Vaccination, vous êtes à jour ? Testé avec succès en Auvergne-Rhône-Alpes et plébiscité par les praticiens, le carnet de vaccination électronique (CVE) n’attend qu’un feu vert ministériel pour être déployé partout en France et améliorer ainsi la couverture vaccinale.

 

Le Carnet de Vaccination Electronique, un outil utile pour les patients comme les médecins
Vaccination, un simple geste qui peut sauver des vies grâce au carnet de vaccination électronique ©Whitesession/pixabay

 

Le Carnet de Vaccination Electronique (CVE) pourrait prochainement remplacer le bon vieux carnet de santé traditionnel, obsolète et souvent… égaré. C’est en tout cas le souhait des médecins et pharmaciens libéraux d’Auvergne-Rhône-Alpes, dont les URPS (unions régionales des professionnels de santé) se sont liées à l’association d’usagers France Assos Santé pour convaincre l’opinion et les pouvoirs publics du bien-fondé d’une innovation susceptible de répondre à un enjeu majeur de santé publique.

« En 2018, il est scandaleux que l’on puisse encore mourir de la rougeole en France », assène le docteur Jean-Pierre Ternamian, président de l’URPS médecins AuRA, en référence au décès, en février au CHU de Poitiers, d’une jeune femme de 32 ans. « Nous recensons des cas nous faisant craindre à une épidémie en Auvergne-Rhône-Alpes. Nous manquons cruellement d’informations, et le carnet de vaccination électronique pourrait clairement nous en apporter », illustre-t-il.

« L’objectif étant bien, à terme, d’améliorer une couverture vaccinale française encore dans le flou », dans un contexte qui voit l’obligation vaccinale passer de trois à onze vaccins obligatoires pour les enfants nés après le 1er janvier 2018.

 

Un carnet électronique accessible aux patients et aux médecins

Bien souvent perdu, incomplet, illisible voire tout bonnement faux, l’ancien carnet de santé a fait son temps. Plusieurs initiatives existent pour le remplacer, à l’image du Dossier Médical Partagé déployé par la CPAM. Le carnet de vaccination électronique, lui, offre d’incomparables avantages.

Côté patients, il assure une accessibilité en temps réel à des données actualisées. Il alerte quant aux vaccins à effectuer et compile informations et bonnes pratiques à adopter. Aux professionnels de santé, « le CVE fournit l’histoire vaccinale du patient, les recommandations nécessaires à une prescription ou un conseil adapté, et un registre de données fiable et actualisé », détaille Jean-Pierre Enrione-Thorrand, médecin grenoblois convaincu de la première heure.

 

CVE, un outil de vaccination mis à jour par des experts

Chef du service de biologie clinique et du centre de vaccinations internationales de l’HIA Robert Picqué, près de Bordeaux, le professeur Jean-Louis Koeck confirme également à quel point le CVE pourrait améliorer la gestion de la vaccination, d’une part, et la ‘’pharmacovigilance’’ : « les recommandations vaccinales sont complexes et évoluent beaucoup. Ce système unique au monde apporte au citoyen une information personnalisée et au professionnel une aide à la décision, fondée sur des règles mises à jour en permanence par un collectif d’experts, l’association Groupe d’Etude en Préventologie. Des pays du nord de l’Europe, mais aussi les Etats-Unis, se sont montrés très intéressés et nous ont déjà approchés ».

 

Une application mobile déployée par l’URPS

En attendant un déploiement international, les URPS médecins et pharmaciens AuRA seraient déjà heureux de voir aboutir dans leur propre pays ce projet né en 2009 en région bordelaise. Auvergne-Rhône-Alpes, qui faisait partie des cinq régions retenues pour tester les services innovants en santé du programme Territoires de Soins Numériques en 2016 et 2017, a aussi lancé une expérimentation sur un secteur comprenant 230 000 habitants entre l’Est Lyonnais et Bourgoin-Jallieu. « Nous attendons l’évaluation de l’expérience par la Direction Générale de Santé. Mais c’est très long et nous avons choisi d’anticiper les choses en finançant l’accès gratuit au CVE aux professionnels et en créant, toujours sur nos fonds propres, une application mobile », indique le président de l’URPS médecins libéraux.

 

Déjà 450 000 carnets de vaccinations électroniques

Le carnet de vaccination électronique n’est pas encore généralisé, mais 450 000 CVE ont déjà été volontairement créés par des usagers, principalement en Auvergne-Rhône-Alpes et en Nouvelle Aquitaine. 11 000 professionnels de santé (médecins généralistes, pédiatres, pharmaciens, infirmiers, sages-femmes, etc.) se sont également abonnés.

Le voyant ministériel, lui, tarderait à passer au vert du fait de considérations politico-administratives. « Le projet fait l’unanimité, mais venant du terrain vers le ministère, et non l’inverse, le processus diffère de celui de la mise en place habituelle d’un outil de santé publique. L’idée est de pousser un peu à la décision pour un déploiement national », sourit Olivier Rozaire, le président de l’URPS Pharmaciens : « si l’on atteint la masse critique d’un million de carnet de vaccinations électroniques, cela fera réfléchir en haut lieu… »

 

A SAVOIR

Quelques clics suffisent à la création d’un carnet de vaccination électronique, sur la plate-forme MesVaccins.net. Il suffit de renseigner son adresse e-mail et de choisir un mot de passe qui accompagnera le login fourni. Il suffit ensuite de renseigner l’historique des vaccins à partir du carnet de santé (en cas de perte, s’adresser à son médecin traitant) et autres données personnelles (paternité, antécédents de maladies infectieuses, profession, entourage, etc.). Un code de partage, à communiquer aux différents professionnels de santé, est également indiqué.

 

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