Une étude clinique menée à Lyon va permettre de mieux comprendre le fonctionnement cérébral des enfants précoces ou à haut potentiel (HP). Une problématique qui concerne près de 3% de la population en France.

Les médecins lyonnais s'intéressent au cerveau de nos jeunes surdoués
Olivier Revol (à gauche) et Dominique Sappey-Marinier (à droite), deux des principaux instigateurs de l’étude sur les enfants à haut potentiel menée à Lyon ©P.Auclair

 

On les qualifiaient autrefois de précoces, voire de surdoués. Ils sont aujourd’hui considérés comme des enfants à « haut potentiel » (HP). Ces deux initiales concerneraient près de 3% de la population en France. Une statistique suffisante éloquente pour avoir motivé une étude clinique menée à Lyon par le CERMEP – Imagerie du Vivant, le CHU de Lyon et l’Université Lyon 2, étude co-financée – à hauteur de 50 000 euros – par la Fondation Apicil contre la douleur. Une première.

Objectif ? Mieux comprendre le fonctionnement cérébral de ces enfants intellectuellement précoces. Comment ? En réalisant une étude par IRM (Imagerie par résonance magnétique) sur les connexions du cerveau, son anatomie, son fonctionnement, sur un panel de 80 enfants âgés de 8 à 12 ans. Tous ces jeunes patients, sélectionnés par le pédopsychiatre Olivier Revol, ont passé un test de QI afin de les répartir en quatre groupe: les QI « normaux », les QI homogènes, les QI hétérogènes et les enfants souffrant de troubles d’attention.

 

Le paradoxe des enfants à haut potentiel

« Tous les enfants HP ont des points communs, qu’il s’agisse du sens de l’injustice, de l’hypersensibilité, mais certains ont d’excellents résultats scolaires alors que d’autres sont en échec. Pourquoi ? Tout l’intérêt de cette étude est là, à savoir comprendre le traitement des informations par le cerveau« , précise le docteur Olivier Revol, chef du service de neuropsychiatrie de l’enfant au CHU de Lyon.

Pour y parvenir, les chercheurs ont utilisé sur le panel une technique non invasive, l’Imagerie à résonance magnétique fonctionnelle (1), pour analyser les activités cérébrales, qu’elles soient stimulées ou non. Cette étude a confirmé l’existence de deux profils d’enfants HP mis en évidence par Fanny Nusmaum, psychologue, chercheur en psychologie et neurosciences à l’Université Lyon II : un profil laminaire sans difficulté scolaire et un profil complexe. Le premier profil se traduit par une distribution plutôt homogène des capacités cognitives de l’enfant, avec un comportement adapté à l’environnement. Quand au second profil, il révèle une hétérogénéité des capacités cognitives (dyssynchronie cognitive) et se traduit souvent par un décalage entre la sphère intellectuelle très mature dans certains domaines et la sphère émotionnelle et relationnelle beaucoup plus fragile.

 

Améliorer l’apprentissage scolaire des enfants précoces

« Cette étude permet de mieux comprendre le fonctionnement cérébral des enfants HP avec la perspective de l’intégrer aux techniques pédagogiques des enseignants, explique Dominic Sappey-Marinier, biphysicien et chef du département IRM au CERMEP à Lyon. Comme les muscles d’un sportif, le cerveau des enfants est extrêmement « plastique » et se développe selon les stimulations de son environnement. Par des techniques adaptées au fonctionnement cérébral et à celui des enfants HP complexes ou laminaires, on pourra améliorer l’apprentissage scolaire. C’est le principe de la  » neuroéducation «  (Ndlr: utiliser les connaissances des neurosciences pour faciliter l’apprentissage, et concevoir des méthodes pédagogiques mieux adaptées au fonctionnement cognitif des enfants) ».

Au-delà de cette possibilité d’adapter la pédagogie au profil de l’enfant, cette étude va aussi permettre une meilleure prise en charge des enfants sur le plan éducatif, psychologique, neuropsychologique et médicamenteux.

 

Obtenir une cartographie cérébrale de l’enfant précoce

Suite à cette première phase, l’analyse des cartographies cérébrales obtenues chez les enfants à haut potentiel sera comparée à celles des enfants souffrant de troubles de l’attention afin de proposer un nouvel outil d’aide au diagnostic. En effet, on observe souvent un lien significatif entre les enfants souffrant de troubles de l’attention et certains enfants à haut potentiel, notamment les HP complexes: vulnérabilité attentionnelle, troubles psychomoteurs et/ou émotionnels, attitude relationnelle en décalage important avec certaines de leurs aptitudes cognitives…

Débuté au printemps 2014, cette étude inédite devrait s’achever dans un an. Il sera temps, alors, d’exploiter les conclusions de cette exploration approfondie du cerveau pour améliorer l’apprentissage de ces enfants dits précoces.

 

(1) L’IRM fonctionnelle (IRMf), est une technique d’imagerie par résonance magnétique qui permet de détecter les zones du cerveau activées par une tâche, un processus ou une émotion, ou tout simplement au repos.

 

Retrouvez la liste de tous les pédopsychiatres de votre ville ou de votre quartier sur www.conseil-national.medecin.fr

 

A savoir

Le Haut Potentiel (HP) revêt chez l’enfant différentes représentations, du petit savant à l’enfant instable. Conséquence, l’entourage se voit souvent démuni pour le comprendre, le nourrir intellectuellement selon ses besoins et l’aider à s’intégrer, tout en assumant sa différence. Le Haut Potentiel est souvent associé à d’autres troubles, comme la dyslexie ou le Trouble du Déficit de l’Attention avec ou sans Hyperactivité (TDA/H).

 

 

Comments

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37 Responses to "Enfants précoces et surdoués: on va enfin savoir…"

  1. Valérie  9 avril 2015

    J’ai hate que les études se développent car j’ai un enfant qui du haut de ses 4 ans, me semble correspondre à ce diagnostic…
    Merci encore pour ces recherches et continuez pour nos enfants!
    Valérie

  2. Pottier S  11 avril 2015

    C’est très pertinent et j’espère que cela contribuera notamment à former le système scolaire dans la prise en charge de ces enfants différents. Mon fils de 15 a développé une phobie scolaire de façon brutale, dès l’entrée au lycée. La psychologue de l’établissement avait proposé de lui faire passer le WISC IV; au final, elle nous a laissé sans réponse, son QI étant trop hétérogène, précisant toutefois qu’il avait un QI verbal de 140 mais qu’on ne pouvait pas parler de précocité, les autres items étant dans la norme…?! nous nous sommes débrouillés seuls avec cela et après quelques recherches, nous sommes tournés vers un spécialiste des enfants HP, lequel a bien mis en exergue le haut potentiel de notre fils, ainsi que les probables raisons de sa phobie scolaire : incompréhension de la sphère éducative surtout, volonté d’appartenir au groupe avec pour résultat une inhibition de ses capacités intellectuelles et un mal-être avec les autres. Aujourd’hui, il ne va plus au lycée puisque rien ne lui a été proposé et nous avons trouvé , par nousmême, un lycée qui pourra l’accueillir à la rentrée prochaine car il propose une pédagogie différente, axée sur l’évolution de chaque élève, son niveau, ses spécificités, son potentiel. Pour surtout l’ntégrer dans une dynamique de groupe porteuse, valorisante et essentielle dans la construction de sa personnalité.

  3. neuropsy-enfant  12 avril 2015

    Des études américaines précédentes si cela intéressent certains d’entre vous :
    http://www.nih.gov/news/pr/mar2006/nimh-29.htm

  4. pierre  17 avril 2015

    Bonjour,
    Nous avons la chance d’avoir trois enfants HP. Tous les trois sont restés dans le système scolaire normal public mais…La première a maintenant 30 ans, « homogène », et fait du contrôle de gestion pour le luxe (sortie de ESCP EAP). Le deuxième 28 ans, « moins homogène », interne à Lyon en 4ème de neurochirurgie. Et…. le troisième 16 ans, « hétérogène », et en première SI mais en difficultés. Il est le plus hypersensible, rebelle, nerveux, impatient, impulsif. Il est meilleur à l’oral qu’à l’écrit (français 5/20 !!). Il est passionné par la musique, l’escalade… et la bionique (TPE sur les bras bioniques réparateurs). Pas très facile tout ça pour le bac !! Nous faisons tout pour le maintenir dans le système éducatif classique pour ne pas le marginaliser. Ca prend beaucoup de temps et d’énergie. Nous espérons arriver au bout mais ce n’est jamais gagné. Des études comme celles du Pr Olivier REVOL vont faire avancer les choses mais est ce que cela fera bouger le paquebot éducation nationale ?? Bonne journée

  5. franck becour  12 mai 2015

    Bonsoir
    J en ai un comme ça a la maison : dyslexique ,dysorthographique ,gaucher et …THP. Je ne dirai pas comme le commentaire precedent que c est une chance car s il est au plafond des tests ( je sais de quoi je parle car je suis médecin spécialiste et il a été dépiste très tôt), au plafond de la rapidité et de la réflexion , au plafond de tout ce qu il est possible d imaginer comme test il est aussi au summum du mal être ,des conneries et du  » no future »
    Le problème de ces enfants c est que la société dans laquelle ils vivent les considèrent comme des anormaux ( freaks…) et donc les rejettent.
    Soit ils sont dans le moule, mou et insipide ( travail famille patrie….) et cahin caha ça passe : ils peuvent effectivement faire de brillantes études et poursuivre des carrières dans notre société bien pensante et politiquement correcte ( c est ce que mon pere a fait)
    soit sentant que l education nationale en particulier n en veut pas ils peuvent s enfoncer dans le rejet de tout apprentissage et dans la provocation a outrance.Toutes les conduites a risques, toutes les addictions sont alors les bienvenus et c est la spirale infernale avec son cortège d arrestation, de juges pour enfants avec des prises en charges et des solutions inadaptés qui ne font que le pousser vers l âge adulte afin de libèrer le système scolaire classique de cette bête de foire…
    Donc oui il faut les prendre comme ils sont et les aider a avoir une enfance et a être heureux
    Non je ne pense pas que ce soit obligatoirement une chance: le mien qui avait déjà 18 ans dans sa tete quand il avait 11 ans a brule toutes les étapes , n a pas eu d enfance et se dirige droit vers le suicide ou l internement ( soit en prison soit en unité psychiatrique) par la société qui ne tolérera pas son constant passage de la ligne jaune car il n a aucune limite…
    Il fallait que cela soit dit car il n y a pas que des gentils petits enfants au royaume de l éducation nationale…
    A bon entendeur…
    Saut

  6. Julie  19 mai 2015

    Bonjour,

    Quelqu’un sait-il si ces résultats sont disponibles en consultation sur internet. J’aimerais avoir plus de détails sur l’étude et ses premiers résultats.

    Merci d’avance!

  7. Fleur  22 mai 2015

    « un profil laminaire sans difficulté scolaire et un profil complexe. Le premier profil se traduit par une distribution plutôt homogène des capacités cognitives de l’enfant, avec un comportement adapté à l’environnement. Quand au second profil, il révèle une hétérogénéité des capacités cognitives (dyssynchronie cognitive) et se traduit souvent par un décalage entre la sphère intellectuelle très mature dans certains domaines et la sphère émotionnelle et relationnelle beaucoup plus fragile. »

    C’est intéressant, mais que fait on alors des enfants qui n’ont pas de difficultés scolaires, mais des fragilités émotionnelles/relationnelles? Parce que ça existe aussi et ce n’est pas si évident que ça à gérer car on se sent un peu en marge partout. Est-ce le signe d’une autre « différence » associée, comme un trouble du spectre autistique? Un simple coup de chance pour les résultats scolaires? Un profil intermédiaire qui n’est pas évoqué dans cet article?

  8. corinne  2 juin 2015

    J’ai un enfant précoce de 14 ans. Il est dyslexique, dysorthographique et dysgraphique. Il a passé son 1er test en CE2 et le second en CM2, sa précocité a évolué. Je me suis toujours battue avec le système scolaire inadapté à ces enfants. Ce sont des enfants surprenant qui ont des connaissances que n’ont pas les enfants de leur âge. Ils sont extrêmement intéressants. En CM2, son institutrice, le faisait intervenir sur des sujets qu’il expliquait très bien, alors que ses camarades de classe ne les avaient pas compris. Ils sont extrêmement sensibles et l’école ne fait qu’accentuer cette sensibilité en les décourageant. Il faudrait que la précocité soit intégrée dans le PAI, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui, cela serait une première étape. J’espère que les choses vont évoluer favorablement car ce sont des enfants qui vont faire des merveilles dans le futurs.De plus, si on les intègre bien dans une classe, ils sont en mesure de faire évoluer vers le haut les autres enfants

  9. Aurélie  22 juin 2015

    « Il faudrait que la précocité soit intégrée dans le PAI, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui, cela serait une première étape.  »
    Mais si si, les textes le prévoient, et depuis 2007. Mais, est-il utile de parler de l’hypocrisie de l’éducation nationale ?! Des textes, des commissions, des notes de service…..et rien de concret dans les établissements. Les chefs de ces établissements ne connaissent pas les textes, disent -de toutes façons- n’avoir aucun moyen pour les appliquer. Et quand bien même vous réussiriez à faire accepter un PAI ou autre dispositif particulier, rien n’est prévu pour que les profs puissent le respecter (sous réserve qu’ils en aient envie). Donc, autant dire qu’il ne faut rien attendre de la part de l’école, et ça ça fait longtemps qu’on le sait. Il reste (j’ai à peu près tout essayé) certaines écoles hors contrat d’état, en étant bien vigilant sur celles qui surfent sur la vague pour vous extorquer des milliers d’euros.
    La précocité n’est, pas forcément une chance, mais devrait le devenir…..

  10. Pingback: Enfants précoces et surdoués: on va enfin savoir… | Marie-Christine Cornou

  11. gege  3 octobre 2015

    oui tout a fait d accord avec toi pour qu il soit intégré dans le pai
    et que les professeurs soit former et non qu il nous regarde comme si ont leur parlait de la lune …tout cela est déjà pas facile pour l enfants et leurs famille alors ce sentir rejeter c est encore-pire et en tant que parent impuissant face a son enfant et cette étude prouve bien que la préciosité ne veux pas toujours dire réussite scolaire …

  12. UGNON-FLEURY MARTINE  18 octobre 2015

    Bonjour, ayant un enfant précoce actuellement en dérive .Compte tenu que le monde médical ne dispose que de peu de place hélas pour des diagnostics rapides et remboursés je suis actuellement avec sur les bras un enfant de 11 ans qui parle de se tuer car tout le monde le prend pour un fou qu’il n’est pas un génie et que malgré un collège privé qui me demande de lui apporté les méthodes à mettre en place pour l’intégrer: le cpe vérifie qu’il mange à midi discute avec lui dès qu’il se met en position d’autisme .Je viens de changer de médecin actuellement un traitement homéopatique est en place et je vais demander en espérant que celui ci accepte de me réaliser un courrier afin d’obtenir une place pour les diagnostics complets auprès de l’hopital qui voudra bien m’aider Grenoble Lyon ou Bourgoin(ce dernier me parle d’un an).Le privé je ne peux plus mon budget a viré au rouge,mon entourage ne comprend pas et moi je suis au bout. Merci au medecins mais pas au ministère de la santé.

  13. UGNON-FLEURY MARTINE  18 octobre 2015

    Bonjour, ayant un enfant précoce actuellement en dérive .

  14. lum  8 novembre 2015

    Wawa …c’est triste de voir qu’en france … les enfants HP sont  » des monstres » il y a des internats aux états unis qui réunissent les enfants précoces du monde entier et en font une « élite » .

    ils sont certes dans l’ombre mais cette élite existe .

    la france .. n’a jamais rien eu à offrir , … non à part le luxe elle n’a rien .

  15. Dargaud cat  16 décembre 2015

    bonjour ,comme le docteur Bekour je ne vois pas ou est la chance pour ces enfants !!j’ai un petit fils de dix ans diagnostiqué enfant précoce avec un qi de 148 mais avec une dyspraxie ,donc ordinateur à l’école et moqueries des autres car théo a réponse à tout mais écrit comme un enfant de maternelle seule l’institutrice de cette année prend le temps et la patience dans les temps libres de l’obliger à écrire .
    théo se sent différent et dit souvent je suis handicapé !!parce qu’il entend ça de la part de personnes autour de lui et est très malheureux de ses réflexions .pour l’instant il reste à l’école du village car mon fils ne veut justement pas qu’il se sente exclut en le mettant dans une classe pour enfants précoces .d’autant plus que les parents sont en pleine séparation et Théo ne parle que de vouloir se suicider .soit il à une conversation d’adulte soit il se comporte comme un bébé !cet été Théo a appris l’espagnol et depuis le mois de juin il apprend tout ce qui concerne la Grèce antique ! mais souvent plongé dans des réflexions et si vous lui adresser la parole il vous répond chut je réfléchis ! quelle est la chance franchement d’être enfant précoce ?à part la fierté des parents parce qu’ils nous ramènent des notes défiant toutes concurrences !!

  16. Nathie  17 décembre 2015

    Je réagis à Mr Becour,
    Je subis mon mari comme ça. C’est terrible de découvrir leur douleur. Les premières années de mariage ont caché cette différence et son quotidien mal vécu. Son passé HP, il en était honteux, il n’en parlait pas même avec sa famille ou des professionnels. Aujourd’hui, le quotidien de nos enfants obligeant, il explose littéralement. Je suis démunie mais je m’accroche.
    Mon fils vient d’être diagnostiqué HP avec un TDA et cela crée une concurrence entre eux au niveau de la demande de normalité qu’ils essaient d’atteindre. C’est psychologiquement et émotionnellement énergivore pour eux et moi.

  17. siabelle  18 décembre 2015

    Oui il existe des troubles associés, Hyperactivité, TDa et « traits » autistiques dont on ne parle jamais. ON peut aider ces enfants à apprivoiser leur cerveau et les gens qui font face à leurs différence (comportements et pensées atypiques) avec une approche comportementale. En première ligne les parents ont besoin d’être formés pour comprendre et agir mais agir pas à pas car les objectifs on les connaît mais cmt les atteindre ? Thérapie dont la motivation est le jeu. Une formation (parents, proches, professionnels) aura lieu à Nantes au printemps. A prix d’ami. Une merveille sur mon fils

  18. Leurot Anne Marie  19 décembre 2015

    J’ai moi aussi un petit fils de 7 ans diagnostiqué HP et TDH/A, troubles divers, (attention , psychomotricité) il est traité avec des médicaments et cela me fait peur pour son devenir. Son institutrice de l’année a osé demandé à ma belle fille pourquoi il allait à l’école comme les autres enfants parce qu’elle n’était pas formée pour ce genre d’enfants.Il est parfois difficile, mais il faut comprendre que lui est souvent en souffrance, il dit lui même que dans sa tête ça va trop vite.En France , nous sommes vraiment en retard, alors que ces gosses ont un réel potentiel et les structures pour les suivre ne sont pas assez nombreuses. Habitant Grenoble ,j’aurais souhaité qu’il soit pris en charge à Lyon par le professeur Revol, mais cela n’a pas été possible.et je le regrette profondément.

  19. Pomme  19 décembre 2015

    Le mien est con comme ses pieds et homogene. Qu’est ce que vous avez de la chance d’avoir des enfants parfaits, parfaits comme ces belles pommes vendues chez Carrefour. Mais bien sûr c’est pas ma faute, c’est la faute de l’éducation nationale.

  20. Stephane  20 décembre 2015

    Y-t-il un lien l’etat de stress ou l’anxiété des parents de ces enfants et les problèmes de ces enfants? Vu que les enfants partagent les problèmes de leurs parents, ca peut rendre les apprentissages plus difficiles. ..

  21. Bret  21 décembre 2015

    Je suis d accord avec Dargot cat. Ma fille est HP mais bouge beaucoup. Tombe de sa chaise.Fait tombée sa table. Doit prendre un objet dans les mains ou la bouche. Elle a de très très bonnes notes. On est de Quimper qui aller voir? Merci

  22. Ewel  23 décembre 2015

    Si grâce à ces études, on peut aider ces enfants, ce n’est que du bénéfice. Notre fils HP s’est suicidé il y a neuf ans, suite à une erreur gravissime de son école… même si un suicide est toujours multifactoriel… Son décès n’est pas seulement une perte pour nous, mais une perte pour l’humanité…

  23. pascal  30 décembre 2015

    Sur 5 enfants, j’en ai 3 diagnostiqués précoces : 2 jumeaux en « échec »(5° et 4°) avec TDA, et une fille (QI 140, bonne élève en 2nde)…. Sans compter mon aîné qui n’est pas diagnostiqué, mais a un parcours scolaire étonnant : après un bac (avec moultes stages de révisions et cours particuliers), il se retrouve en CAP botterie….
    JE SUIS EPUISEE PAR CETTE RECHERCHE INCESSANTE POUR TROUVER DES ETABLISSEMENTS CORRECTS POUR MES ENFANTS avec TDA.
    Ce qui me frappe, c’est :
    – l’ignorance des maîtres et professeurs pour détecter ces cerveaux différents (sont-ils vraiment des éducateurs ?)
    – aucun soutien des professeurs. POUR EUX, être PRECOCE veut dire AVOIR DE BONNES NOTES….. ne parlent que de « travail » (QI des professeurs : ??) alors que les enfants HP cherchent l’intérêt de ce travail.
    – Or cette précocité touche 3% des enfants, et 30% des filles et 70% des garçons sont en échec scolaire malgré leur Haut Potentiel…..donc quelques milliers …
    – et l’éducation Nationale fait de beaux rapports, avec du beau personnel dans des beaux bureaux….. mais rien n’est fait pour ces dizaines de milliers d’enfants, qui souffrent …
    – les écoles qui se disent spécialisées dans les enfants précoces, au Vesinet ou à Gerson (Paris), s’occupent des enfants qui avancent tous seuls. La sélection est sévère, le « travail » est de haut vol !
    Pour les établissements plus ouverts, les places sont comptées : il faut faire des lettres de motivations, des copies de bulletins … Bref, on épuise les mères, pour souvent ne pas prendre les enfants..
    Que fait donc l’Education Nationale ? Depuis des années, le niveau scolaire français baisse, et on laisse sur le carreau plein d’enfants, dont ceux qui ont du potentiel…. on les laisse faire leur dépression : Quand je vois plus haut qu’il y en a qui se suicide, je reste interdite….
    Faire les bilans en FRANCE, on sait bien faire… mais le suivi…??
    Merci de donner vos astuces, si vous en avez, ça fait 10 ans que je cherche, et ne trouve rien….Pascale

  24. Mary  3 janvier 2016

    J’ai entendu parler d’un Américain, Ron Davis, HP, autiste, et ultra dyslexique qui a réussi à se sortir de tout ça.

  25. nita  13 janvier 2016

    Bonjour,
    Je suis professeur en lycée et maman d’un enfant HP hypersensible et pas facile à gérer. Actuellement en 5eme, ses résultats commencent à baisser. Jusque là la scolarité a été compliquée au primaire (nombreux problèmes relationnels). Pour ce qui est de l’environnement affectif, nous essayons de l’entourer comme nous le pouvons et le poussons depuis très jeune vers les sports collectifs (il a tendance à être solitaire). Pour la scolarité, je fais ce que j’ai vu fonctionner auprès de certains de mes élèves, des encouragements forts avec un encadrement très fort (et épuisant), tenue du cahier de texte, devoirs faits sans être bâclés, pour mon fils en plus quelques dictées pour rattraper un niveau à l’écrit un peu faible. Autant dire que le quotidien n’est pas simple et qu’il a nettement un profil rebelle difficile à gérer chaque jour. Par ailleurs je veille au grain, visite chez le médecin homéopathe pour une dépression décelée en fin d’année dernière et traitée immédiatement par méthodes douces. Tous ces travaux scientifiques me passionnent et peuvent aider surtout auprès de ces jeunes en difficulté, souvent décrochés vifs capables d’être happés par des maladies psychiatriques.
    Anne

  26. Sterenn  20 janvier 2016

    Bonjour,
    Je suis d’accord avec vos commentaires. Pour améliorer la vie de nos enfants HP, il faudrait déjà changer la communication sur ce qu’est un enfant HP et insister sur leur process cognitif complètement différent des autres enfants. L’important n’est pas qu’il est plus « doué » mais plutôt qu’il réfléchit autrement. Le corps enseignant, à part s’il a eu un enfant HP dans son entourage proche, n’a aucun idée de cette différence et n’a aucune empathie pour ces enfants.
    Comme Ewel qui a perdu son enfant, il y a 11 ans, mon ainée, HP, a fait une tentative de suicide mais heureusement qui a échoué. Elle avait 14 ans, extrémement douée mais se pensant archi nulle…. Elle s’en est sortie mais cela a été des années de souffrance à l’école et à la maison.
    11 ans après , l’école n’a pas évolué. Son jeune frère 7 ans a été détecté aussi HP il y a 2 mois. L’école privée dans lequel il est me répond que 80% des enfants on un QI > 130 dans leur école… Et que « mon fils travaille très bien mais n’a rien d’un surdoué et qu’il est plutot fainéant… ». L’école refuse de lui faire sauter une classe sous prétexte qu’il n’écrit pas bien….
    Je vois se profiler les mêmes problèmes qu’avec ma fille aînée: tout va bien se passer en primaire et chute vertigineuse au collège. Mon fils a déjà tous les signes annonciateurs: ennui profond en classe, désinvestissement pour les devoirs (il les sait au moment où la maitresse en parle), sentiment d’être nul car il n’écrit pas bien. Par contre, il veut être « maître du temps » quand il sera grand pour régler les injustices et changer le cours de la vie passée et future.

    Je suis désarmée, je sais ce qui va se passer et personne pour m’aider. Nous, parents, sommes seuls avec nos enfants HP.

  27. Nathalie  7 février 2016

    La particularité de ces enfants reste-t-elle à l’âge adulte, notamment les réactions aux médicaments ?

  28. Webmestre  8 février 2016

    Bonjour, pour répondre à ces questions spécifiques, nous vous conseillons de vous référer au site de l’ANPEIP (www.anpeip.org) très complet sur les problèmes de précocité et leurs incidences.
    Bonne journée
    La rédaction

  29. Lila  20 février 2016

    Ayant une fille de 14 ans, dyspraxique avec troubles associés (dyslexie, dysorthographie, dysgraphie, etc…), ayant des troubles psychiatrique et étant suivie, les tests WISC de 2011 et 2013, montrent des disparités.
    Très bons résultats sur la compréhension verbale, plus hauts que la norme… Hypersensibilité, troubles de l’attention, etc…
    Reconnue avec un handicap par la MDPH, difficile de faire accepter les recommandations des professionnels auprès des professeurs. Aujourd’hui déscolarisée par crainte du regard des autres.
    Nous ne savons plus comment faire pour la gérer.
    Si une étude de ses enfants peut aider, je veux bien que ma fille participe aux tests.

  30. Corinne  22 mars 2016

    Bonjour et courage à toutes et tous,
    J’en ai deux, un de chaque catégorie : la fille, QI homogène, obtenu un bac scientifique à 16 ans et partie en métropole pour suivre une année de prépa Sciences Po (nous vivons à la Réunion). Un bonheur cette gamine : quoi qu’elle touche, elle se révèle extrêmement douée : piano, guitare, danse classique, moderne, poésie… Et très bien intégrée, elle maîtrise parfaitement tous les codes.
    Le garçon, 19 ans, QI hétérogène, dyspraxique, PAI dès le collège, AVS pendant toute sa scolarité au lycée… deux années de terminale pour rien, quatre mois en clinique pour dépressifs en fin d’année dernière. A l’air d’émerger enfin, de sortir enfin du trou sans fond dans lequel il était englué depuis des années (à 9 ans, avant le dépistage HP, il se tapait la tête contre les murs et proclamait quotidiennement qu’il voulait mourir.

  31. ANA  29 mars 2016

    Bonjour à tous j’espère que vous allez pouvoir m’éclairer.l’instit de ma fille a souhaité que l’on lui fasse passer les tests de QI.elle a eu 7 ans fin décembre et est actuellement en CE1.
    Résultats des tests WISC IV: ICV 146 IRP 107 IMT 127 IVT 109 QIT NON VALIDE 130.
    Pouvez vous me donner des infos sur l’interprétation des résultats?Vous en remerciant par avance

  32. Quiescentia  1 juin 2016

    Bonjour,
    Je suis maman d’un « très haut potentiel » diagnostiqué à 5ans . Problèmes en pagailles depuis les débuts de sa scolarisation, écriture enfantine et illisible, décalage total avec les autres enfants et certains de ses enseignants ; la tentative de l’école pour l’aider ? lui fournir une AVS et le faire dépendre de la MDPH . En bref , un enfant dont l’intelligence diffère est en France un handicapé …
    Il a tenu le choc jusqu’en 4ème , puis il a été scolarisé au CNED , en classe réglementée . Depuis, il s’épanouit dans les études , suit une scolarité « quasi » normale (mais qu’est ce que la norme?), et est à présent en première S à 16 ans . Il a l’intention de faire des recherches en virologie (livres de chevet actuels, niveau master) et va très bien . Evidemment, cela nous a demandé beaucoup d’efforts , je travaille peu pour pouvoir lui dispenser des cours s’il a besoin d’aide , et j’ai la chance d’avoir le niveau d’études suffisant pour pouvoir le suivre dans toutes les matières . Je lui répète tous les jours que c’est une chance d’avoir son intelligence et sa sensibilité , même si nous vivons dans un monde où la différence est de moins en moins bien tolérée. Il commence à intégrer que le droit à la différence existe , et que cette différence peut être un atout . Lorsque je vois les problèmes des autres parents à enfants dits « normaux » , je me dis que mon fils est un véritable bonheur à vivre .Pas de Facebook, pas de portable (ou plutôt si , mais peu utilisé), pas de sortie , pas d’alcool, pas de jeux continuels sur playstation , une manière de s’exprimer qui fait que je récolte des compliments partout où il va … Je précise que nous ne lui interdisons rien , mais qu’il n’est pas intéressé par tout cela. C’est une remise en question continuelle, mais qui nous permet d’avancer .
    Si j’avais suivi les recommandations des professeurs, psychologues, pédopsychiatres , etc… , je pense que mon fils serait devenu ingérable et schizophrène (à l’image de sa meilleure amie, diagnostiquée comme lui et à l’heure actuelle en HP) . Je crois qu’il faut laisser le temps à ces enfants de s’équilibrer; ils sont plus lents que les autres et plus rapides en même temps ; mon fils me dit souvent qu’il a l’impression de devoir conduire une voiture de course dans un dédale de rues étroites . Les travaux de M.Revol sont intéressants, mais je suis d’accord avec Sterenn, nous sommes seuls avec nos enfants.Bon courage à tous et à toutes …

  33. BTM  23 juin 2016

    Dans la fratrie de 4 mon deuxième à été décelé précoce en CE2 suite à cela j ai pu mieux comprendre le pourquoi du comment.Malheureusement j étais la seule nous avons tout essayé pensionnat ..échec..collège pour enfant précoce. .échec ce collège rassemblait effectivement ces enfants dans la même classe sauf que les profs j étaient pas formés pour…et puis cela fut le parcours du combattant aujourd’hui il a 19 ans .et reste à la maison devant son écran . Notre dernière chance sera j espère l école 42 qui offre la chance à nos petits génies sans diplômes. Le but étant d aider ce jeune homme a etre bien dans ses baskets. le monde scolaire n est vraiment pas au top pour ces enfants. Une maman qui s est sentie bien seule et qui se sent toujours bien seule face à un jeune HP.

  34. Sylvia  19 juillet 2016

    Bonjour à tous…

    J’ai du chagrin renouvelé à lire toutes vos luttes, qui ont été les miennes également.

    Maman de 5 enfants précoces, pas tous homogènes et les mêmes discours que vous tous dont je constate un seul dénominateur commun :

    LA SOUFFRANCE vécue par NOS enfants à trouver leur place dans ce monde dont ils ne comprennent pas toujours les limites et le mode de fonctionnement…

    Et l’impuissance des parents à les accompagner parfois quand à l’adolescence la souffrance est la colère sont telles que le dialogue et la confiance est rompue…

    Et le manque de compréhension des enseignants malgré nos requêtes et explications renouvelées d’année en année…

    Malgré toutes les recherches et les avancées, indispensables pour faire évoluer les consciences, il me reste une question existentielle :

    – La souffrance est-elle la seule fatalité infligée à nos enfants précoces pour trouver leur place dans le système… ?? Est-ce une obligation de souffrir pour être accepté par les autres ? Renoncer à soi-même pour avoir une place ?

    – cette notion de « faire un effort d’adaptation coûte que coûte pour ne pas être marginalisé » ne les marginalisent-ils pas plus ??…

    Un enfant qui souffre ne cesse pas d’aimer les autres, il arrête de s’aimer lui-même…

    Les besoins de nos précoces nécessitent, au-delà de la reconnaissance de leur différence la possibilité d’apprendre à utiliser leur potentiel pour, comme les autres, réussir leur vie et s’épanouir dans leur spécificité. Et pour ça, leur donner un temps dans un cadre bienveillant qui leur est adapté ne peut QUE lui donner la confiance en lui nécessaire et indispensable pour s’adapter au monde…

    « L’éducation est l’arme la plus puissante qu’on puisse utiliser pour changer le monde »
    Nelson Mandela

    L’éducation mérite de s’adapter à toutes les différences…

  35. Sven  9 octobre 2016

    Bonjour à tous.
    Papa d’un petit hp de 6 ans je me reconnais dans tous vos posts et notamment dans celui de Lila à qui j’aimerai demandé quelques précisions sur le dossier MDPH qu’elle s’est constitué.
    En effet nous sommes seuls pour accompagner nos petits zèbres. Un minimum de reconnaissance, ne serait-ce pour que nous soyons un tant soit peu soutenu , nous aiderait énormément et insufflerait une motivation supplémentaire à tous ceux qui se sentent perdu et démunis face aux difficultés que nos enfants doivent apprendre à surmonter.
    Merci par avance.
    Som

  36. struyve  15 janvier 2017

    Bonjour,
    A la lecture de tous les articles j’ai retrouvé les mêmes problèmes avec mon fils à l’âge de 15 ans (QI très hétérogène de 154 en complet état dépressif) détecté en 1995. Il a fait tous les systèmes de scolarité:privé comme public. Aucune écoute des enseignants en règle générale.Ils parlent tous du fameux « déclic » sauf que chez ces enfants là il n’y a pas de déclic car ils ont une organisation cérébrale différente comme j’ai pu le constater en 1996 à la Sorbonne au colloque international organisé par l’AFEP ou Michel DUYME chercheur au CNRS avait projeté des images d’IRM trés parlantes entre un individu normal et un surdoué. Je l’ai trainé jusqu’à la sortie de la terminale, il n’a pas obtenu son bac. Quelques trucs à savoir: dyslexique, il a été reconnu handicapé pour obtenir le tiers temps supplémentaire aux épreuves d’examen. Cela lui a permis dés sa sortie du lycée d’avoir une dérogation et de s’inscrire en DAEU, (sinon il faut attendre deux ans obligatoires) qu’il a obtenu et ensuite il s’est « éclaté » dans les études universitaires ou on ne retrouve pas le caractère normatif du système scolaire.
    Il a maintenant 35 ans, est éducateur spécialisé et s’occupe d’enfants autistes.
    Sa soeur ainée a certainement aussi des « problèmes » mais n’a pas passé de test de QI, elle vient de m’apprendre que notre petit fils de 12 ans est HP+++, la galère recommence !

  37. ALEXANDRA  27 février 2017

    Bonjour, merci pour cet article….je réagis assez tard mais je viens juste de le voir. Ayant été enfant précoce et mon fils l’étant, pouvez-vous me dire si une formation en neuroéducation existe à ce jour ? Je suis en reconversion professionnelle pour devenir professeur des écoles et, malheureusement cette approche n’est pas prévue au sein des cours. Lorsque j’en parle à certains directeurs d’établissements, je passe pour une extra terrestre…comme quoi il y a du travail à accomplir pour changer les mentalités.

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