Les volontaires du test du vaccin Eola seront suivis durant un an
Des volontaires lyonnais toucheront entre 760 et 1240 euros pour tester le vaccin contre Ebola ©P.Auclair

Le centre de recherche clinique LyRec, à Lyon-Sud (Pierre-Bénite) figure parmi les sept centres chargés de recruter 300 volontaires pour tester durant un an un vaccin contre le virus Ebola.

L’Afrique de l’Ouest, malgré la réapparition de quelques cas au Libéria, semble peu à peu écarter la menace d’une épidémie de grande ampleur du virus Ebola. Dans ce contexte,  l’Inserm (Institut National de la Santé et de la Recherche Médical) vient d’annoncer le lancement d’une grande campagne de recrutement. Objectif: trouver environ 300 volontaires pour un essai vaccinal contre le redoutable virus qui a fait plus de 11 000 victimes selon le dernier bilan de l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé). Une opération de grande envergue qui va concerner directement la population de la région Rhône-Alpes, l’unité de recherche clinique lyonnaise LyReC (Lyon Recherche Clinique) étant l’un des centres sélectionnés pour accueillir les volontaires.
Si la phase aiguë de l’épidémie en Afrique de l’Ouest semble désormais derrière nous, la mobilisation de la recherche est toujours nécessaire pour trouver des mesures préventives contre le virus Ebola. L’ensemble de la communauté scientifique poursuit les mêmes objectifs : éviter qu’une nouvelle épidémie aussi meurtrière que celle de ces deux dernières années voie le jour et protéger toute personne pouvant être exposée au virus“, explique la direction de lyReC.

 

Vaccin contre Ebola: un appel aux volontaires

Dans cette optique, l’Inserm coordonne le projet baptisé EBOVAC2 financé par la Commission Européenne, lancé en réponse à la forte épidémie du virus Ebola pour conduire des essais cliniques de phase 2.Sa finalité ?  Tester l’efficacité du vaccin et valider la pertinence de sa réponse immunitaire. Dans ce cadre, des centres de recherche clinique en vaccination ont été sollicités dans toute la France, et notamment à Lyon où l’Unité de recherche clinique lyonnaise LyReC va mobiliser tous ses réseaux pour recruter environ 300 volontaires en bonne santé. Ouvert depuis 2001, LyReC se situe au sein du centre Hospitalier Lyon Sud à Pierre Bénite. L’unité pluri-thématique est spécialisée dans la recherche clinique en vaccinologie et en immunologie (maladies inflammatoires chroniques de la peau, et dermo-cosmétologie).

Obtenir une immunité maximum contre la maladie

Concrètement, deux vaccins seront administrés aux volontaires à quelques semaines d’intervalle l’un de l’autre. Le premier candidat vaccin, appelé « prime » stimule les défenses immunitaires. Le second, appelé « boost » renforce et étend la réponse immunitaire. Plusieurs intervalles d’administration seront étudiés afin de déterminer lequel ou lesquels entrainent le plus de stimulation des défenses immunitaires chez les volontaires. L’écart entre le « prime » et le « boost » sera de 28, 56 ou 84 jours. Cette stratégie présente l’avantage de conférer potentiellement une meilleure immunité et surtout plus durable.

Les volontaires sont répartis par tirage au sort en 3 groupes selon le schéma d’administration du vaccin. Bien entendu, les participants à cet essai n’ont aucun risque d’être infecté par le virus Ebola. Seules des protéines ou morceaux de protéines fabriqués par synthèse sont utilisés dans les différents vaccins testés : ces protéines ne peuvent en aucun cas entrainer une contamination. Il s’agit du même principe que pour la plupart des autres vaccins existants“, explique Rodolphe Thiébaut, coordinateur du projet EBOVAC2.

Un vaccin testé durant un an

Après les résultats préliminaires des essais de phase 1 toujours en cours en Afrique, en Angleterre et aux Etats-Unis, démontrant que la combinaison vaccinale est bien tolérée par l’organisme, la phase 2 du projet de recherche Ebovac2 a pu commencer. Elle est menée en France et en Angleterre (Université d’Oxford) auprès de 630 volontaires. Il est prévu de recruter également 1188 volontaires dans plusieurs pays d’Afrique dans un second essai de phase 2.
La durée de participation de chaque volontaire est de 1 an. Une indemnité compensatoire comprise entre 760 et 1240 euros est prévue, au prorata du nombre de visites effectuées. Chacun d’entre eux sera examiné et sera suivi personnellement par un médecin de l’étude. Les participants auront entre 9 et 15 visites et recevront soit les vaccins actifs, soit leur placebo. Le participant peut interrompre à tout moment sa participation à l’essai.
L’essai vaccinal a reçu les autorisations réglementaires garantissant la sécurité des participants“, précisent les responsables de cette opération de grande envergure.
Afin de maximiser les chances de succès de cet essai clinique et recruter le nombre de volontaires prévu, ces derniers vont déployer des outils de communication pour faire connaitre le projet de recherche, mettre à disposition toutes les explications nécessaires et répondre aux questions des volontaire. Outre un site internet dédié, l’Inserm va lancer une campagne d’affichage, alors qu’un numéro vert 0800 156 156 est ouvert dès maintenant. pour répondre aux questions des candidats volontaires et les orienter vers les centres proches de chez eux.

A SAVOIR

Les critères pour être volontaire: avoir entre 18 et 65 ans, se situer à proximité d’un des centres sélectionnés, être en bonne santé, être affilié ou bénéficiaire d’un régime de sécurité social, pour les femmes, ne pas être enceinte, ne pas allaiter, et utiliser une contraception efficace. Enfin, ne pas participer simultanément à une autre recherche biomédicale et ne pas donner son sang pendant la durée de l’essai

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