Alors que la campagne de vaccination a officiellement commencé hier dans les collèges et les lycées, de nombreux parents s’interrogent. Doivent-ils faire vacciner leur enfant ? La grippe A H1N1 est-elle dangereuse pour les enfants ? Y a-t-il des risques à les faire vacciner ? Quelques éléments de réponse.
Les spécialistes estiment que la grippe A devrait toucher entre 10 et 25% de la population avec une forte proportion de jeunes.
Comme pour les virus de la grippe saisonnière, les enfants sont une cible privilégiée du virus H1N1.
Selon l’Institut national de veille sanitaire l’incidence des cas de grippe due à A (H1N1) est plus élevée chez les enfants d’âge scolaire et les jeunes adultes et près de 20 % des cas graves hospitalisés concernent les moins de 15 ans.
« Ils sont à la fois plus sensibles et surtout ils sont exposés plus longtemps au virus. (…) Ce qui joue d’abord, c’est le fait d’être confiné pendant huit heures dans une salle : rappelons qu’il suffit de parler dix minutes à quelqu’un à un mètre de distance pour attraper le virus », confiait en fin de semaine dernière au journal Le Monde, Patrick Berche, chef de service de microbiologie à l’hôpital Necker-Enfants malades de Paris.
Tout d’abord les bébés de moins de 6 mois. Comme ils ne peuvent être vaccinés, la stratégie de vaccination mise en place prévoit de vacciner leurs parents et entourage proche.
Sont également considérés comme vulnérables, les nourrissons et enfants souffrant d’une maladie respiratoire chronique comme l’asthme, la mucoviscidose ou de séquelles de prématurité… Et ceux souffrant d’un déficit immunitaire ou d’une autre pathologie sévère (malformation cardiaque, par exemple).
« Nous ne pouvons pas certifier qu’il n’y aura aucun problème, mais nous estimons que la balance bénéfice/risque est en fonction de la vaccination », déclarait il y a quelques semaines le professeur Daniel Floret, chef du service pédiatrique à l’Hôpital femme Mère Enfant de Lyon et président du comité technique des vaccinations. « Il faut se rappeler qu’avant le vaccin, la grippe saisonnière faisait 15 000 morts contre 6 00 aujourd’hui », plaide-t-il encore.
Un plaidoyer en faveur de la vaccination reprit par le professeur Bruno Lina, chef de laboratoire de virologie du CHU de Lyon, directeur de l’unité CNRS pour le H1N1. « On mésestime l’intérêt de la vaccination, estimait-il lors de la même conférence de presse. L’ennemi, c’est le virus, pas le vaccin. »
«Toutes les données recueillies jusqu’ici indiquent que les vaccins contre la grippe pandémique présentent un excellent profil d’innocuité, analogue à celui des vaccins contre la grippe saisonnière», conclut un bilan de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) du 19 novembre.
Parmi les 65 millions de personnes déjà vaccinées dans le monde, les effets indésirables les plus fréquents sont locaux : douleur, rougeur… Fièvre, maux de tête et fatigue sont aussi déclarés, qui disparaissent en 48 heures.
Dorénavant, les enfants de plus de 9 ans, ainsi que les adultes recevront une seule dose de vaccin.
Catherine Foulsham
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