Le groupe allemand Boehringer Ingelheim vient d'inaugurer ce vendredi 12 octobre son nouveau centre international de R&D en vaccins vétérinaires. Pour combattre les futures épidémies et l'émergence de nouveaux virus, plus de 200 chercheurs travailleront sur le site de Lyon Portes des Alpes afin de mettre au point les vaccins de demain. Un investissement de 70 millions d'euros.

 

Couper de ruban du centre de recherche LPA
Inauguration du centre R&D de Lyon-Saint Priest en présence de la secrétaire d’Etat Delphine Génie-Stephann ©DR

 

Lyon va conforter son statut de place forte de la vaccination avec l’inauguration, ce vendredi 12 octobre, du nouveau centre international de R&D en vaccins vétérinaires de Boehringer Ingelheim. Moins de deux ans après l’acquisition de Merial (ex-filiale de Sanofi), en janvier 2017, le groupe allemand entend ainsi renforcer son leadership sur le marché des vaccins vétérinaires en regroupant sur un même site d’excellence ses activités de Recherche et Développement et de production biologique.

Inauguré en présence de Delphine Génie-Stephann, secrétaire d’Etat auprès du ministre des Finances, et de David Kimelfeld, président de la Métropole de Lyon, ce nouveau centre international de recherche et développement biologique représente un investissement de 70 millions d’euros.

 

Faire face à l’apparition de nouveaux virus

Plus de 200 chercheurs travailleront sur le site de Lyon LPA
Un bâtiment de 14 500 mètres carrés à Lyon pour la recherche en vaccins vétérinaires ©DR

« Cet investissement répond aux enjeux économiques, démographiques et sanitaires pour la prévention et le contrôle contre la propagation des épidémies animales, dont certaines transmissibles à l’homme comme la rage et la grippe aviaire », a expliqué Nigel Swift, directeur monde Recherche et Développement vaccins de Boehringer Ingelheim Santé Animale. « Notre monde change. La mondialisation et les changements climatiques favorisent l’apparition de nouveaux virus. Toutes ces mutations ont un impact sur l’environnement et l’agriculture. Il faut donc s’adapter à ces mutations et trouver une parade à l’émergence de nouvelles souches de maladie« .

 

Transfert de Gerland à Saint-Priest

Sachant qu’il faut entre 7 et 10 ans pour développer un nouveau vaccin, ils seront désormais plus de 200 chercheurs – soit environ la moitié des forces vives en R&D du groupe dans le monde – a mettre à jour les souches existantes et travailler à la conception de nouveaux vaccins dans un bâtiment high-tech de 14 500 mètres carrés sur trois niveaux.

L’inauguration de ce centre R&D biologique constitue la dernière phase du transfert vers LPA des laboratoires historiques de Merial situés à Lyon dans le quartier de Gerland.« En regroupant sur un même lieu les activités de R&D et de production, le site de Lyon-Porte-des-Alpes devient un centre d’excellence biologique de référence au niveau mondial. Les équipes travailleront en liaison plus étroite avec à la clé des gains de productivité, de réactivité et de performance », a insisté Erick Lelouche, président de Boehringer Ingelheim Santé Animale en France, précisant que 30 milliards de doses de vaccins sortaient chaque année de l’unité de production de l’Est lyonnais, dont 80% à l’export dans 140 pays.

 

Un rapprochement franco-allemand « exemplaire »

Le centre international de R&D de Lyon produit 30 milliards de vaccins par an
Plus de 200 chercheurs travailleront dans ce centre de recherche à Lyon ©Jean Fotso

De son côté, lors de la visite des installations,  Delphine Génie-Stephann, secrétaire d’Etat auprès du ministre des Finances, a invité sur le caractère symbolique de de cet investissement d’un groupe allemand sur le sol français. « Ce rapprochement franco-allemand est exemplaire par son ampleur, le montant des investissements et les enjeux inhérents à la création de ce centre mondial. C’est aussi la reconnaissance de l’excellence scientifique de la Métropole de Lyon et de la pertinence de l’écosystème local« .

De fait, moins de deux ans après l’acquisition de Merial, un an après l’inauguration de son nouveau siège France dédié à la santé animale au cœur du Biodistrict de Lyon-Gerland, Boehringer Ingelheim confirme sa volonté de positionner l’agglomération lyonnaise – berceau des sciences du vivant et de l’immunologie – au cœur de sa stratégie de croissance à l’international.

 

Bientôt un investissement record à Jonage

Un choix fort illustré par les récentes décisions de l’entreprise, dont l’annonce d’un investissement de 65 millions d’euros, sur ce même site de LPA, dans une installation de formulation et de remplissage de vaccins (mise en service au printemps 2020). Cette inauguration intervient surtout après la divulgation, au début de l’été, d’un investissement record de 200 millions d’euros dans un nouveau site de production industriel biotechnologique de vaccins contre la fièvre aphteuse et la fièvre catarrhale dans la ZAC de Gaulnes, à Jonage (Rhône). La pose de la première pierre devrait avoir lieu cet automne pour une livraison fin 2021.

 

A SAVOIR

Lyon Porte des Alpes, dans la banlieue Est de Lyon, constitue l’un des plus grands sites de production de vaccins vétérinaires au monde. Plus de 400 millions d’euros ont déjà été investis depuis 1995 sur cette parcelle de 21 hectares. Au total,  750 personnes y produisent 120 sortes de vaccins et 80 antigènes différents indispensables pour la production des 30 milliards de doses de vaccins envoyées chaque année à travers le monde.

Comments

comments

Laisser un commentaire

Votre e-mail ne sera jamais publié.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. Apprenez comment les données de vos commentaires sont utilisées.