Scorbut, coqueluche, syphilis, variole… Ces virus mortels que l’on pensait disparus à jamais font leur retour depuis quelques années dans le monde et même parfois en France. Explications.

 

La tuberculose comme la rage, la peste, le choléra ou d'autres maladies d'autant font leur retour sur le globe ©Cris Foto / Shutterstock
On pensait ces maladies définitivement éradiquées. A tort… ©Cris Foto / Shutterstock

 

Ils sont responsables de centaines de millions de morts dans l’Histoire. Ces virus tueurs, dont les versions modernes se nomment Ebola, H5N1 ou Sida, affichaient des noms porteurs d’effroi : peste, lèpre, typhus, choléra, diphtérie, poliomyélite… Autant de maladies rayées de la carte des pays développés, vaincues par la vaccination, l’hygiène et l’évolution de nos modes de vie. Définitivement ? Pas sûr…

Le décès en 2017 d’un petit Lyonnais de 10 ans, mordu sur une plage du Sri Lanka par un chiot enragé, a réveillé des peurs anciennes. En septembre dernier, le Royaume-Uni faisait aussi état de trois cas de variole du singe, variante de la tristement célèbre variole qui faucha Louis XV et d’innombrables anonymes jusqu’en 1978. Les deux premiers patients rentraient du Nigeria, le troisième était agent hospitalier. Érigée en modèle de réussite vaccinale, la variole était jusqu’ici considérée comme l’unique maladie totalement éradiquée au monde.

Les voyages et migrations favorisent la pérennité de ces maladies prétendument disparues dans nos contrées. La gale, sans gravité extrême lorsqu’elle est détectée à temps, fait ainsi ponctuellement des ravages en écoles, crèches ou Ehpad. On sait aussi que les mauvaises habitudes alimentaires provoquent encore des crises de goutte chez un Français sur 100. Plus étonnant, le scorbut, la maladie des marins (ou peste des mer) liée à une carence en vitamine C, surgit ça et là en Europe et aux États-Unis, chez des patients excluant totalement fruits et légumes de leur alimentation.

 

La peste sévit toujours dans le monde

Autres facteurs pointés par les épidémiologistes, la précarité, mais aussi la baisse de la prévention des pratiques sexuelles à risque : un millier de cas de syphilis (autrement appelée vérole) ont ainsi été recensés en 2014 dans l’Hexagone, principalement parmi la communauté homosexuelle masculine. Cette maladie sexuellement transmissible, de plus en plus fréquente depuis les années 2000 selon l’Institut National de Veille Sanitaire, peut provoquer lésions cutanées et atteintes graves au cerveau et aux yeux.

Les importations illégales d’animaux peuvent aussi faire ressurgir des maladies anciennes. Un autre cas de rage a ainsi été signalé dans la Loire en 2015, où 19 personnes ont été examinées après avoir été en contact avec un bull terrier, contaminé lors d’un voyage au Maghreb. La défiance grandissante envers la vaccination en général peut également causer des dégâts: 24 000 cas de rougeole, pour 22 mortels, ont été recensés depuis 2008 en France, où 200 à 600 cas de coqueluche sont traités chaque année.

 

Tuberculose, des risques sous-évalués

La méconnaissance de ces maladies soi-disant oubliées ajoute d’ailleurs à l’incompréhension, induisant des diagnostics tardifs et, dès lors, des effets plus violents.

Le pire serait sans doute de sous-estimer les risques, du fait de la rareté des infections. Son vaccin n’est plus obligatoire en France depuis 2007, mais on oublie que la tuberculose a fait 1,6 million de morts en 2017 selon l’OMS. Une autre raison de rester vigilant ? Le dernier cas mortel européen de peste, la grande faucheuse médiévale, remonte à 1945, en Corse. Des foyers subsistent pourtant toujours à Madagascar, et deux cas ont été diagnostiqués aux Etats-Unis en 2015, sur des touristes ayant visité un parc naturel… californien.

 

A SAVOIR

Si de nombreux établissements sont dotés d’un tel service (Saint-Joseph-Saint-Luc, Clinique du Parc… ), le service des Maladies Infectieuses et Tropicales de l’Hôpital de la Croix-Rousse s’est forgé une solide réputation en plus de 150 ans d’existence. Autrefois nommé  »service des contagieux », où étaient traités diphtéries, scarlatines et autres méningites, ce pôle d’excellence a l’habitude de traiter les cas les plus graves et les plus épineux. L’hôpital dispose d’une salle d’isolement spéciale (chambre dite P4) pur le traitement des cas les plus contagieux (type Ebola).

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