Après la décision de la Ville de Lyon de faire payer le stationnement aux titulaires du caducée, la colère est toujours vive parmi les professionnels de santé. Le coup de gueule du docteur Marcel Garrigou-Grandchamp, président de la Fédération des Médecins de France (FMF) Auvergne Rhône-Alpes, membre élu de l'Ordre des Médecins et à l'URPS.

Les médecins doivent désormais payer leur stationnement à Lyon
Le caducée n’est plus synonyme de gratuité de stationnement à Lyon ©P.Auclair

Pourquoi les médecins sont-il furieux contre la Ville de Lyon ?

Parce que depuis le début de l’année, nous sommes régulièrement verbalisés lorsque nous stationnons sur les emplacements payants en ville, alors que nous bénéficiions auparavant d’une tolérance d’une heure voire une heure et demie. J’ai moi-même été verbalisé fin janvier à proximité de l’hôpital Edouard-Heriot alors que j’effectuais une visite chez un patient. La mairie a profité d’un changement de la législation pour exiger le versement d’un abonnement annuel de 240 euros à tous les professionnels de santé pour bénéficier d’une heure de stationnement gratuite. Dans son communiqué, la mairie nous met dans le même sac que les plombiers ou les serrures. Les professionnels de santé sont même les derniers cités dans la liste. Cette mesure nuit au travail quotidien des médecins généralistes dans leur tournée, mais aussi de tous les auxiliaires de santé, les infirmiers, les biologistes, les kinés… Bref, tous ceux qui se déplacent au domicile des patients. C’est d’autant plus absurde que l’Assurance Maladie fait campagne pour que les patients restent moins longtemps à l’hôpital et bénéficient de plus de soins à domicile. La mairie va donc à contre-courant de la politique prônée par le ministère !

 

Médecins, gratuité et tarif résidentiel

Tous les médecins sont-ils concernés par cette mesure municipale ?

Oui, sont notamment pénalisés les médecins généralistes qui vont visiter leurs patients à domicile mais aussi tous les médecins spécialistes qui stationnent près de leur cabinet pour partir rapidement si nécessaire dans les cliniques où ils exercent.

 

Quelles sont vos revendications ?

Que les professionnels de santé puissent bénéficier, comme avant, d’une heure à une heure trente de stationnement gratuit, quitte à trouver un dispositif simple pour indiquer le début de la période de stationnement. Villeurbanne, par exemple, a proposé l’utilisation du disque européen. Il ne faut pas que l’on soit obligé d’aller récupérer un ticket à une borne lors de chaque visite. Notre temps est compté. Pourquoi, aussi, ne pas déléguer aux Ordres le signalement des véhicules des professionnels de santé contraints de se déplacer quotidiennement dans le cadre de leur travail ? Enfin, pour les spécialistes qui stationnement près de leur cabinet, il faut leur laisser la possibilité de bénéficier du tarif résidentiel. Cette tarification réduite n’est pour l’instant accordée qu’aux résidents de l’arrondissement, pas aux professionnels.

 

La Ville de Lyon se désintéresse du déficit de la Sécu

Cette décision de la mairie n’est-elle pas aussi un moyen de lutter contre les abus de certains professionnels de santé ?

Certes, les services de la municipalité nous ont fourni des visuels de véhicules stationnant de manière durable sur une même place. Je ne nie pas l’existence de quelques voitures ventouses. Mais ces abus sont minimes et les solutions alternatives que nous préconisons permettraient d’y remédier.

 

Cette décision de la Ville de Lyon n’est-elle pas le reflet d’un certain dédain des pouvoirs publics vis à vis des professions de santé ?

C’est effectivement une illustration du manque de considération des professionnels de santé en France. Nos autorités ne se rendent pas compte que nous assurons une mission de service public en permettant le maintien à domicile de nombre de leurs administrés. Dans un contexte de réduction du déficit de la Sécurité Sociale, cette solution reste de loin la moins onéreuse. Une personne âgée en Ephad coûte forcément plus cher que si elle est traitée à son domicile. Malheureusement, face à de tels arguments, la mairie nous a clairement répondu qu’elle n’était pas concernée par la politique de santé du gouvernement, de la compétence de la Métropole…

 

A SAVOIR

Sur les 91 000 places de stationnement sur voirie, Lyon compte 35 500 places payantes. Afin de favoriser la rotation des véhicules, une extension des zones de stationnement payant a été décidée sur la période 2016/2018 de manière progressive. En 2017, la mairie de Lyon prévoit ainsi de créer 3100 places payantes supplémentaires. Les secteurs concernés sont le 1er et le 4e arrondissement (haut des pentes, périmètre de l’hôpital de la Croix-Rousse, cours d’Herbouville) et le troisième arrondissement (accompagnement du projet Part-Dieu).

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2 Responses to "Lyon: les médecins furieux de payer le stationnement"

  1. Thomas  14 mars 2017

    Faites du vélo !

    vous irez plus vite, vous n’aurez plus de problème de stationnement, et vous serez en pleine forme.

    Après vous m’expliquerez pourquoi il faut que la loi vous considère d’une manière différente qu’un plombier ou une « serrure »

  2. Warmac  17 mars 2017

    @ Thomas
    Ben si vous voyez pas la différence entre celui qui s’est enfermé en dehors de chez lui et le petite dame de 82 ans qui a tout à coup une violente douleur à la poitrine au domicile…

    Le jour où l’un de vos proches fait une insuffisance respiratoire aiguë ou un infarctus, elle risque de trouver le temps long si son médecin vient à vélo !

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