le vaccin contre le Covid 19 !!!!!! C’est trop pénible la situation générale !!!

  4. Je trouve cette montee tres inquiétante mais je pense que notre gouvernement n a pas pris ses responsabilités assez tôt et pas écouté les médecins

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